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 Paolo Coelho, Libé

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Fulmi
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MessageSujet: Paolo Coelho, Libé   Ven 13 Mai - 2:59

Très intéressant portrait de Paolo Coelho dans Libé, ce jeudi. Cet homme vent des millions de livres squelettiques (c'est lui-même qui explique son procédé de déshabillage de son texte).

On aurait tort de mépriser le bonhomme, il a de l'allure.

Paulo Coelho, 57 ans, Brésilien, écrivain mystique aux tirages cosmiques. L'auteur de «l'Alchimiste» transforme un style pauvre en espèces sonnantes.
Livres d'or

Par Marie-Dominique LELIEVRE

jeudi 12 mai 2005



 

«Paulo Coelho, que conseillez-vous à un petit écrivain français qui diffuse à 4 000 exemplaires, non pas pour vendre 25 millions de livres comme vous, ni même 2,5 millions, mais juste 250 000 exemplaires ?»
«Je n'ai pas vendu 25 millions de livres dans le monde, mais 65...»

Visage de célébrité irradiant comme une ampoule allumée, catogan new age, il va de l'un à l'autre, affable et sérieux. De la célébrité, le Coelho aux scores cosmiques dit que c'est un aphrodisiaque. Autour, les deux cents invités conviés par la maison Flammarion pour célébrer son arrivée rue Racine se picolent au champagne au Chalet du lac, dans le bois de Boulogne. Paulo promeut son nouveau bien culturel, le Zahir, jaquette soleil couchant, (17,50 euros à Paris, 2 dollars à Moscou), premier tirage 120 000 exemplaires pour la France, objectif 300 000. Campagne de publicité, 1 million d'euros. Fidèle à sa ligne éditoriale – la vie est un tunnel, la lumière est au bout –, le Zahir est un hymne à l'amour conjugal : ils se quittent, partent en quête d'eux-mêmes, se retrouvent après un détour par le Kazakhstan (parce que Paulo avait envie d'y faire une excursion).

La veille, il offrait la même prestation à la mairie de Budapest (Hongrie), où il avait inauguré la Foire du livre. Un Palm de chef d'Etat, diffusé à l'avance sur www.paulocoelho.com. Au Chalet du lac, il y a l'ambassadeur du Brésil, une délégation du Kazakhstan, le patron de Rizzoli Livres (actionnaire de Flammarion), du foie gras et du caviar (d'aubergine), de la salsa. Et puis le docteur Yves Louit, de Saint-Martin, 53 habitants. Le village proche de Lourdes où Paulo possède une retraite. Pas un château avec vigiles, une maison de village, où vivre en communion avec la nature. Paulo aime Bernadette Soubirous, collègue en matière de grâces spéciales et de royalties. Il fête le réveillon à Lourdes, devant la grotte de Massabielle : «Les dernières minutes, je les passe à remercier Dieu de l'année écoulée. Les premières, à lui demander des faveurs pour celle à venir.»

C'est culotté, mais ça marche. Paulo voulait devenir écrivain depuis l'âge de 8 ans, et n'en a trouvé le courage qu'en 1986, après un pèlerinage à Saint-Jacques-deCompostelle. 830 kilomètres à pied depuis Saint-Jean-Pied-de-Port. Il écrit son premier livre, le Pèlerin de Saint-Jacques. C'est un homme achevé, qui a accompli son rêve, comme les héros de ses livres. Auparavant, il avait fait ses études chez les jésuites à Rio, plusieurs séjours en hôpital psychiatrique à la demande de son père, fait de la prison sous la dictature militaire au Brésil, travaillé chez Polygram, écrit des paroles de chansons.

C'est en 2002 que Paulo tente une performance à Tarbes (Hautes-Pyrénées) : vivre avec le minimum. Dans la chambre 8 de l'hôtel Henri IV, 05 62 34 01 68 (sans restaurant), il s'installe à l'année, avec un ordinateur portable poids plume Sony Laptop Vaio (500 grammes) et des vêtements exclusivement noirs, parce qu'à l'hôtel c'est plus pratique. Sa femme peint et, faute de place, enterre ses toiles dans les bois alentour. Elle les vend aujourd'hui, retravaillées par la nature. Deux ans plus tard, il achète la maison de Saint-Martin. Il y passe un tiers de l'année, un autre tiers dans sa maison de Copacabana, le reste dans les aéroports.

A Paris, Paulo Coelho descend au Bristol dans la 711, vue sur la tour Eiffel (1 300 euros la nuit). Au fait Paulo, à combien s'élève votre chiffre d'affaires ? «Aucune idée. Demandez à Monica Antunes.» Son agent à Barcelone, à la tête d'un commando de huit personnes. C'est elle qui a négocié le transfert chez Flammarion, après dix ans chez Anne Carrière. Une négociation menée en Italie, avec le groupe Rizzoli. Et qu'est-ce qu'il en fait, de son argent ? Assis bien droit au bar du Bristol, il allume une cigarette Galaxy à l'aide d'un briquet Zippo. «Le Bristol, c'est Flammarion qui paie. Je dépense peu. Des voyages, avec les miles alloués par les compagnies aériennes. Je roule en Renault, je finance une fondation de 430 enfants au Brésil. J'ai beaucoup d'argent sur mon compte en banque.» Même son téléphone Sony Ericsson est le cadeau d'un ami (Alain). Coelho y a installé la photo de sa femme, Christina Oiticica, épousée il y a vingt-cinq ans. «Si elle m'abandonnait, je perdrais mes repères.» Il a mis quelques années pour comprendre qu'il l'aimait. En général, dit-il, les hommes réalisent qu'ils aiment une femme lorsqu'ils l'ont perdue. Comme il a de la chance, ça lui est arrivé avant que sa femme ne le quitte.

Il s'exprime en français, appris sur les conseils de sa première éditrice, Anne Carrière. «Elle m'a dit que, pour une tournée des librairies, ce serait mieux de parler votre langue.» Il a toujours été attiré par la France, il se dit que ce sera une occasion de voyager. De retour au Brésil, il recrute une prof de français japonaise et revient pour huit dates. Metz, Montpellier... Il se lance devant des salles de sept ou huit personnes, tandis que sur le seul bouche à oreille, l'Alchimiste devient petit à petit un best-seller. Après le Brésil, la France est le premier pays qui a accroché.

Un drôle de texte, l'Alchimiste. Aucune description («c'est pénible»), des personnages sans nom, un lexique de poche. Pauvre et simple, du pur minimal. La branche sans le feuillage. Le sashimi sans wasabi. «J'écris un livre en deux ou trois mois. Puis je le relis en tant que lecteur et le réduis de moitié.» L'index sur la touche «effacer», il émonde le superflu. Comme ces romans dont le Reader's Digest propose une version comprimée, les textes psycho-initiatiques de Coelho plaisent au plus grand nombre. Son travail n'est pas de la littérature, mais le message d'espoir d'un homme qui a réussi sa destinée en restant fidèle à lui-même. Coelho, c'est cohérent. Un véritable savoir-faire : mettre à la portée de tous une sagesse universelle, comme un Richard Bach, auteur de Jonathan Livingstone le goéland. Grâce à ce niveau de lecture facilitée, chacun, de l'aborigène à la New-Yorkaise, peut s'y projeter. Il faut être très futé pour faire ça, et bien inspiré. Coelho montre le bar autour de lui : «Dans mon dernier livre, je parle du Bristol. Pourquoi décrire la tapisserie, les meubles, les marbres ? Je reste minimal dans les détails, au lecteur d'imaginer son grand hôtel.» Dommage pour les flots d'azalées en fleur qui débordent des vasques, le parfum amer des buis que la pluie réveille, mais aussi pour le papillon tatoué sur le bras de Paulo, pour sa bague de Viking en argent (Norvège, 1982). «La lecture de mes livres est un acte créatif qui exige la participation du public.» Ses livres sont un support d'imagination, un tremplin, une piste d'envol, dont le véritable héros est le lecteur que ses manuels tranquillisent, consolent et protègent. C'est pourquoi ils sont inadaptables au cinéma. D'ailleurs, il a proposé 1 million de dollars à la Warner pour racheter les droits de l'Alchimiste, qu'il avait vendu 250 000 dollars.

Bon, Paulo, quelle est la recette pour vendre non pas 65 millions, mais 650 000 d'un roman français ? «Si la recette existe, je préfère l'ignorer : elle ne marchera plus pour moi. Mais vous savez, au Brésil, tout auteur rêve d'être un écrivain français. Comme Robbe-Grillet.»

Marie-Dominique Lelièvre
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Croustine
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Ven 13 Mai - 14:41

Je ne l'ai jamais lu. Ça vaut le coup ? Parce que l'article ne me donne pas vraiment envie d'essayer...
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Fulmi
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Ven 13 Mai - 19:17

Croustine a écrit:
Je ne l'ai jamais lu. Ça vaut le coup ?

Non. Pas pour une personne raisonnablement éduquée. Mais Anti dit que son premier, Le pèlerin de Compostelle, est très beau. Alors peut-être Coelho avant Coelho vaut-il la peine ?
En général un auteur à succès ne veut pas être lu. Être acheté suffit à son bonheur.
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Bidouille
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Sam 14 Mai - 19:39

J'avoue, j'ai lu ça aussi, même la cinquième montagne Mr green Je n'ai pas vu de différence entre le pélerin de Compostelle et les autres, ils m'ont un peu ennuyé même si certaines images sont belles.
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Mawie
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Dim 15 Mai - 11:22

MDR. Coelho, on le retrouve systématiquement dans des sites type "Développement personnel", "Love Farfadets", "Stop Suicide", "Carpe Diem" ou "La parole aux schizos" Mr green

Ah si, tiens, je viens de trouver une "critique" : "ses romans sont de la pure bonne vibe positive comme on en a besoin en ce siècle pourave"

Youpi ange
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Fulmi
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Dim 15 Mai - 13:56

Mawie a écrit:
"ses romans sont de la pure bonne vibe positive comme on en a besoin en ce siècle pourave"

Excellent. Coelho est un supermarché : « Avec Carrefour, je positive ».
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Mawie
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Dim 15 Mai - 17:10

Et encore, je t'épargne le topic entier, ils comparent Coelho et Hermann Hesse Mr green

Mais tout est bien qui finit bien, puisque : "je vous mets aussi un lien où monsieur coelho fait une lettre ouverte à Bush... c'est un homme actif qui ne pense pas qu'à son fric... http://www.unef.fr/nice/html_speciaux/irak_coelho.html "
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Fulmi
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Dim 15 Mai - 17:18

Mawie a écrit:
... c'est un homme actif qui ne pense pas qu'à son fric...

Je n'ai pas envie d'aller lire la lettre à Bush, mais je dois dire que le bonhomme Coelho me paraît tout à fait fréquentable, même si je n'ai aucune envie de lire ses livres (je n'ai lu que l'Alchimiste).
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Anti
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Jeu 19 Mai - 16:39

Fulmi a écrit:
Croustine a écrit:
Ça vaut le coup ?
Non. Pas pour une personne raisonnablement éduquée. Mais Anti dit que son premier, Le pèlerin de Compostelle, est très beau.

Oui, je n'ai pas eu d'éducation et oui j'aime lire des romans que des millions d'autres gens ont lu, dits à succès. Et oui, ça vaut toujours le coup de lire un livre, ne serait-ce que pour se faire sa propore opinion et ne pas se satisfaire de celle du premier glandeur venu. A ce propos, entendu l'autre jour à la radio, la ridicule critique du Da Vinci Code sur France culture par des critiques fiers de ne l'avoir pas lu !!! Scandaleux !

Anti


Dernière édition par le Jeu 19 Mai - 17:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Jeu 19 Mai - 16:46

Mawie a écrit:
Et encore, je t'épargne le topic entier, ils comparent Coelho et Hermann Hesse

Tiens ? Herman Hesse. Un que j'aime lire aussi et qui a plus que vendu. Ca doit faire politiquement correct d'en parler. Sans compter qu'il devait avoir une armada de nègres planquée dans sa montagne.

Anti
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Croustine
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Jeu 19 Mai - 16:59

antillaise a écrit:
Et oui, ça vaut toujours le coup de lire un livre, ne serait-ce que pour se faire sa propore opinion et ne pas se satisfaire du premier glandeur venu.
Bien d'accord. Mais comme il faut bien organiser les priorités de lectures, un avis vaut toujours le coup d'être entendu, à défaut d'être suivi.
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Mawie
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Ven 20 Mai - 9:47

antillaise a écrit:
Mawie a écrit:
Et encore, je t'épargne le topic entier, ils comparent Coelho et Hermann Hesse

Tiens ? Herman Hesse. Un que j'aime lire aussi et qui a plus que vendu. Ca doit faire politiquement correct d'en parler. Sans compter qu'il devait avoir une armada de nègres planquée dans sa montagne.

Anti

Rhôôô, c'est les ragnagnas ? Mr green

Tu sais, je m'en tamponne des hiérarchies ! Dans le genre, après 5 ans d'études de cinoche, mon acteur préféré reste Louis de Funès D
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Ven 20 Mai - 11:08

Mawie a écrit:
Rhôôô, c'est les ragnagnas ? Tu sais, je m'en tamponne

Ah, bien. J'aime quand on reste dans le vif du sujet ! Ragnagnas, tampons, gynéco. Mmmm, belles perspectives de week-end !

Anti
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Ven 20 Mai - 11:55

Mawie a écrit:
Tu sais, je m'en tamponne des hiérarchies ! Dans le genre, après 5 ans d'études de cinoche, mon acteur préféré reste Louis de Funès D

C'est un bon acteur. Le problème, avec Funès, c'est les metteurs en scène, pas l'acteur, come pour Belmondo, quoi.
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Fulmi
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Ven 20 Mai - 12:00

Pour rester dans le sujet, le rigolo article du Libé d'hier :

Edition. On achève bien d'imprimer
Coelho, le montage magique

Par Edouard LAUNET

Jeudi 19 mai 2005 (Liberation - 06:00)


La littérature fait des progrès constants. Les livres sont de mieux en mieux écrits. L'ambition des auteurs est toujours plus élevée, l'exigence des lecteurs toujours plus grande. Ce festival de l'intelligence est animé par des éditeurs survoltés, peu soucieux de la dépense. Compte-t-on ses picaillons lorsqu'il s'agit de révéler un nouveau Rimbaud, une nouvelle Yourcenar ? Ainsi Flammarion. Pour promouvoir le nouveau livre de Paulo Coelho, auteur difficile mais talent cosmique, la maison d'édition n'a pas hésité à claquer un million d'euros. Un million ! Pensez à toutes les belles choses qu'on peut faire avec une telle somme. Acheter 95 430 disques de Michel Sardou. Se payer vingt-trois ans de visionnage non stop des films de Claude Lelouch. Or non, Flammarion a préféré investir dans un auteur âpre, à la limite de l'abstraction, et bien décidé à dynamiter les académismes les plus enracinés : Paulo Coelho, petit chimiste de l'Alchimiste (que l'éditeur vient de chiper à la pauvre Anne Carrière).

Oui, la littérature ne cesse de progresser. A quoi le voit-on ? Aux dimensions des accessoires de PLV, alias publicité sur lieu de vente, qui se déploient dans les librairies comme les ailes d'un ange porteur de trésors. Le dernier Coelho vient à notre rencontre sur de grands présentoirs en carton - les spécialistes parlent de «displays sol» - disponibles en trois contenances : 24, 48 et même 96 livres. Pour ceux qui, par mégarde ou manque de temps, n'auraient pas pioché leur exemplaire avant de rejoindre la caisse, des modèles à 6 ou 12 volumes - «displays comptoir» - sont opportunément placés près des sorties.

Les écrivains visent toujours plus haut, plus loin. Sur les murs des librairies et des grandes surfaces culturelles, des affiches 40 X 60 cm annoncent la nouvelle : le nouveau Coelho, le Zahir, est enfin arrivé, et sachez que «jamais on n'est allé aussi loin par amour». Soyons précis : l'auteur et son héros sont allés jusqu'en Asie centrale, ce qui excède de beaucoup le rayon de notre Carte Orange. Nous, par amour, on irait bien jusqu'à, disons, Garges-lès-Gonesse, par la ligne D du RER.

Flammarion s'est fixé un objectif aussi fier que celui de son auteur : vendre 300 000 Zahir, pour faire rentrer dans les coffres cinq millions d'euros. C'est pourquoi fleurissent placards de pubs dans la presse, campagnes à la radio, bandeaux sur le Web, émissions de télé. Jamais roman n'a offert pareilles liesses : «Pendant que les fonds publics s'écoulent en fêtes de fraternité, il sonne une cloche de feu rose dans les nuages» (est-ce du Coelho ? est-ce du Rimbaud ?). Aussi sûrement que Sartre a refusé le Nobel de littérature, le Zahir sera le livre de l'été. Vendredi dernier à la Fnac, Paulo Coelho a lancé à son public : «Vous regarder dans les yeux, c'est un moment magique.» Risquons-nous à ce pronostic un peu dingue : ce gars-là ira très loin.
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Lun 29 Mai - 18:02

Le triomphe de Paolo Coelho en Russie… est hallucinant !


Author on slow train to adulation across Siberia

Crowds invade stations as Coelho's journey strikes a chord with Russians

Tom Parfitt in Moscow
Tuesday May 23, 2006
The Guardian


Steppeing up: Paulo Coelho is a big hit in Russia.

Travelling across the Siberian steppe in a manner reserved for reclusive world leaders like North Korea's Kim Jong-il, or sages like Aleksandr Solzhenitsyn, the Brazilian novelist Paulo Coelho is getting a rapturous reception in his specially converted train.

Crowds of fans have swarmed on to railway platforms to see the author at remote outposts along the Trans-Siberian route to Vladivostok. More than 1,000 people turned up for one book-signing en route and groups of fans waving signs and begging autographs have appeared at his window at every stop. "There were girls weeping with joy," said Natasha Babkina, a manager at Dom Knigi (House of Books) in Yekaterinburg, where Coelho spent several hours meeting readers.


Coelho's philosophical but plain-language novels have struck a chord with Russians, who love to ponder spiritual matters in late-night conversations around their kitchen tables.

Breathless reports from television crews and news agencies have kept the country informed of his progress across the steppe, including precise details of his daily routine and diet.

The response has taken Coelho, who has sold more than 86m books, by surprise. "This pilgrimage has given me hope that art can create a bridge between peoples," he told the Guardian as he sped through the night towards Irkutsk, 3,500 miles east of Moscow.

The millionaire author of bestsellers such as The Alchemist and The Valkyries is travelling with his entourage in two private wagons with sitting rooms that are attached to intercity trains and is accompanied by a pair of personal chefs.

Irina Koval, the author's assistant, said Coelho's tastes were nonetheless ascetic: he was breakfasting on fresh herbs, orange juice and fruit. "The chefs are trying to tempt him with all sorts of delicacies but he prefers simple food such as cheese sandwiches," she added.

The author set out on the journey to mark the anniversary of his visit to Santiago de Compostela in Spain in 1986, which inspired his book, The Pilgrimage.

Coelho found success with The Alchemist, a symbolic novel that urges readers to pursue their dreams. It received gushing endorsements from Julia Roberts and Madonna, who described it as "a beautiful book about magic, dreams and the treasures we seek elsewhere and then find on our doorstep", but harsher treatment from the critics. Complaints that his work is pseudo-intellectual and comparable to self-help books have not prevented the author achieving huge global success.

"Russians particularly like that he talks about difficult philosophical ideas in an easy, accessible way that gives them a spiritual experience without spiritual labour," said a literary critic, Aleksander Gavrilov.

Coelho arrived in Russia after visiting Tunisia, Italy, Bulgaria and Ukraine. He embarked on the fortnight-long, 5,772-mile journey from Moscow to Vladivostok last week and will fly from the far eastern port to his home in France.

So far Coelho, 58, has visited three major cities and made unscheduled stops at numerous isolated settlements along the Trans-Siberian railway. Near Yekaterinburg he took a tour of his train "to look ordinary travellers in the eye".

"It was 11pm, not the best time for a walk on a train perhaps, but Paulo was strong," his press service said. Last night he was forced to cut short his interview as fans greeted his train in Nizhneudinsk, a poor town.Coelho said the only problem with his journey was the constant swaying of the train. "I have been sleepless for a week," he said.
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bertrand-mogendre
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   Lun 29 Mai - 21:12

dommage, j'aimais bien l'histoire de cet alchimiste.
Pourtant, même en m'appliquant, je n'ai pas pu rentrer dans l'univers de ses autres livres (la cinquième montagne, véronika décide de mourir, sur le bord de la rivière Piédra, je me suis assise et j'ai pleuré, onze minutes,).
j'aime bien cet alchimiste
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MessageSujet: Re: Paolo Coelho, Libé   

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Paolo Coelho, Libé
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