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| Auteur | Message |
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vilain Logorrhéique talonnesque

Nombre de messages: 924 Date d'inscription: 16/10/2004
 | Sujet: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 8:01 | |
| une autobiographie...ça peut aussi être ça MOI, quand j'étais gamin..... Le marché c'est le mardi et le jeudi sur l'avenue de Paris et le dimanche à Choisy. Celui de Choisy est plus grand. On n'y vend pas que de la nourriture. Il y a aussi des marchands de vêtements, de vaisselle, de matériel de jardin, de tout un tas de choses qu'on ne trouve pas à l'autre. J'y vais des fois avec Papa. L'autre, celui de l'avenue de Choisy - c'est l'autre nom de l'avenue de Paris- j'y vais avec Maman tous les jeudis. C'est toute une histoire, parce que moi, je n'aime pas me lever tôt le jeudi. Et puis j'aime pas trop aller au marché. Y'à plein de monde, et puis les dames ne font pas trop attention à moi quand on attends dans les queues devant les étalages et elles me donnent des coups de paniers. Et puis, Maman, elle fait deux fois le marché. Une première fois pour voir les prix. Une deuxième fois pour acheter. C'est long. Surtout au moment d'acheter. Il faut attendre que les gens , devant, ils soient servis. - " Et la petite Dame, qu'est-ce qu'il lui faut ?" - " Vous me mettrez trois kilos de patates." Le marchand, il pése les patates sur la balance. Il les pousse avec la main pour les faire entrer dans le grand panier qu'il pause, après, sur le plateau de la balance. Sur l'autre plateau, il met les poids. J'aime bien les poids. Ma grand-mère, Irma, elle a une boite de poids et une balance avec des plateaux, mais elle est plus petite que celle des marchands du marché et le plus gros poids, il fait un kilo. Les plateaux de la balance de ma grand-mère, ils sont en cuivre tout dorés. Les poids aussi, ils sont tout dorés et il sont rangés par ordre dans un truc en bois. Il y a un poids qui fait un kilo, le gros et puis un qui fait 500 grammes, mais on dit une livre. Après y'à le poids de 200 grammes, le poids de 100 gramme, le poids de 50 grammes, le poids de 20 grammes, Le poids de 10 grammes et puis y'a aussi trois autres trous dans la boite, mais les poids ils sont perdus. -" Et avec çà ?" Il demande le marchand. Des fois, il me donne une fraise. J'aime bien les fraises. Mais çà ne dûre pas longtemps le temps des fraises. C'est dommage. Papa, il les mange au vin les fraises. Il les coupe dans un bol, et puis après, il met du sucre et puis du vin. C'est bon. Quand les deux cabas sont pleins de choses à manger, Maman elle me dit "Bon, alors, on va rentrer!". Moi, je fais un peu la tête parce que j'en ai marre du marché. Alors, Maman elle rit et puis elle me dit "Mais on a encore quelque chose à acheter". Alors là je suis content parce que je sais ce que c'est qu'on va acheter. Quand on arrive devant l'étalage, la marchande, elle me reconnait, elle me donne un sac en papier et elle me laisse me servir tout seul pendant qu'elle discute avec Maman. Je sais jamais trop quoi prendre et pourtant je fini toujours par prendre la même chose. Ce que je préfère comme gâteaux c'est des nougats. Y'en a de toutes les couleurs, mais ceux que je préfère c'est ceux à la pistache. C'est des nougats moux et autour y'a de la gaufrette. C'est bon. Dès fois, on achète aussi des bonbons. Des coquelicots, des bonbons à la violette et puis ceux à l'anis avec le papier transparent. C'est ceux que je préfère. J'ai beau essayer d'être raisonnable, je les ouvre et je les mange les uns après les autres jusqu'à ce que le goût de l'anis ne devienne écoeurant... la suite, ça vous intéresse?  _________________ "Aux vertus qu'on exige d'un domestique, votre Excellence connait-elle beaucoup de Maîtres qui fussent dignes d'être valets ?"  |
|  | | Clair Obscur Clavieriste confirmé(e)

Nombre de messages: 1737 Localisation: Nulle part ailleurs Date d'inscription: 21/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 11:43 | |
| Oui  _________________ Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. (Giono)
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|  | | Petit poisson rouge Phraseur impénitent
Nombre de messages: 226 Date d'inscription: 16/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 11:49 | |
| oui aussi  _________________ La flatterie n'est parfois que l'épanchement de la tendresse et la franchise la bave de la mauvaise humeur
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|  | | sapotille Incontinent verbal

Nombre de messages: 486 Localisation: pour venir me rendre visite? mp Date d'inscription: 16/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 12:55 | |
| oui, encore...  |
|  | | Bidouille Logorrhéique talonnesque

Nombre de messages: 989 Localisation: Beauce Date d'inscription: 15/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 15:02 | |
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|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 16:04 | |
| Eh ! bien ! Nous attendons ! ... :!: |
|  | | Clair Obscur Clavieriste confirmé(e)

Nombre de messages: 1737 Localisation: Nulle part ailleurs Date d'inscription: 21/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 16:13 | |
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|  | | Bidouille Logorrhéique talonnesque

Nombre de messages: 989 Localisation: Beauce Date d'inscription: 15/10/2004
 | |  | | Clair Obscur Clavieriste confirmé(e)

Nombre de messages: 1737 Localisation: Nulle part ailleurs Date d'inscription: 21/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 18:30 | |
| Si ça se trouve, il a cessé de grandir, les bonbons c'est pas comme les épinards, par exemple... :lol: Alors si ça se trouve, il l'a pas fini...  _________________ Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. (Giono)
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|  | | isis Invité
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 21:25 | |
| oh oui , la suite , parce que ... on dirait que c'est moi petite ...un peu ... |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Mer 27 Oct - 23:05 | |
| Oh oui...moi aussi...je veux bien connaître la suite... |
|  | | vilain Logorrhéique talonnesque

Nombre de messages: 924 Date d'inscription: 16/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Ven 29 Oct - 7:58 | |
| On habite rue des Aubépines. Au 35. C'est une grande maison. On dit un immeuble. Il y a 3 étages et nous, on habite au 2ème. J'ai mis très longtemps à comprendre que le 3éme, c'est le 2éme. Enfin, moi je vois ça comme ça. Parce que quand je suis devant la maison, il me faut monter les marches pour aller au rez- de- chaussée ( c'est là qu'habite la concièrge, qu'il y a la porte qui va à la cave et que en redèscendant des marches on va dans la cour et dans les jardins ). Sur la palier du rez-de chausée, en face de la concièrge, il y a les LOIREAU. La mère, juste en face de la concièrge, et les enfants. Enfin, c'est le fils Loireau, qui vient de se marier et qui a eu l'appartement parce que sa mère travaille à la commune et que le Maire est un ami du propriètaire de notre immeuble. C'est ce que dit Maman. En montant au 1er, on trouve , juste en dessous du nôtre, l'appartement des parents de la concièrge, qui sont Belges et avaient été concièrges avant que leur fille prenne la place. On a plein d'histoires avec eux, parce qu'ils disent que je fais trop de bruit en jouant aux billes au dessus de leur tête ou que leur luste, il bouge quand je courre un peu vite. A cet étage dans les autres appartements c'est des vieux ( tous ces gens là sont vieux, mais ceux-là, ils sont encore plus vieux ), dans un il y a un couple, dans l'autre une dame toute seule. A notre étage, il y a nous, à côté des WC et puis, en face les Philippons et à côté Madame Marcelle. Elle habite avec son fils qu'est un grand de 16 ans. Il fait de la moto et il s'engueule avec sa mère quand elle rentre saoule de chez Calmel ( Calmel, c'est l'épicerie-bistrot qu'est juste au croissement avec la rue Pierre Bigle ). Son mari à Madame Marcelle, il est maitre d'hôtel sur les bateaux. Alors, forcément, il est pas là souvent . C'est comme le coussin Henri qu'est capitaine au long court sur un bananier. Il a ramené un singe, le cousin Henri, mais c'est embêtant parce que des fois il fait caca partout le singe. Elle est gentille madame marcelle, quand elle est pas saoule. Des fois, elle me donne des bonbons. En haut, au 3éme étage, c'est encore des très vieux. On les voit presque jamais. Pour pas que les voisins du dessous râlent trop, quand il fait beau, je vais jouer dans le jardin. Il faut d'àbord traverser la cour où il y a le hangard avec le puit. Il sert plus le puit parce qu'on a l'eau sur le robinet. Enfin, si, des fois l'été, on met des bouteilles à fraichir. Mais il sert plus à aller chercher l'eau. Heureusement d'ailleurs parce qu'elle est tout verte l'eau. Elle doit plus être bonne, je crois. Et puis il a l'allée des jardins. Tout le monde à son jardin. Mais tout le monde en fait pas la même chose. Il y en a qui font pousser des légumes, d'autres des fleurs, d'autres qui font rien pousser du tout. Le fils de madame Marcelle, lui, il a construit une cabane sur tout le jardin et là-dedans il bricole sa moto. Dans notre jardin à nous il y a une petite cabane. On tient juste à deux dedans, mais faut pas bouger. Papa, il y met ses outils et puis des fouillis. Il plante des fleurs, Papa. Des tulipes, des glaieuls et des Dahlias. Il y a aussi du lilas parce que celui des voisins, il passe à travers le grillage. Avant, quand j'étais petit, on avait des poules. Surtout une, Jeannette . On l'a gardé plusieurs année celle-là. Elle venait faire des calins dans le cou à Papa. Maintenant, on n'en a plus. Souvent je joue à faire des trous. Cà fait longtemps que je fais çà. Quand j'étais plus petit, un jour, en creusant un trou j'ai trouvé des morceaux de tuiles. Je suis remonté à la maison tout fier et j'ai dit à Maman que je venais de trouver un morceau de toit des chinois. Il était grand mon trou, mais quand même ! J'ai même fait un trou-cabane. C'est un grand trou, on le couvre avec un bout de drap. On tient tout entier dedans et sur les cotés j'ai fait comme des niches pour poser mes affaires. Quand je suis dedans je peux faire ce que je veux sans qu'on me voit. Mais je sais pas si je vais le garder parce que quand il pleut trop, il se remplit d'eau et ça fait plein de bouillasse et il faut tout recommencer. _________________ "Aux vertus qu'on exige d'un domestique, votre Excellence connait-elle beaucoup de Maîtres qui fussent dignes d'être valets ?"  |
|  | | Clair Obscur Clavieriste confirmé(e)

Nombre de messages: 1737 Localisation: Nulle part ailleurs Date d'inscription: 21/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Ven 29 Oct - 8:07 | |
| Ce qui est chouette, dans ton récit, c'est l'expression enfantine que tu traduis. Un vrai retour en arrière, vu avec un regard de gosse, sa naïveté, sa découverte de la vie, son oeil à lui, quoi. Ça me fait penser à "Une vie de chien" de Peter Mayle. L'auteur se met dans la peau de Boy, son chien et tu as vraiment l'impression que c'est un chien qui raconte. Truculent et tendre. Bon, ben t'as compris, mon cher monsieur, faut continuer à livrer la suite, impatiemment attendue par les lecteurs affamés...  _________________ Les jours commencent et finissent dans une heure trouble de la nuit. (Giono)
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|  | | Petit poisson rouge Phraseur impénitent
Nombre de messages: 226 Date d'inscription: 16/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Ven 29 Oct - 8:25 | |
| Ben oui faut la suite, je suis d'accord avec le post d'avant.  _________________ La flatterie n'est parfois que l'épanchement de la tendresse et la franchise la bave de la mauvaise humeur
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|  | | vilain Logorrhéique talonnesque

Nombre de messages: 924 Date d'inscription: 16/10/2004
 | Sujet: Re: autobiographie Vilain Sam 30 Oct - 10:24 | |
| Des fois, Maman m'envoit à la cave. C'est quand elle met la table et qu'elle est en retard. Alors je descend chercher le fromage qu'est au garde manger ou une bouteille de vin pour Papa. Dans la cave, il fait tout noir, il faut y aller avec la lampe électrique. J'ai un peu peur. C'est pas facile d'ouvrir le cadenas quand on porte la lampe électrique. Elle est tout petite notre cave. Il y a juste la place du charbon, des bouteilles que Papa fait livrer par Nicolas et du garde-manger. L'hiver, on garde le manger dans celui qu'est sous la fenêtre, mais l'été il faut bien mettre les choses à la cave sans çà ça se perd. J'ai toujours peur de faire tomber quelque chose en refermant le cadenas, ça fait plein de trucs à tenir en même temps et c'est pas facile. L'hiver c'est le charbon qu'il faut aller chercher. Ca j'aime bien, çà m'amuse de remplir le seau avec la pelle. Des fois c'est des boulets, j'aime pas çà fait plein de poussier. Mais des fois c'est de l 'anthracite. C'est beau l'anthracite, c'est noir, brillant et quand c'est dans le poëlle ça devient rouge puis presque blanc et ça chauffe mieux que les boulets. Par contre c'est lourd à monter les deux étages avec le seau au bout des bras. Je m'arrête au 1er pour me reposer un peu. Des fois, je pose le seau et je redescent par la rampe et il faut que Maman m'appelle pour que j'arrête d'user mes culottes. Moi aussi j'y vais chez Calmel faire les courses pour Maman quand elle à oublier quelque chose. C'est pas loin, il y a juste la rue à traverser. C'est sous la tante Jeanne, la soeur de Mémère Vilain. Calmel, il fait bistot et épicerie. Il faut d'abord rentré dans une petite cour qui est couverte par une glycine et où il ya toujours un tas de cassiers plein de bouteilles. Ils sont pleins de bouteilles pleines si c'est le début de la semaine et de bouteilles vides autrement. Madame Camel, elle n'arrête pas de dire aux clients de ramener leurs bouteilles parce que elles sont consignées et que le livreur il ne reprends pas les cassiers quand ils ne sont pas pleins. Après on rentre par le bistrôt. Il y a presque toujours du monde. Pas beaucoup, mais quand même. Il y a Madame Marcelle, bien sûr et l'Oncle Marcel - il porte le même nom que la voisine mais c'est le mari de la Tante Jeanne, la soeur de Mémère Vilain, et qui habite juste au-dessus. Lui, il est souvent là parce qu'il joue aux cartes avec ses copains. Papa, il les connait tous les copains de l'oncle Marcel, parce que quand ils étaient jeunes ils faisaient du vélo tous ensemble. Papa, il fait toujours du vélo mais l'oncle Marcel et ses copains ils en font plus. Alors, Papa, il leur dit bonjour juste comme ça mais il joue pas aux cartes avec eux. Des fois, quand je viens faire des courses, l'oncle Marcel il me demande si je veux boire une grenadine. Je dis non, parce que je suis poli, mais je suis content quand il insiste. Alors là, je dis oui parce que Maman m'a expliquée que quand les gens insistent il ne faut pas se montrer tétu. Et puis, j'aime bien la grenadine... L'épicerie elle est toute petite. Il ya plein d'étagères partout. En bas il y a les bouteilles et puis des grands sacs avec les haricots secs, les nouilles, le riz, les patates, tout ça... Et puis en haut, sur les autres étagères, des boites, les sardines, les petits-pois,du café, plein d'autres choses encore. Je sais pas bien parce qu'on n'achète pas souvent quelque chose aux Calmel, ou alors quand on a oublié, parce que c'est plus cher qu'au marché. C'est madame calmel qui sert à l'épicerie. Monsieur Calmel, lui il fait le bistrot. Elle me connait bien Madame Calmel, son fils Christian, il est dans la même classe que moi, mais il travaille moins bien. C'est souvent que j'y vais pour le gruyère râpé parce que ça s'achète au dernier moment les jours où Maman elle fait des nouilles. Madame Calmel, elle me parle de l'école, si je travaille bien tout ça. Pourtant elle devait le savoir avec Christian. Mais il ne doit pas lui parler de moi. On est pas trop copain lui et moi. Mais j'aime bien la voir raper le gruyère, surtout quand elle doit prendre un nouveau morceau sur la meule. Elle prend un très gros couteau. Elle est obligé d'appuyer avec les 2 mains pour la couper la tranche tellement c'est dur. J'aime bien essayé de deviner où le couteau il va rencontrer un trou. Et puis après, elle coupe un morceau de la tranche, elle retire la croute, elle met le gruyère dans la rapeuse et elle tourne la manivelle en poussant le morceau avec un truc en bois. Ca fait plein de longs fils de gruyère légers comme tout qui viennent se poser sur le papier à emballer. Ou alors c'est du café, quand on s'apperçoit qu'il n'y en plus pour demain. Madame Calmel, elle prend le café dans un grand sac qu'est derrière le comptoir avec une drôle de petite pelle en métal et elle le verse dans un sac en papier sur la balance. Ca aussi, j'aime bien à cause du bruit qu'ils font les grains en tombant dans le sac. Ca coule comme de l'eau qui serait solide. Quand elle a pesé une demie-livre, elle en rajoute toujours un peu à la fin. Elle est gentille Madame calmel. Dès fois, je vais faire les courses " Au coopérateurs". C'est un magasin qui est sur l'avenue de Paris. C'est en bas de la rue Pierre Bigle, celle où les grands font du chariot. Quand il fait jour, ça va j'ai pas peur, sauf un jour où il y avait un chien. Un gros chien noir. J'étais presque au sentier, avant la grande maison qui est avant les bonnes-soeurs. Lui, le chien, il venait du sentier. Quand il m'a vu, il s'est arrêté et puis il a battu de la queue et il est venu vers moi. J'aime pas beaucoup les chiens, ils aboient tout le temps. Et puis, celui-là, il était très gros. Presque aussi grand que moi, alors !... Je lui ai dis de partir, mais il a pas écouté. Il me suivait, alors je me suis mis à marcher plus vite, encore plus vite, mais lui il allait plus vite aussi. J'ai courru, je pouvais parce que mon sac il était vide et je suis arrivé à la boutique. J'ai donné la liste à la dame. Pendant qu'elle préparait les choses, moi je regardais si le chien il était toujours là. Il était assis devant la porte et il me regardais. Il avait la langue qui lui sortait de la bouche. Moi, j'avais le coeur qui battait vite. J'ai payé, la dame elle m'a donné les timbres et je suis sorti avec mon sac. Il était lourd. Là s'était sûr, je ne pouvais pas courir. Le chien, il me suivait toujours. Quand je me suis arrêté pour changer mon sac de main, il a aboyé en sautant devant moi. J'avais très peur. Je lui disais de me laisser tranquille, mais il voulait pas. A tout les coups que je m'arrêtait pour changer de bras, il aboyait en me tournant autour. Sinon, il me suivait sans rien dire, mais de tout près. Dès fois il essayait même de me lêcher. J'ai fini par arriver à la maison, J'ai juste entrebaillé la porte qui est en haut des marches et j'ai pû passer sans le chien. Je suis resté là un moment parce que j'étais très essoufflé et que maintenant il allait falloir monter les étages. Le chien il restait derrière la porte avec sa langue dehors. Moi quand j'ai eu moins peur je suis monté à la maison. Le lendemain quand je suis descendu pour aller à l'école, il était plus là ! On allait faire les course "Au coopérateur" parce que Papa, il était coopérateur. Même qu'un jour, il avait été passer une sorte d'examen pour voir s'il ferait un bon épicier "Coopérateur". Il l'a eu l'examen mais il a préféré garder son métier de Chef-comptable. Papa m'a expliqué que c'était des gens qui se regroupaient pour faire leur épicerie à eux. Enfin pas vraiment à eux mais quand ils achètent on leur donne des timbres et quand le livret où on colle les timbres il est plein on leur donne de l'argent . Alors on allait là. Le magasin, il donnait sur l'avenue de Paris avec toutes les voitures et les autobus. Et j'aimais bien. Mais il fallait faire attention pour traverser quand on allait à la boulangerie en face, c'est pas comme dans les autres rues. De toute façon, il fallait venir là pour acheter le pain alors autant que l'épicerie soit pas loin. _________________ "Aux vertus qu'on exige d'un domestique, votre Excellence connait-elle beaucoup de Maîtres qui fussent dignes d'être valets ?"  |
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