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Timbal-Duclaux

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Fulmi
Prolixe infatigable



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MessageSujet: Timbal-Duclaux   Sam 18 Juin - 2:57

Je parcours en tous sens ces jours-ci un manuel d'écriture extrêmement intéressant :
Louis Timbal-Duclaux : L'écriture créative, Retz, 1986.

Le sous-titre en est : Cinq techniques pour libérer l'inspiration, produire des idées, pour communiquer avec efficacité.

Il me donne de la peine, ce monsieur Timbal-Duclaux. C'est un technicien de l'écriture technique et il prend parfois ses exemples dans des rapports sur l'utilisation de l'uranium pour illustrer ses théories…

Pour ce soir, je reproduis un paragraphe sur une classification des écrivains dans leur rapport au lecteurs, aux mots et aux idées :



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Il y a trois secrets pour faire un grand roman. Personne ne les connaît.
Sommerset Maugham.
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MessageSujet: Re: Timbal-Duclaux   Sam 18 Juin - 3:36

Le côté obscur de l'écriture, en somme. merlot

Effectivement, c'est intéressant. Je suppose qu'il conseille ensuite à l'auteur potentiel (son lecteur) de se préoccuper à la fois de lui même, du lecteur, des mots et des choses, dans des proportions les plus égales possibles... Mais tout écrivain qui souhaite séduire un nombre important de lecteurs sans se lasser lui-même ne le fait-il pas instinctivement ?
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Fulmi
Prolixe infatigable



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MessageSujet: Re: Timbal-Duclaux   Sam 18 Juin - 13:16

Capitaine Flam a écrit:
Je suppose qu'il conseille ensuite à l'auteur potentiel (son lecteur) de se préoccuper à la fois de lui même, du lecteur, des mots et des choses, dans des proportions les plus égales possibles...


Le livre est bien plus compliqué que cela. Il ne donne pas de recettes d'écriture, mais propose des exercices très divers.
En fait, juste après cet extrait, Timbal-Duclos analyse la structure dramatique d'Andromaque, de Racine, et propose d'analyser soi-même Hamlet. Puis expose un type d'analyse par les motivations et propose comme exercice une analyse schématique des lois Auroux sur la communication…

Bref, c'est une grosse affaire. Rien à voir avec le manuel de Guenot qui est bien plus pratique. Ici on nage en pleine théorie. C'est bien moins agréable à lire, aussi. On a l'impression souvent de lire un manuel de mécanique générale…
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Dernière édition par le Ven 12 Jan - 20:42, édité 3 fois
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Clair Obscur
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MessageSujet: Re: Timbal-Duclaux   Sam 18 Juin - 14:53

En toute sincérité, Fulmi ; ça ne donne pas l'envie de fuir l'écriture ?
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Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. (Giono)
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Fulmi
Prolixe infatigable



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MessageSujet: Re: Timbal-Duclaux   Sam 18 Juin - 15:04

Clair Obscur a écrit:
En toute sincérité, Fulmi ; ça ne donne pas l'envie de fuir l'écriture ?


Bien au contraire. C'est fascinant. Que l'écriture soit une technique permet de la pratiquer, de s'y plonger et de s'améliorer ; enfin d'aboutir à un résultat digne de ce nom. Si elle n'est qu'un moyen d'expression spontané, elle tourne à vide, comme on peut le voir dans les innombrables sections "écriture" des forums du web. Elle n'est alors plus une pratique mais un divertissement pour dames patronesses, comme la poterie ou le yoga. Elle débouche sur une soupe tiède que l'on obtient en réinventant chaque jour la formule de l'eau en poudre. C'est ceci qui est décourageant. Balancer chaque jour quelques rimailleries sans fond ni forme me parait atrocement vain.
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MessageSujet: Re: Timbal-Duclaux   Sam 18 Juin - 17:11

Fulmi a écrit:
Clair Obscur a écrit:
En toute sincérité, Fulmi ; ça ne donne pas l'envie de fuir l'écriture ?


Balancer chaque jour quelques rimailleries sans fond ni forme me parait atrocement vain.


Qu'il est méchaaaant !

Mais c'est vrai, enfin, je trouve. Je n'aime pas trop la poésie, mais quand j'en lis, j'aime que les pieds d'un vers à l'autre soient symétriques, et que le poème ait un sens.

Hier soir, sur un salon de tchat, je soutenais que le style d'un scribouillard était le résultat de l'application plus ou moins consciente de techniques d'embellissement de l'expression. J'y faisais l'éloge de la synecdocque, de l'hyperbole, du zeugme, de la comparaison, de la métaphore, etc, et d'autres figures de styles non répertoriées mais qui correspondaient à un mouvement de l'esprit analysable. Et on me répondait en me disant que le style n'avait rien à voir avec l'application d'une technique, ou on me parlait de "rythme de la phrase surtout"(sic).

En fait, l'apprentissage de la technique seule, sans le talent, je n'y crois pas trop. Mais il me semble tout de même qu'on néglige la technique.
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Fulmi
Prolixe infatigable



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MessageSujet: Re: Timbal-Duclaux   Mer 22 Juin - 23:35

Capitaine Flam a écrit:
Hier soir, sur un salon de tchat, je soutenais que le style d'un scribouillard était le résultat de l'application plus ou moins consciente de techniques d'embellissement de l'expression.

(...) En fait, l'apprentissage de la technique seule, sans le talent, je n'y crois pas trop. Mais il me semble tout de même qu'on néglige la technique.


Moi, si, paradoxalement. Je crois que si l'on a quelque chose à raconter (un fond, donc), et qu'on apprend la technique, avec persévérence et abnégation (la forme, donc), on peut écrire bien quelque chose qui aura une valeur en soi, valeur obtenue par l'addition d'un fond et d'une forme. On ne sera sans doute pas Verlaine, mais on sera écrivain.

En fait le talent m'énerve. On va rigoler et dire : c'est parce qu'il n'en a pas. C'est possible. Je m'en fous. Dans la société actuelle, tant d'artistes et de créateurs font de belles carrières sans avoir aucun talent que c'est sans importance. Ce n'est même pas nouveau, semble-t-il. L'important est d'avoir un bon sujet ; et de la technique (et la méthode pour utiliser la technique).

Mais le remplissage du net par des pseudo-poèmes sans rimes ni raison, ça me fait rigoler… jaune car si ces messieurs-dames lisaient au lieu d'écrire, cela ferait des lecteurs pour ceux qui on appris à écrire. Au mois se rendraient-ils utiles.
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Dernière édition par le Jeu 23 Juin - 1:35, édité 1 fois
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Capitain
Invité




MessageSujet: Re: Timbal-Duclaux   Jeu 23 Juin - 1:29

Citation:
En fait, l'apprentissage de la technique seule, sans le talent, je n'y crois pas trop. Mais il me semble tout de même qu'on néglige la technique.


En fait, j'ai quelque peu changé d'avis, ou plutôt je l'ai affiné. Je pense qu'on a des facilités dans un domaine (pour les maths, pour les langues, pour le dessin, etc.) ou des difficultés, mais qu'il est toujours possible de parvenir à faire quelque chose de correct avec du travail. Si quelqu'un est nul en maths, ou en dessin, je ne pense plus que cela soit irréversible.

En ce qui concerne la forme d'un récit, j'ai été convaincu assez tôt qu'on pouvait la rendre parfaite par l'application de techniques, en lisant les réflexions de Jules Renard sur le style (le style, c'est l'habitude, la seconde nature de la pensée, disait-il). Quant au fond, je me disais qu'il fallait avoir un sacré talent de conteur pour captiver son lecteur. Mais en lisant le bouquin de Lavandier sur l'art dramatique, je me suis rendu compte que pour raconter une bonne histoire, il fallait surtout éviter quelques écueils (deus ex machina, c'est à dire coups de théâtre non préparés, pluralité d'objectifs associés à plusieurs protagonistes, obstacles trop difficiles à surmonter, etc.) En fait, je crois que tout cela n'exclut pas le talent, mais ce dernier intervient peu, finalement, dans la production d'un bon livre, qui me semble maintenant être davantage une question d'apprentissage.

Le talent se développe, se travaille, mais je crois qu'il est toujours présent à la base. Peut-être que personne n'en est dépourvu, je ne sais pas...

Il m'est arrivé d'écrire des poèmes, en m'aidant d'un traité de versification française. Ils étaient si mauvais que je n'ai jamais songé à les balancer sur la toile, et pourtant ils avaient un sens et les pieds étaient comptés. Ils ont fini à la poubelle (je n'aime pas la poésie). Mais en lisant ce traité, j'ai acquis la certitude quen suivant les règles, en lisant des vers et en s'entraînant beaucoup, on pouvait arriver à produire un poème digne de ce nom.
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Timbal-Duclaux

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