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 La Pension de Viroflay

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ours impatient
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 9 Fév - 17:09

ben enfin laisse-le l'pauv garçon

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Anti
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 10 Fév - 13:55

ours impatient a écrit:
ben enfin laisse-le l'pauv garçon


Tu rigoles ou quoi ! T'es malade chérie, on ne va tout de même pas laisser un si génial garçon tranquille non ?! Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !

Anti

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le Veilleur
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 10 Fév - 19:26

antillaise a écrit:
Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !

Anti

T'appelles ça comme ça, toi ? D

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 10 Fév - 19:36

le Veilleur a écrit:
T'appelles ça comme ça, toi ? D


Moi non, mais comme je veux me faire comprendre j'utilise le langage de l'autochtone : http://vocabulis.forumactif.com/ftopic1491-45.Service-civil-obligatoire.htm

Anti

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 10 Fév - 19:39

antillaise a écrit:
le Veilleur a écrit:
La pension de Viroflay
La pension de Viroflay, rien que le titre me fait frémir d'horreur ! Viroflay est la ville de mes premiers clients,


et j'ajoute, de mon premier projet qui foire ! J'y suis encore allée mardi soir, cette ville me fait carrément flipper !

Dommage, il n'y avait pas de carte postale.

Anti

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Sam 11 Fév - 11:17

antillaise a écrit:
le Veilleur a écrit:
T'appelles ça comme ça, toi ? D


Moi non, mais comme je veux me faire comprendre j'utilise le langage de l'autochtone : http://vocabulis.forumactif.com/ftopic1491-45.Service-civil-obligatoire.htm

Anti

Oui, je savais qu'elle "reniflait", mais ce qui me faisait marrer ici c'est l'objet que l'on pouvait supposer être de son reniflement, vu le quiproquo que laisse planer l'absence de virgule dans :

"Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !" cingle

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Sam 11 Fév - 11:49

le Veilleur a écrit:
ce qui me faisait marrer ici c'est l'objet que l'on pouvait supposer être de son reniflement, vu le quiproquo que laisse planer l'absence de virgule dans :

"Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !" cingle


Morte de rire ! En effet, c'est tendancieux !

anti

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Sam 11 Fév - 12:25

je tiens à préciser publiqu'ment que je n'ai encore jamais reniflé la caille d'anti, je m'en souviendrais Mr green

Mais on peut réparer cette méconnaissance, à l'occase cingle

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Mer 15 Fév - 19:38

Croustine a écrit:
Citation:
(à suivre...Peut-être

Pourquoi "peut-être" ? A suivre !

C'est que ces souvenirs sont bien lointains et qu'ils comportent de sérieux blancs. Et puis le rôle de la paresse n'est pas négligeable dans ces retards de livraison.

...........................................................................................................


Ce dimanche soir, donc, chez Mamie, nous avions soupé d’un bouillon de légumes, d’un morceau de fromage et de la fameuse pomme cuite au four, avec sa peau dorée, croustillante et caramélisée.
La coutume voulait que nous dressions l’humble couvert sur la table du séjour, devant le poêle à charbon en fonte où chauffaient deux briques réfractaires que nous enveloppions de papier journal au moment d’aller nous coucher et que nous glissions entre les draps du lit. La chambre, elle, n’était pas chauffée; le lit était garni d’un gros édredon rouge sous lequel nous nous blottissions, mon frère et moi, les pieds sur les briques brûlantes.
Mamie s’ asseyait au chevet, enveloppée dans sa robe de chambre, et ouvrait sur ses genoux « le Tour de France par deux enfants », le livre intelligemment pédagogique de G. Bruno mais dont elle ne soupçonnait pas l’effet subversif qu’il pouvait avoir sur deux esprits épris de liberté et qui avaient à peu près le même âge que ses deux héros, André, quatorze ans, et Julien, sept ( similitude que ne manquait pas de souligner imprudemment Mamie ). Nous nous endormions en rêvant de voyages, d’aventures et de découvertes.

Ce lundi là nous nous étions réveillés l’esprit encore lourd de ces rêves et le cœur serré de tristesse dans la perspective de rentrer à la pension. Le jour n’était pas encore levé ; le poêle s’était éteint. Après une toilette de chat à l’eau froide et au savon de Marseille, nous avions déjeuné d’un bol de cacao et de tartines de pain bis à la confiture de rhubarbe. Nos cartables étaient prêts depuis la veille et nous attendions qu’on passe nous prendre pour nous accompagner à la gare Montparnasse. Quand nous étions à la maison, c’est papa qui se chargeait de ça. Nous allions alors en autobus. J’aimais bien rester sur la plate-forme arrière, en plein air. Quand le contrôleur tirait sur la chaîne de la cloche avec sa poignée en bois, l’autobus s’ébranlait dans un tremblement sonore de vitres; et je regardais défiler les pavés derrière nous. D‘autres fois, nous prenions le métro. Le poinçonneur de la Glacière, comme celui des Lilas cher à Gainsbourg, faisaient « des p’tits trous, toujours des p’tits trous, encore des p’tits trous »; les stations, avec leurs carreaux en faïence blancs ressemblaient à des salles de laboratoires; les wagons verts ou rouges sur leurs roues métalliques s’annonçaient dans le fracas des portes secouées à chaque jointure de rails, et l’intérieur des wagons équipé de bancs en bois n’étaient pas encore sauvagement tagués; dans les couloirs ou les tunnels, régnait la publicité pour l’apéritif Dubonnet. Je me laissais bercer par le rythme saccadée du train et la ritournelle de la publicité : tacatac-tacatac-tacatac, Dubo, Dubon, Dubonnet, Dubo, Dubon, Dubonnet ; et je me rendormais.

Mais cette fois-ci c’est l’oncle Jean qui était notre chaperon.
La sonnette de la porte d’entrée retentit au fond du couloir de deux coups brefs, décidés. Mamie alla ouvrir de son pas un peu traînant mais encore alerte. L’oncle Jean emplit l’encadrement de sa silhouette massive, se pencha sur la petite vieille, frotta sa moustache sur sa joue et exécuta ce mouvement de nez rapide qui lui était particulier, de gauche à droite, comme s’il voulait chasser une mouche de cet appendice (tic dont j‘ai hérité avec les trois ou quatre chansons à boire). Puis, en nous voyant, il esquissa un pas de marche militaire comique. « Ram, ram, ram-ram-ram! En avant mauvaise troupe! ». Il nous poussa devant lui en faisant mine de nous botter les fesses. Nous ne mîmes pas longtemps à dévaler les six étages : la rampe nous aidait beaucoup dans cet exercice où nous usions davantage le fond de nos culottes que la semelle de nos chaussures. L’oncle Jean nous suivait avec décontraction, en exécutant un semblant de numéro de claquette sur les marches en grés.
La traction Citroën noire était garée à cinquante mètres de là sur le boulevard de l‘Hôpital. A notre approche, Black, le briard, se dressa sur le siège avant droit, colla sa truffe humide sur la vitre en remuant la queue. Nous prîmes place à l’arrière, tandis que l’oncle Jean s’installait au volant. Black nous regardait par dessus son dossier (du moins nous supposions qu’il nous regardait car on ne distinguait pas ses yeux derrière l’écran de poils) ; son odeur emplissait l’intérieur de la voiture.

A la gare Montparnasse, l’oncle Jean nous installa dans le train de Versailles. Nous nous étions assis, mon frère et moi, l’un en face de l’autre, auprès de la fenêtre. L’oncle Jean nous fit ses adieux : un signe de la main et deux ou trois grimaces. Le train s’ébranla, sortit lentement de la gare; puis les cahots entre chaque section de rail se rapprochèrent, de plus en plus; des immeubles défilèrent, puis s’espacèrent. Bientôt, des pavillons de banlieue avec leurs jardinets les remplacèrent, et des bouts de campagne. Trente minutes plus tard, à nouveau des pavillons, à nouveau une agglomération de maisons, des rues, un quai de gare, une plaque sur le mur d’un hall : Viroflay.

Le train s’était immobilisé. Mon frère n’avait pas bougé de sa banquette; moi non plus. Nous ne nous regardions pas, mais c’était comme si nous nous étions concertés de longue date. Le train redémarra et nous n’avions pas ouvert la bouche. Comme nous sortions de Viroflay, je rompis enfin le silence :
« - C’était Viroflay !
- Oui… »
Je le regardais, feignant la surprise.
« -Tu l’as fait exprès ?
- Tu m’en veux ?
- Non. »
J’avais souri légèrement. Mon regard glissa vers la fenêtre. Désormais, le doux soleil de mai remplaçait l’aube et dorait les premiers murs de versailles. La pension s’éloignait. Mon cœur soulagé s’emplissait peu à peu de l’excitation mêlé de crainte qu’engendrait cette conquête de liberté si audacieuse.

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Mer 15 Fév - 20:24


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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 17 Fév - 18:32

le Veilleur a écrit:
C'est que ces souvenirs sont bien lointains et qu'ils comportent de sérieux blancs


C'est pas gênant les blancs pour nous qui ne connaissons pas les originaux. De toute façon, on vous dévore (et toc ! pour le renard)

Anti, encore ! encore !

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 17 Fév - 19:18

antillaise a écrit:

C'est pas gênant les blancs pour nous qui ne connaissons pas les originaux.

Sans doute, mais, moi, j'ai parfois un peu de mal à coordonner les événements. down

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 17 Fév - 19:41

"Des souvenirs oubliés , pourquoi pas ! Des souvenirs non enregistrés c'est probable ! Des souvenirs non dépoussiérés c'est certain"

les blancs reviennent toujours, ils sont juste enfouis... la mémoire est une chose extraordinaire, ne l'oubliez pas ! ange

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 17 Fév - 19:51

Sainte Canaillette a écrit:

les blancs reviennent toujours,

Ca, c'est bien vrai : y a qu'à voir après la décolonisation de l'Afrique!

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 17 Fév - 20:32

Sainte Canaillette a écrit:
les blancs reviennent toujours


Certes, et les blancs jouent et gagnent, c'est bien connu !

Anti

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