Fulmi Prolixe infatigable

Nombre de messages: 5214 Age: 55 Date d'inscription: 15/10/2004
 | Sujet: Festival d'Aurillac (Le Monde) Sam 20 Aoû - 17:45 | |
| Je suis tombé là-dessus, en parcourant Le Monde en ligne. Ça fera plaisir (ou pas?) aux théâtreux du forum. Et à ceux de l'autre forum lorsqu'ils passeront lire des choses intéressantes ici Approchez, approchez ! Prenez place dans Le Train phantôme ! Une minute d'horreur et de rires, dans une attraction foraine à l'ancienne aux effets léchés, où un petit wagonnet transporte deux par deux des spectateurs terrifiés et hilares.
Pour la vingtième édition du Festival international de théâtre de rue d'Aurillac, qui accueille jusqu'à 100 000 personnes par jour du 17 au 20 août, la compagnie Le Phun propose une visite de son train et de ses boutiques "phantômes", dans lesquelles se déroule une scène morbide.
Celle des Philuménistes met en scène une petite fille blafarde face à un père aveugle et collectionneur de boîtes d'allumettes, dans une relation d'attraction-répulsion. Du sadomasochisme drôle et violent, doublé d'une comédie musicale plus proche du fait divers glauque que du Rocky Horror Picture Show.
Puis on s'assoit au centre de la Gâterie, pâtisserie de la famille Ramon, spécialiste des meringuettes et des contes noirs. "Mme Ramon perpétue la tradition des histoires qui font peur dans une société où les parents préfèrent cacher les peurs aux enfants plutôt que d'en parler, explique Phéraille, metteur en jeu du Phun. Dans ce spectacle, on ressent à la fois de la gêne et de la jubilation. Et le train n'est qu'une porte, pour attirer le client, comme dans Hansel et Gretel..."
C'est le parfum d'origan qui attire en premier dans La Cuccina dell'arte, sous le chapiteau du Circus Ronaldo. Viennent ensuite les acrobaties d'un clown pizzaiolo sur un lustre à chandelles. Deux spectateurs sont invités à s'installer à une table du coquet restaurant. La préparation de la pizza du chef s'avère une véritable aventure, menée à la baguette par un patron autoritaire et dynamitée par la maladresse du cuistot. Maladresse qui ne dure qu'un temps : le passage de jonglage avec de la pâte à pizza est un délicieux moment de fantaisie culinaire.
"REGARD SUR LA VIE SOCIALE"
Le Festival d'Aurillac, fondé par Michel Crespin en 1986, fête sa vingtième édition dans une apparente bonne humeur. Pour preuve, la plupart des créations des plus de 500 "compagnies de passage" (le nom du festival off), dont l'attachant Frédéric Pradal, qui raconte ses voyages sur la planète de la jonglerie. Mais certains spectacles portent en eux un malaise latent, toutefois moins pesant qu'au Festival de Chalon-sur-Saône (Le Monde du 25 juillet), où les thématiques sombres dominaient cette année.
"Pour la vingtième, j'ai voulu remettre un peu de sens dans la rue, même si c'est un peu moins festif, précise Jean-Marie Songy, directeur du festival depuis 1994. Pour le public, c'est peut-être un peu dur, mais je crois que c'est nécessaire." Dure, la prestation du Teatro del silencio et Karlik danza teatro, Mère Courage et ses enfants au purgatoire, l'est. D'autant qu'un orage a arrosé la première du début jusqu'à la fin sur une place des Carmes bondée. Inspiré de Dante et Brecht, le spectacle enchaîne les tableaux grandiloquents sur un monde en proie à la guerre et à la violence, morale et physique. Le texte, souvent inaudible, dévoile entre deux riffs de guitares des aphorismes comme "le capitalisme est à l'homme ce que la miséricorde est à Dieu" . Comprenne qui pourra, mais le public ne s'est pas laissé démonter et a offert une belle et bruyante ovation aux comédiens détrempés.
Le Chant des sirènes déclenche également rejet et enthousiasme. Sur la pelouse du parc Hélitas, quatre lots de sirènes, comme celles qu'on entend dans les villes le premier mercredi du mois, donnent un concert inattendu. Beaucoup fuient cette musique assourdissante et répétitive, aux sonorités inédites et finalement belles, mais un grand nombre de spectateurs adhère.
Franz Clochard, de la compagnie Mécanique vivante, travaille depuis sept ans sur ce nouvel instrument. "C'est un processus de recherche et de développement, en perpétuelle évolution. J'ai mis cinq ans avant d'obtenir un dispositif convaincant et de pouvoir inviter des compositeurs. Je comprends les gens qui quittent le concert, car ils n'ont pas l'habitude d'écouter une telle musique. Mais, si on ajoute un peu d'humain là-dedans, je suis certain qu'ils resteront." La chanteuse Camille et le joueur de bombarde Jean-Louis Le Vallégant sont d'ailleurs de la partie pour les soirées suivantes.
Pour Jean-Marie Songy, l'autre particularité de cette sélection, et plus largement du théâtre de rue, qui a évolué depuis vingt ans, c'est "le questionnement sur notre quotidien". "C'est beaucoup moins rêveur ou percutant qu'avant. On est aussi moins dans le défrichage énergique. Le théâtre de rue porte aujourd'hui beaucoup plus son regard sur la vie sociale."
Léo Bassi confirme. Le provocateur italien a ouvert le festival déguisé en pape, en parallèle à l'arrivée de Benoît XVI aux JMJ, attaquant l'Eglise et sa hiérarchie. Il se définit lui-même comme un bouffon, dans l'ancien sens du terme aujourd'hui rejeté, c'est-à-dire un personnage inévitable et officiel chargé de se moquer des puissants.
"C'est viscéral : j'aime foutre la merde !" , lance-t-il dans son spectacle au Théâtre de la ville. Et il ne se gêne pas. Dénonçant la globalisation et la domination du marché mondial par des marques américaines, il éventre des dizaines de cannettes de Coca-Cola sous pression, arrosant les premiers rangs qu'il avait auparavant généreusement équipés en imperméables. Il continue en racontant une histoire qu'il dit vraie : comment il a rencontré au Pakistan un chef religieux musulman et ses talibans en armes, quelques années après la guerre d'Afghanistan, et l'a questionné sur le thème islam et humour.
Il conclut son show par un petit plaisir à lui : s'enduire très élégamment de miel et de plumes. La provocation est modérée, les mots drôles, l'humour salutaire. Le public applaudit debout.
Enfin, la vingtième édition est le temps d'un certain retour aux sources. La compagnie chilienne Gran Reyneta reprend Roman photo, joué par Royal de luxe en 1987 à Aurillac. Comme si, pour la première fois, les créations du théâtre de rue devenaient pièces d'un répertoire.
Les fidèles du Théâtre de l'unité sont de retour à Aurillac, eux qui avaient ouvert le premier festival devant aucun spectateur. Les Chambres d'amour se déroulent dans un hôtel bien réel. Une maquerelle gouailleuse au chapeau à plumes accueille les clients, en compagnie d'un grand travesti. On est d'abord désigné par la tenancière et gentiment moqué. Puis on est choisi par un ou une pensionnaire, pour quatre minutes de "passe poétique", en tête-à-tête dans une chambre. Rien de sordide ni de vulgaire, juste de la tendresse et de la complicité.
L'implication du spectateur est totale puisque les comédiens ne jouent que pour lui. Dans l'atmosphère douce des chambres, on se laisse aller. Allongé sur un lit ou une banquette installée dans une baignoire, on se laisse chuchoter des poèmes d'amour au creux de l'oreille. On nous dit "je t'aime" , à nous, rien qu'à nous. Festival international de théâtre de rue d'Aurillac (Cantal). Jusqu'au 20 août. Avec aussi Agence Tartar (e), Artonik, Les Piétons, Métalovoice et Boilerhouse, Theater Titanick, Trace (s) en poudre, Turak. Tél. : 04-71-43-43-80. Nombreux spectacles gratuits, ou de 5 € à 15 €.------- Un livre pour fêter la vingtième édition
Pour fêter sa vingtième édition, le Festival d'Aurillac a voulu évoquer en images la réalité parfois incongrue de quatre jours de théâtre de rue. Cinq photographes ont saisi dans leur objectif le cru 2004. Christophe Raynaud de Lage, oeil attitré du festival, s'est attaché à montrer la transformation d'une ville. D'abord des places et des rues vides, parfois dans le brouillard, dans une cité morne. Puis l'invasion de ce territoire par les artistes et les spectateurs. "Une transfiguration", écrit Denis Guénoun dans le texte accompagnant les photos. "C'est bien la même ville. Mais elle apparaît dans une tout autre extase (...)." Les clichés d'Olivier Chambrial, Jean-Pierre Estournet, Raphaël Helle et Gérard Rondeau montrent les regards de spectateurs, intrigués, émerveillés, fatigués. Et enfin les spectacles, qui donnent à Aurillac des allures de planète inconnue, un endroit où tout peut arriver.
Aurillac aux limites, Actes Sud, 218 p., 27 €. Exposition de photographies extraites du livre, les Ecuries, Musée d'art et d'archéologie d'Aurillac. Tél. : 04-71-45-46-10. Entrée gratuite. Jusqu'au 17 septembre. [-] fermer _________________ Il y a trois secrets pour faire un grand roman. Personne ne les connaît. Sommerset Maugham.
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vilain Logorrhéique talonnesque

Nombre de messages: 924 Date d'inscription: 16/10/2004
 | Sujet: Re: Festival d'Aurillac (Le Monde) Sam 20 Aoû - 17:48 | |
| Si, Fulmi, ça fait plaisir...à défaut d'avoir pu y aller...  _________________ "Aux vertus qu'on exige d'un domestique, votre Excellence connait-elle beaucoup de Maîtres qui fussent dignes d'être valets ?"  |
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coline Invité
 | Sujet: Re: Festival d'Aurillac (Le Monde) Sam 20 Aoû - 20:49 | |
| Bien sûr que ça fait plaisir... et que cela donne des regrets, comme le dit Vilain, quand on n'a pas pu y aller... |
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