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 Interview Michel Seneque

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Phrasophile averti(e)
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MessageSujet: Interview Michel Seneque   Mar 21 Mar - 16:14

Dans Le Parisien d'aujourd'hui il y a une interview de Michel Senèque très interressante que malheureusement on ne peu pas consulter gratuitement en ligne.

Le Parisien, le 21.03.06
« La souffrance des jeunes est immense »

IL REÇOIT avec courtoisie, et en jogging, dans son pavillon de Vincennes. Sur ses étagères, Sénèque, Hergé, la Bible. A 76 ans, Michel Serres, l'un des plus grands philosophes contemporains, professeur à Stanford et académicien, parle de son dernier... à lire en vrai alors.

Ce qu'il y a d'interessant dans cet article est sa position quand il dit, qu'à présent qu'il n'y a plus de guerre " Les pères ont inventé autre chose pour tuer leurs fils" à savoir la société qu'ils lèguent. La question de l'héritage quel qu'il soit est semble-t-il au coeur de tous les débats du moment travail, environnement, spiritualité etc.

Je connaissais l'idée prévalente du paricide mais pas celle de l'infanticide.

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MessageSujet: Re: Interview Michel Seneque   Mar 21 Mar - 16:18

Le meurtre du fils
A ce même sujet, un livre :

Violence et générations de Jacques Bril

Que représente un Fils pour son Père ? Un Fils, c'est le « continuateur », le garant généalogique de sa survie. Mais le Fils, porteur de promesses d'avenir, est aussi le témoin à charge détesté d'un inexorable déclin. Cet ouvrage s'attache à démontrer que le fantasme inconscient du meurtre du Fils par le Père constitue l'un des invariants, des moteurs et peut-être l'un des prétextes élémentaires et dissimulés de l'histoire universelle.
Jacques Bril ouvre les voies d'une réflexion où se dévoilent les domaines les plus secrets de la vie des individus, des peuples et des nations ; où se conjuguent problèmes intimes et problématiques politiques, d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
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MessageSujet: Re: Interview Michel Seneque   Mar 21 Mar - 16:19

Et un article :

http://www.world-medical-clinic.com/france/articles/poirier/meurtre.htm

Le meurtre du fils : Violence et générations Auteur : H. Poirier

Le processus du meurtre du père est bien connu, celui du fils l'est moins et pourtant, il en est le pendant. A la base se trouve le désir en chacun d'opérer un déni de la mort et de se placer dans une illusion faite d'intemporel; la survenue du fils développe des menaces particulières de nature inconscientes où l'enjeu se déroulera vis-à-vis de la loi, émanation des pères. Dans l'enjeu inconscient, seul le fils peut menacer son pouvoir et mettre en place une autre loi. A travers l'Histoire, il y a des récits de meurtres du fils par le père; on les retrouve dans toutes les cultures; en voici quelques exemples:
Dans Jérémie XXXII 35, il évoque la pratique des pères vis-à-vis du dieu Moloch:"ils ont construit les hauts lieux de Baal dans la vallée de Ben Hinnom ( le Ge-Henne) pour faire passer par le feu leurs filles et leurs fils en l'honneur de Moloch".

Dans la culture germanique, il faudrait citer le chant de Hildebrand où il y a combat du père et du fils. Quant à la Yoglinga, elle nous rapporte comment à Uppsala, aux temps mythiques:

"Dans la ville d'Uppsala, le cruel souverain sacrifiait ses fils dans le temple d'Odin, il les sacrifiait de son glaive cruel pour obtenir du dieu un supplément de vie"

La légende rapporte que tous les neuf ans , il procédait au sacrifice d'un de ses enfants. Il vécut très vieux... Le légendaire Chinois offre lui aussi des exemples similaires. Ainsi raconte-t-on qu'un chef d'armée ayant mis le siège devant une ville où se trouvait son fils, les assiégés s'emparèrent du fils, le firent bouillir et envoyèrent au père le sinistre breuvage. Va-t-il alors céder? Le père s'installe confortablement sur une natte et en avale le plein bol de bouillon: la ville se rend".

Dans le même axe, il faudrait mentionner les expositions d'enfants dans des lieux où, nouveaux-nés, ils sont susceptibles d'être recueillis. Dans les mythes, le père conscient du désordre qu'il cause au monde et à son ordre en éprouve de la culpabilité archaïque et donne la monnaie d'échange qui convient: son fils qui est censé le perpétuer. Dans bien des cultures, ce n'est pas n'importe quel fils mais le fils aîné, puis de là le fils du roi, puis se fait un passage plus ritualisé, du fils de chair au bouc sacrifié dans un rituel comme on le voit dans l'épisode d'Abraham et d'Isaac. On peut le lire comme l'offrande des prémices, des premières récoltes. Ce phénomène se perpétue dans les rituels d'initiation, de passage d'examens, de bizutage.. autant de modes édulcorés parfois qui trouvent leur origine dans le meurtre commis par l'adulte avant de reconnaître comme pair le postulant à la dignité partagée. C'est la transmission du père au fils d'un fluide sacramentel qui à la fois certifie l'héritage et confirme la filiation.

" Nous ne devons pas craindre, écrit Th. Reik, de regarder ces tortures raffinées comme ce qu'elles sont véritablement : des actes de cruauté et d'hostilité des adultes à l'égard des adolescents". Nous dirions volontiers, ajoute Jacques Bril:" d'une classe de Père à l'égard d'une classe de Fils, d'autant plus que c'est des dieux que sont sensés provenir les exigences de ces atrocités. Ainsi, sos le couvert des Pères mythiques, le sadisme des pères terrestres trouvera-t-il une satisfaction que le transfert exonérera de toute culpabilité. Sous la diversité de toutes ces expressions, partout se retrouve la réalité ou le fantasme d'une mise à mort du fils par le père, manifestation, nous l'avons dit, de la dramatique oedipienne.

Il ne faut pas s'étonner de trouver la jointure avec Pier Paolo Pasolini. J'ai en mémoire certains de ses films mettant en scène des sacrifices d'adolescents sur l'autel des divinités. Pour mener à bien leur besogne justicière, les Pères ont coutume de s'en remettre à la guerre:"c'est par milliers que des Fils furent tués par les Pères et seulement de temps en temps des Pères par des Fils; c'est bien connu. Mais comment surviennent-ils donc ces meurtres des Fils par les Pères? Dans les prisons, dans les tranchées, les camps de concentration, les villes bombardées... il y a des époques où l'espèce des Pères dégénèrent et ils assassinent leurs Fils et commettent le régicide".

En fait les pratiques sacrificielles dont les guerres reposent sur un processus ritualisé, c'est-à-dire socialement avalisé de la pulsion mortifère reposent toujours sur un préalable: le droit de disposer de la vie des fils reconnus à une instance paternelle par une attribution collective et fantasmatique. Pour peu qu'il respecte une formalité sociale, le meurtre rituel est généralement autorisé aux garants des structures sociales : prêtres, juges et princes à qui incombe une dimension sacrificielle. Ainsi ce n'est pas le meurtre qui est interdit par le commandement mais le meurtre non ritualisé. Leur droit, d'une façon ou d'une autre émane de leur lien au divin, même dans nos républiques, pour laïques qu'elles soient. "Ce qui est recherché au moyen du meurtre rituel, c'est bien en fait le rachat d'une dette contractée par la société à la suite du manquement de l'un de ses membres à l'égard des dieux ou leurs équivalents qui en garantissent l'ordre et la sécurité" dit Jacques Bril.

Qu'est-ce à dire? Ne serait-ce pas que la classe des Pères, redoutant quelque défaillance dans l'introjection de ses propres idéaux par la classe des Fils, ne s'autorise de façon circonstancielle ou périodique afin d'en conjurer les désirs mortifères, le sacrifice de l'un d'eux? Le meurtre du fils relève donc de la dispense que s'octroient souverainement les garants de la structure même si, dans leur non clairvoyance quelques dizaines de vieillards intransigeants peuvent conduire au massacre quelques milliers de jeunes gens.

Pourquoi donc ceux-ci acceptent-ils de s'y rendre ? parce qu'est utilisée une faiblesse du Moi, en lien avec la rivalité oedipienne vis-à-vis de la Mère. Il s'agit de se dévouer pour défendre le territoire, la terre de la Mère Patrie, ses valeurs, sa culture. C'est ainsi, par l'invocation de la séduction maternelle de la terre que les Pères obtiennent aux moindres frais la soumission sacrificielle des Fils.

De plus, derrière tout conflit se profile le rêve océanique d'un monde infini dans lequel discorde, souffrance et la mort même seront définitivement abolies. La guerre, occupation d'hommes, se déroule sur une toile de fond où existe une référence maternelle permanente. Une mère fantastique s'incarne pour le combattant et dans certaines traditions celtiques, c'est elle qui remet les armes aux combattants , prérogative maternelle célébrée lors d'un mariage sacré. .Suivons l'auteur dans son analyse:

"Le Père détesté n'orchestre la manipulation guerrière que pour se mettre à l'abri du déchaînement hostile des Fils. Redirigeant leur violence, il met à profit leur nostalgie de la mère pour les engager dans un processus dont ils seront finalement les victimes élues. Car, fondamentalement, la guerre promeut en rituel le meurtre contre-oedipien du Fils. C'est le miroitement ortifère de l'inceste que, dans la métaphore guerrière, mobiliseront les Pères pour assurer à moindre risque la perpétuation de leur ordre et de leur loi. La mort exaltée vers laquelle se précipite le héros n'est autre qu'un effet de la castration oedipienne. Les dispositions ici actualisées par la machination du Père relèvent de profonds archaïsmes. Et l'auteur de souligner la parenté de ces aspects avec la drogue, le désir fusionnel que nous avons déjà développé avec le sentiment océanique.

Pour décapant que soit ce regard, l'auteur envisage sans plaisir l'époque actuelle où les armements sont indifférenciants (atome), le terrorisme aveugle, dans une structure sociale nivelante et où se multiplient la torture, l'extermination ethnique...

Hubert Poirier

Références: Le meurtre du fils,violence et générations par Jacques Bril, coll explorations psychanalytiques édit: In Press avril 2000
Le Rituel: psychanalyse des rites religieux Th. Reik édit: Denoel 1974
Affabulazione,P.P. Pasolini édit A. Garzanti 1977
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