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 La Pension de Viroflay

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Sainte Canaillette
Phrasophile averti(e)


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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 17 Fév - 20:38

antillaise a écrit:

Certes, et les blancs jouent et gagnent, c'est bien connu !
Anti


voilà pourquoi je perds toujours aux dames, je prends toujours les pions noirs !

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le Veilleur
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 23 Fév - 19:56

Dona a écrit:
Le Veilleur a écrit:
« le Tour de France par deux enfants »



Citation:
Mon grand-père insistait beaucoup pour que je le lise celui-là. wink

Il avait bien raison, wink, c'est charmant et plutôt intelligent. Evidemment, c'est une autre époque (vieille France), avec une morale un peu bourgeoise et bien nationaliste et plein de bons sentiments; mais, après tout, est-ce pire que de voir comme aujourd'hui des gamins brûler des voitures ou insulter à qui mieux-mieux leurs profs, quand ils ne les frappent ou poignardent pas?

Citation:

C'est aussi une boutade pour dire que tu écris élégamment, à l'ancienne. C'est très joli et plein de tendresse. Toutefois je trouve le style très classique, un peu trop pour moi. Ce n'est en rien un reproche, juste un constat. Du reste, il ne présente aucun intérêt spécifique j'imagine mais quitte à poster un texte personnel, je suppose qu'il attend des commentaires, au moins des impressions. Je suis accoutumée, par goût ou habitude professionnelle, à lire des textes autobiographiques moins travaillés, moins ciselés et beaucoup plus déconstruits.

J'ai assez souvent dit moi-même que si l'on postait des textes personnels, il fallait accepter qu'on en fasse des commentaires, même désagréables. Le tien de commentaire, d'ailleurs, ne l'est pas.

Citation:
Comptes-tu poursuivre? Quel intérêt présente le fait d'écrire ainsi?

En fait, ayant moi-même commenté franchement et de façon pas toujours très avenante certains textes, il m'a été reproché par mmmm de ne pas m'exposer à mon tour aux critiques des autres. Je lui avais donc promis de lui offrir un jour ce plaisir. Et puis, ça m'amuse tout simplement. Poursuivre ? Ben, quand ça m'amusera et si ça peu amuser en même temps trois ou quatre membres de Vocabulis. Tiens, je vais peut-être vous coller un petit roman la prochaine fois (style classique et que je ne finirai jamais wink )!

Citation:
Mens-tu?

Très peu, mais comme je n'ai pas gardé une mémoire fidèle, loin de là, de l'enchaînement des événements et, même, que nombre de ces événements sont partiellement ou totalement effacés, je "brode" avec d'autres souvenirs de cette époque .

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Dona
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 23 Fév - 22:33

le Veilleur a écrit:



J'ai assez souvent dit moi-même que si l'on postait des textes personnels, il fallait accepter qu'on en fasse des commentaires, même désagréables. Le tien de commentaire, d'ailleurs, ne l'est pas.


Ce serait inutilement désagréable et malhonnête de dire que c'est mal écrit quand ça ne l'est pas du tout. C'est par contre très propret et très lisse. Propret dans la mesure où tu ne prends aucun risque à te raconter (tendresse partagée avec le jeune héros, connivence avec le lecteur qui se doit d'affectionner ce jeune être charmant, sourires amusés devant les conquêtes de liberté du personnage) et lisse parce que la narration est parfaitement linéaire en plus d'ête syntaxiquement structurée (beaucoup de connecteurs logiques et donc de connexions entre les idées). Et puis on y lit et trouve un certain bonheur car si le récit d’enfance figure autant et brille d'un tel lustre parmi les textes autobiographiques, c’est parce l’enfance est comme un paradis perdu et qu'on l'éprouve tous ou à peu près ainsi.
Mais par ailleurs, on aimerait à un moment donné que le héros se cogne un bon coup le nez contre la vie réelle et qu'on parvienne à mesurer l'ampleur de la construction de son identité. Un peuple heureux n'a pas d'Histoire disait machin, les jeunes hommes trop gentils non plus. .
Peut-être grandira-t-il un jour? :-)


Citation:
Comptes-tu poursuivre? Quel intérêt présente le fait d'écrire ainsi?

Le Veilleur a écrit:
En fait, ayant moi-même commenté franchement et de façon pas toujours très avenante certains textes, il m'a été reproché par mmmm de ne pas m'exposer à mon tour aux critiques des autres. Je lui avais donc promis de lui offrir un jour ce plaisir. Et puis, ça m'amuse tout simplement. Poursuivre ? Ben, quand ça m'amusera et si ça peu amuser en même temps trois ou quatre membres de Vocabulis. Tiens, je vais peut-être vous coller un petit roman la prochaine fois (style classique et que je ne finirai jamais wink )!



Oui je vois bien ça. wink Ma foi, si ce n'est qu'amusement...on va pas se décarcasser à faire des commentaires trop poussés dans ce cas.
Ca se publierait bien pourtant si ça faisait quelque centaine de pages en plus et que tu tombais amoureux.

Citation:
Mens-tu?

Le Veilleur a écrit:
Très peu, mais comme je n'ai pas gardé une mémoire fidèle, loin de là, de l'enchaînement des événements et, même, que nombre de ces événements sont partiellement ou totalement effacés, je "brode" avec d'autres souvenirs de cette époque.


Bon alors respect.
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le Veilleur
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Lun 27 Fév - 19:59

Quels souvenirs me restent-ils de cette fugue ? Peu de choses, des images fugitives. Mon frère en aurait gardé davantage, sans doute : il était plus vieux et c’est lui qui menait cette aventure; moi, je me laissais conduire avec la confiance qu’un enfant de huit ans peut avoir dans son grand frère. Oui, mon frère en aurait gardé davantage; il en aurait même ajouté car il était assez menteur. Mais je ne peux plus rien lui demander depuis longtemps : il est mort, dans un accident de camion, pendant son service militaire.

Je me souviens que nous errons dans les rues de versailles. Je me souviens des jardins du château, des tapis de fleurs étincelants sous le soleil de mai. Je me souviens que j’ai faim, que nous regardons des pâtisseries à l’étalage d’un boulanger. Nous n’avons pas d’argent. Mon frère imagine un subterfuge pour en obtenir. Il me place à la sortie d’un cinéma. Je dois arrêter les clients qui en sortent et leur dire que j’ai perdu mon billet de train pour Paris. « Fais semblant de pleurer », me conseille mon frère. Je suis timide et mauvais comédien : je n’ose pas aborder les gens qui sortent; je tourne en rond en fixant le sol avec ostentation pour montrer que je cherche quelque chose; mais on ne fait pas attention à moi ou l’on me jette un regard agacé parce que je me mets dans les jambes de quelque personne pressée. Je me décide enfin à aborder un homme qui me paraît plus aimable que les autres; je marmonne, en prenant un air dépité : « Vous n’avez pas vu mon billet, Monsieur? ». Il se penche vers moi, me fais répéter; je dois expliquer qu’il s’agit d’un billet de train et non de cinéma. Je me sens mal à l’aise dans cette comédie lamentable et, pour finir, je pleure pour de bon. L’homme est charitable, mais, contrairement aux prévision de mon frère, il ne me donne pas d’argent, il m’accompagne à la gare voisine et m’achète un billet de train. Je ne sais si mon frère l’a pu convertir en argent pour acheter quelque chose à manger: je ne me rappelle pas d’une nourriture quelconque mais pas non plus d‘avoir encore eu faim. Maintenant, j’ai froid. La nuit est tombée. Nous sommes à nouveau dans la gare de Versailles, assis sur un banc. Je grelotte un peu. Je me blottis contre mon frère. Il ôte sa veste, m’en couvre le dos et, avec un sourire protecteur, attire ma tête sur son épaule. Je dors sans doute, comme on sait dormir à cet âge, en toute circonstance.
Le lendemain nous rejoignons Viroflay à pied. Nous y avons un cousin éloigné. . Nous sommes chez lui à présent. Il me semble qu’il nous fait bon visage et qu’il nous parle gentiment. Je ne sais pas quel bobard mon frère lui raconte, mais il ne paraît pas se douter que nous avons fugués. Nous sommes dans une espèce de bibliothèque. Moi, ce qui m’intéresse c’est le tampon buvard qui est sur le bureau : je n’en avais jamais vu de semblable; c‘est un truc à bascule ; ça doit être amusant de s’en servir.
Notre cousin a-t-il donné de l’argent à mon frère? En tout cas, nous sommes de retour à Paris. Nous voilà rue de la Glacière. Nous nous dirigeons vers la maison et nous commençons à nous inquiéter de l’accueil que va nous faire maman. J’essaie de rassurer mon frère en lui disant que mes bottines garnies d’étoiles sont un porte-bonheur. Je doute fort de l’avoir convaincu mais il me remercie d’un maigre sourire pour cette tentative généreuse.
Maman nous ouvre la porte; son visage reflète l’étonnement. Je ne sais pas quelles sont les explications de mon frère mais maman reste pétrifiée. Dans cet état, l’usage du martinet à de bonne chance d’être retardé. D’ailleurs, ce martinet a perdu beaucoup de son efficacité puisque nous prenons soin depuis plusieurs mois d’en couper discrètement les lanières l’une après l’autre.
En fin d’après-midi, l’oncle Jean paraît. Cette fois-ci, pas de rigolade : il nous botte les fesses pour de bon en direction de la chambre à coucher. Je me sens humilié et trahi.
Cher tonton Jean, en nous bottant le cul
Je dois dire que tu nous as bien déçu.

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Lun 27 Fév - 21:34

Je ne comprends pas que la réaction de la mère. Elle est étonnée...
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Dona
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Mer 1 Mar - 9:34

le Veilleur a écrit:
Evidemment, c'est une autre époque (vieille France), avec une morale un peu bourgeoise et bien nationaliste et plein de bons sentiments; mais, après tout, est-ce pire que de voir comme aujourd'hui des gamins brûler des voitures ou insulter à qui mieux-mieux leurs profs, quand ils ne les frappent ou poignardent pas?




Tiens, voilà un petit méchant loup tiré d'un roman humoristique, "Prof is beautiful", mis ici pour ne pas entraver ton fil d'écriture wink http://vocabulis.forumactif.com/viewtopic.forum?p=27808#27808
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Anti
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 2 Mar - 12:57

le Veilleur a écrit:



Vous êtes beaux tous les deux. Je suis sincèrement désolée pour votre frère. A l'adolescence, le choc a dû être rude.

Anti

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 2 Mar - 13:04

le Veilleur a écrit:
Quels souvenirs me restent-ils de cette fugue ?

(...) Je me souviens que nous errons dans les rues
(...) Je me souviens que j’ai faim,
(...) Nous n’avons pas d’argent.
(...) je n’ose pas aborder les gens
(...) La nuit est tombée. Nous sommes à nouveau dans la gare (...) Je dors sans doute, comme on sait dormir à cet âge, en toute circonstance.
(...) Le lendemain nous rejoignons ... en tout cas, nous sommes de retour


L'errance, la faim, la misère, la honte, la nuit à la gare et le retour mi fière mi honteuse: je garde les mêmes souvenirs de ma fugue faite à un âge un peu plus respectable quand même que celui de notre p'tit Veilleur, ( 16 ans).

Anti

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 2 Mar - 19:26

Dona a écrit:
Je ne comprends pas que la réaction de la mère. Elle est étonnée...

Désolé; moi, c'est ta phrase que je ne comprends pas. cool

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 2 Mar - 19:29

antillaise a écrit:
à un âge un peu plus respectable quand même que celui de notre p'tit Veilleur, ( 16 ans).

Pourquoi plus respectable, vilaine petite fugueuse? D

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 2 Mar - 20:11

antillaise a écrit:


Vous êtes beaux tous les deux. Je suis sincèrement désolée pour votre frère. A l'adolescence, le choc a dû être rude.

Anti


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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Jeu 2 Mar - 22:15

Le Veilleur, je viens de lire en entier ton récit, qui me plaît bien puisque relatant du vécu. C'est écrit avec le coeur et c'est le plus important.
C'est sans fioriture, tendre, et ça dégage le parfum qui doit être celui d'une époque que je n'ai pas connu car je naquis en 1970.
J'espère que tu vas nous livrer la suite.
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 3 Mar - 10:27

le Veilleur a écrit:
antillaise a écrit:


Vous êtes beaux tous les deux.


T'es con, tu me fais pleurer à 10.du matin.


Anti, hyper émotive.

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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 3 Mar - 13:02

Le nationalisme ????!!! BEURK, quelle horreur ! Ta France n'est pas assez vieille pour moi, le Veilleur.

Condoléances pour le frérot. Je compatis.
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Anti
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MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   Ven 8 Déc - 9:20

Dites donc m'sieur Le Veilleur ? Maintenant que vous êtes de retour, on pourrait l'avoir la suite ?

Joséphine, en attendant son cadeau de Noël...

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