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 Chirac sauvé !

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Fulmi
Prolixe infatigable
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MessageSujet: Chirac sauvé !   Mar 14 Mar - 20:25

Certains se sont peut-être demandés parfois comment Chirac se sortirait des procès qu'il avait au cul.

Le Monde apporte un début de réponse, aujourd'hui.


Feu l'affaire des HLM de Paris
LE MONDE | 14.03.06 | 14h42 • Mis à jour le 14.03.06 | 14h42
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Procès Juppé, procès des marchés publics d'Ile-de-France, procès des HLM de Paris... Ces trois dernières années ont vu le calendrier judiciaire largement occupé par ce qui constitue en fait une seule et même affaire : celle du financement occulte du RPR dans les années qui ont précédé la première élection de Jacques Chirac à la présidence de la République, en 1995. Dans le premier cas, il s'agit d'emplois fictifs de permanents du RPR payés par les entreprises ou la Mairie de Paris. Les deux autres affaires concernent des détournements de la procédure des marchés publics et des versements de commissions occultes par les entreprises du bâtiment et travaux publics (BTP), à l'occasion de l'exceptionnelle manne de la construction ou de la rénovation des lycées d'Ile-de-France et de celle des marchés HLM de la Ville de Paris.

On a beaucoup parlé du premier procès, qui a entraîné la mise à l'écart de la vie politique de l'ancien premier ministre Alain Juppé, condamné en décembre 2004 à un an d'inéligibilité. On a aussi largement suivi le deuxième, qui s'est soldé par la condamnation en première instance, le 26 octobre 2005, de Michel Roussin, ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la Mairie de Paris, et de l'ex-président RPR de la région Ile-de-France, Michel Giraud, à quatre ans d'emprisonnement avec sursis. Mais une relative indifférence a accueilli le troisième, ouvert à Paris, le 23 janvier, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel.

Or cette affaire a longtemps été considérée comme la plus explosive. Ses rebondissements ont alimenté les pages noires de l'affrontement entre Jacques Chirac et Edouard Balladur au premier tour de la campagne présidentielle de 1995. Ils ont ensuite grevé le premier septennat de M. Chirac, pesé sur le sort de son successeur à la Mairie de Paris, Jean Tiberi, lors des élections municipales de 2001, et hanté la cohabitation puis la campagne présidentielle de 2002. L'affaire a aussi mené au départ de la magistrature du juge d'instruction Eric Halphen, après des années d'épreuves et d'intimidations.

De tout cela, depuis l'ouverture du procès en cours, il ne reste rien ou presque. La discrétion qui l'entoure ne s'explique pas par la lassitude ou le désintérêt : le dossier qui vaut aujourd'hui à quarante-neuf prévenus de comparaître a été méthodiquement amputé pour parvenir moribond devant le tribunal. Après neuf ans d'instruction, plus aucun responsable politique ne figure parmi les prévenus. Un temps mises en examen, des personnalités de premier plan du RPR telles que Michel Roussin, Robert Pandraud ou Jean Tiberi ont toutes bénéficié de non-lieux.

"L'instruction n'est pas parvenue à établir formellement l'implication personnelle de responsables au sein de l'appareil politique du RPR", écrit le successeur d'Eric Halphen, Armand Riberolles, dans son ordonnance de renvoi. Quant aux procédures qui mettaient en cause le chef de l'Etat et avaient amené le magistrat instructeur aux portes de l'Elysée, en mars 2001, elles ont toutes été annulées en septembre 2001 par la cour d'appel de Paris, entraînant le dessaisissement du juge Halphen.

Rarement dossier judiciaire a mobilisé autant d'énergie, jusqu'au sommet de l'Etat - du garde des sceaux de l'époque, Jacques Toubon, au cabinet du président de la République, alors dirigé par Dominique de Villepin - et suscité autant de coups bas et de chausse-trapes, pour finir par être rendu inoffensif. "A partir du moment où un acte de procédure peut faire l'objet de deux interprétations juridiques dans deux sens opposés, ce qui fait pencher la balance est parfois ténu", relevait Eric Halphen dans son livre Sept ans de solitude (Denoël, 2002), à propos des annulations de procédures. Dans cette affaire, pour les hommes politiques mis en cause, la balance a régulièrement "penché" du bon côté.

Ajoutons que le personnage central du dossier, l'intermédiaire Jean-Claude Méry, est mort en 1999. Son nom figure presque à chaque page de l'ordonnance de renvoi, qui relève qu'"un grand nombre de témoignages, corroborés par divers éléments factuels, concourent à établir que Jean-Claude Méry avait reçu mission d'assurer le financement des activités politiques (du RPR) en collectant des fonds, notamment, auprès des entreprises fournisseurs"...

L'acte de décès de la grande affaire politico-financière de la décennie a donc été dressé au deuxième jour du procès, le 24 janvier, par le président Olivier Leurent. Evoquant les "23 000 feuilles des 50 tomes" du dossier d'instruction, il a souligné que le tribunal "n'entend pas faire état de pièces qui figurent dans la procédure, mais qui ont été annulées". Un autre procès s'est alors ouvert, dans un équilibre du silence qu'aucun des 49 prévenus n'a eu intérêt à briser : celui d'un "système" de financement occulte dont les bénéficiaires ne sont pas poursuivis.

A la barre ont défilé des chefs d'entreprise qui, tous, ont reconnu avoir versé des commissions à Jean-Claude Méry - leur montant est évalué par l'accusation à 38 millions de francs - en échange d'informations rebaptisées "assistance commerciale" qui leur permettaient de soumissionner avec succès aux marchés publics lancés par l'Office public des HLM (OPHLM) de Paris. Mais ils se sont bien gardés de répondre aux questions du président sur l'origine de ces informations et les raisons pour lesquelles Jean-Claude Méry les détenait.

La même scène s'est répétée : "On disait que c'était quelqu'un d'influent, qu'il avait des relations, concédait un prévenu.

- Lesquelles ?, demande M. Leurent.

- Ah ! ça, je n'en sais rien.

- Vous ne le lui avez pas demandé ?

- Le fait de payer n'oblige pas à devenir indiscret !

- Connaissiez-vous son militantisme politique ?

- J'en avais entendu parler, mais pas plus que cela..."

Présenté comme un proche de Jacques Chirac, l'entrepreneur Francis Poullain, dont le groupe SAR figure parmi les grands bénéficiaires des marchés de l'OPHLM (380 millions de francs en cinq ans), feignait, au procès, de s'étonner : "Cette affaire ne peut pas être politique, sinon les hommes politiques seraient là, dans le prétoire..." Quant à savoir pourquoi son groupe a versé 8,5 millions de francs de commissions à des sociétés d'un planteur de bananes de Côte d'Ivoire qui les rétrocédait ensuite en France, en espèces ou en virements, M. Poullain se montre tout aussi elliptique : "Il m'a dit qu'il connaissait du monde. Où allait l'argent, cela ne me regardait pas."

C'est dans la même indifférence polie que tous les prévenus ont accueilli la lecture par le président, le 7 février, des confidences posthumes sur cassette de Jean-Claude Méry. L'intermédiaire y évoquait le système de financement du RPR à l'occasion des marchés publics de l'office HLM de Paris, évalué par ses soins à "30 ou 40 millions de francs en liquide, en direct ou en emplois privés tous les ans", et précisait : " C'est uniquement aux ordres de M. Chirac que nous travaillions." M. Leurent a poursuivi sa lecture jusqu'à la scène dans laquelle M. Méry raconte sa livraison à Matignon, dans le bureau de M. Roussin et "en présence de Jacques Chirac", d'une valise de billets contenant 5 millions de francs.

On entend encore la voix du président citer d'autres propos de M. Méry : "Je me suis tu, parce qu'on m'avait dit : "Rendez service à M. Chirac. Son élection dépend de votre silence."" La voix d'un fantôme, dans feu l'affaire des HLM de Paris.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3226,36-750542@51-730665,0.html
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