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 L'Harmattan condamné

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AuteurMessage
Fulmi
Prolixe infatigable
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MessageSujet: L'Harmattan condamné   Jeu 18 Mai - 3:03

Les éditions L'Harmattan se sont fait encore condamner. Je l'apprends dans le blog de Pierre Assouline, sur Le Monde. L'Harmattan a la particularité d'être un éditeur qui édite tout, sans faire payer les auteurs.

Mon avis personnel est qu'à condition de bien regarder où on met les pieds, l'Harmattan reste une solution envisageable pour l'édition dans certains cas (si l'on manque douloureusement du nerf de la guerre ou si l'on traite de l'Afrique).


17 mai 2006
Les méthodes de l'Harmattan condamnées

Il n'y a pas que des articles à lire dans les journaux ; il n'y a pas que des publicités non plus. Il y a aussi, on l'oublie souvent, le paratexte le plus rébarbatif qui soit mais qui peut s'avérer être une précieuse source d'information : les "Publications judiciaires". Ainsi dans Le Monde diplomatique de ce mois-ci découvre-t-on un placard qui devrait affranchir les auteurs les plus confiants, voire les plus naïfs, ceux qui sont tellement ravis de voir leur manuscrit enfin accepté par un éditeur qu'ils ne songent guère à décortiquer leur contrat. C'est un tort, surtout s'il est estampillé "l'Harmattan", l'une des toutes premières maisons d'édition françaises (mais oui !) par le nombre de nouveaux titres publiés chaque année et par le chiffre d'affaires. Le moins qu'on puisse dire est que son comité de lecture n'est pas le plus sélectif, ni le plus exclusif de France ; l'éditeur abrite tant de collections que la plupart des manuscrits arrivés par la poste paraissent, qu'il s'agisse de thèses universitaires ou de plaquettes de poésie. De là à ce qu'ils aient une véritable existence, en librairie ou dans la presse, fut-elle brève, c'est une autre histoire. La maison a souvent été traînée en justice par des auteurs qui ont découvert, un peu tard, après avoir déboursé des sommes qu'ils n'avaient pas vraiment envisagées, qu'il s'agissait d'une sorte d'édition à compte d'auteur qui ne disait pas son nom. Les organisations d'écrivains, syndicats et comités ad hoc, sont de longue date sollicitées par des auteurs qui s'estiment floués et réclament de l'assistance. Cette "publication judiciaire" nous apprend donc que, par un arrêté du 25 novembre 2005, le SNAC (Syndicat national des auteurs et des compositeurs) et la SGDL (Société des gens de lettres de France) ont obtenu gain de cause contre l'Harmattan auprès de la Cour d'appel de Paris. Ils soutenaient que des clauses des contrats étaient illicites : elles concernaient la gratuité des droits de reproduction, l'absence de mention du nombre d'exemplaires du premier tirage, la cession distincte des droits d'adaptation audiovisuelle.

Les juges ont donc condamné l'Harmattan à verser 7000 euros aux plaignants, et à régler les frais d'insertion du jugement dans deux journaux de leur choix. Il est piquant qu'ils aient choisi Le Monde Diplomatique, lequel recense souvent les livres de l'Harmattan de la même manière que ceux des autres maisons. Deux d'entre eux font d'ailleurs l'objet d'une bonne critique dans ce même numéro. Un numéro décidément plein d'heureuses coincidences puisque dans un long article d'Antoine Schwartz, consacré au Règne des livres sans qualités, ce chercheur en science politique à Paris X s'interroge sur la crise de l'édition en sciences sociales, et la réduction du nombre de titres partout sauf ... à l'Harmattan :

" (cette maison) a réagi par une augmentation massive du nombre de titres publiés (plus de 1850 en 2004 !) Pour faire paraître des thèses et des travaux universitaires vendus souvent à quelques centaines d'exemplaires, cet éditeur spécialisé réduit au strict minimum les coûts de fabrication et de diffusion de sorte que son rôle se rapproche de celui d'un imprimeur".

C'est même une litote de le dire ainsi puisque, au passage, les droits de l'auteur aussi en prennent un sacré coup. Cela dit, "Maison L'Harmattan, imprimeur", c'est assez bien vu.
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