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 "LE CERVEAU D'UN HOMME DE DROITE" par Michel ONFRA

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Phrasophile averti(e)
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MessageSujet: "LE CERVEAU D'UN HOMME DE DROITE" par Michel ONFRA   Jeu 19 Avr - 11:40

Voici un texte qui circule en ce moment dans les boîtes mail. A lire.

"LE CERVEAU D'UN HOMME DE DROITE" par Michel ONFRAY (Philosophe)

La revue Philosophie magazine m’a demandé si, sur le principe,
j’acceptais de rencontrer l’un des candidats à la présidentielles pour
le questionner sur son programme culturel, son rapport aux choses de
l’esprit ou sa relation à la philosophie. Dans la foulée de mon
consentement, la rédaction m’a rappelé en me demandant si j’avais une
objection contre Nicolas Sarkozy. Pas plus avec lui qu’avec un autre,
j’aurais même consenti à Jean-Marie Le Pen tant l’approche de l’un de
ces animaux politiques m’intéressait comme on visite un zoo ou un musée
des horreurs dans une faculté de médecine. Ce fut donc Nicolas Sarkozy.
Il me paraît assez probable que son temps passé – donc perdu…- avec Doc
Gynéco ou Johnny Hallyday le dispensait de connaître un peu mon
travail, même de loin. Je comptais sur la fiche des renseignements
généraux et les notes de collaborateurs. De fait, les porte plumes
avaient fait au plus rapide : en l’occurrence la copie de mon blog
consacrée à son auguste personne. Pour mémoire, son titre était : Les
habits de grand- mère Sarkozy – j’y montrais combien le candidat
officiel drapait ses poils de loup dans une capeline républicaine bien
inédite …
Je me trouvais donc dans l’antichambre du bureau de la fameuse grand
mère Sarkozy, place Beauvau, en compagnie de deux compères de la
rédaction de la revue et d’un photographe qui n’en revenaient pas de se
retrouver dans cette géographie de tous les coups fourrés de la
République. Epicentre de la stratégie et de la tactique politique
policière, espace du cynisme en acte, officine du machiavélisme en or
d’Etat, et portraits des figures disciplinaires de l’histoire de France
représentées en médaillons d’austères sinistres.
Arrivée du Ministre de l’intérieur avec un quart d’heure d’avance, il
est 17h00 ce mardi 20 février. Début houleux. Agressivité de sa part.
Il tourne dans la cage, regarde, jauge, juge, apprécie la situation.
Grand fauve blessé, il a lu mes pages de blog et me toise – bien
qu’assis dans un fauteuil près de la cheminée. Il a les jambes
croisées, l’une d’entre elles est animée d’un incessant mouvement de
nervosité, le pied n’arrête pas de bouger. Il tient un cigare fin et
long, étrange module assez féminin. Chemise ouverte, pas de cravate,
bijoux en or, bracelet d’adolescent au poignet, cadeau de son fils
probablement. Plus il en rajoute dans la nervosité, plus j’exhibe mon
calme.
Premier coup de patte, toutes griffes dehors, puis deuxième, troisième,
il n’arrête plus, se lâche, agresse, tape, cogne, parle tout seul,
débit impossible à contenir ou à canaliser. Une, deux, dix, vingt
phrases autistes. Le directeur de cabinet et le porte-plume regardent
et écoutent, impassibles. On les imagine capables d’assister à un
interrogatoire musclé arborant le même masque, celui des gens de
pouvoir qui observent comment on meurt en direct et ne bronchent pas.
Le spectacle des combats de gladiateurs.
Je sens l’air glacial que transportent avec eux ceux qui, d’un geste du
pouce, tuent ou épargnent. Poursuite du monologue. Logorrhée
interminable. Vacheries lancées comme le jet de fiel d’une bile malade
ou comme un venin pulsé par le projet du meurtre. Hâbleur, provocateur,
sûr de lui en excitant l’adversaire à se battre, il affirme en
substance : « Alors, on vient voir le grand démagogue alors qu’on
n’est rien du tout et, en plus, on vient se jeter dans la gueule du
loup… » !
Je fais une phrase. Elle est pulvérisée, détruite, cassée, interdite,
morcelée : encore du cynisme sans élégance, toujours des phrases dont
on sent qu’il les souhaiterait plus dangereuses, plus mortelles sans
parvenir à trouver le coup fatal. La haine ne trouve pas d’autre chemin
que dans cette série d’aveux de blessure. J’avance une autre phrase.
Même traitement, flots de verbes, flux de mots, jets d’acides. Une
troisième. Idem. Je commence à trouver la crise un peu longue. De toute
façon démesurée, disproportionnée.
Si l’on veut être Président de la République, si l’on s’y prépare
depuis le berceau, si l’on souhaite présider les destinées d’un pays
deux fois millénaires et jouer dans la cour des grands fauves de la
planète, si l’on se prépare à disposer du feu nucléaire, si l’on
s’expose depuis des années en s’invitant tous les jours dans les
informations de toutes les presses, écrites, parlées, photographiées,
numérisées, si l’on mène sa vie publique comme une vie privée, et vice
versa, si l’on aspire à devenir le chef des armées, si l’on doit un
jour garantir l’Etat, la Nation, la République, la Constitution, si,
si, si, alors comment peut on réagir comme un animal blessé à mort,
comme une bête souffrante, alors qu’on a juste à reprocher à son
interlocuteur un blog confidentiel peu amène , certes, mais inoffensif
?
Car je n’ai contre moi, pour justifier ce traitement disproportionné ,
que d’avoir signalé dans une poignée de feuillets sur un blog , que le
candidat aux présidentielles me semblait très récemment et fort
fraîchement converti à De Gaulle, au gaullisme, à la Nation, à la
République, que ses citations de Jaurès et Blum apparaissaient fort
opportunément dans un trajet d’une trentaine d’années au cours
desquelles ces grands noms étaient introuvables dans ses interventions
, questions qui, au demeurant, rendaient possible un débat, et que
c’était d’ailleurs pour ces raisons que nous étions là, Alexandre
Lacroix, Nicolas Truong et moi….
Cette colère ne fut stoppée que par l’incidence d’une sonnerie de
téléphone portable qui le fit s’éloigner dans la pièce d’à côté. Tout
en se déplaçant, il répondait avec une voix douce, tendre, très
affectueuse, avec des mots doux destinés très probablement à l’un de
ses enfants. Le fauve déchaîné tout seul devenait un félin de salon
ronronnant de manière domestique. En l‘absence du ministre, je m’ouvre
à mes deux comparses en présence des deux siens et leur dit que je ne
suis pas venu pour ce genre de happening hystérique et que j’envisage
de quitter la place séance tenante…
J’étais venu en adversaire politique, certes, la chose me paraissait
entendue, et d’ailleurs plutôt publique, mais ceci n’excluait pas un
débat sur le fond que je souhaitais et que j’avais préparé en apportant
quatre livres enveloppés dans du papier cadeau ! Quiconque a lu Marcel
Mauss sait qu’un don contraint à un contre don et j’attendais quelque
chose d’inédit dans ce potlatch de primitifs post-modernes …
Vaguement liquéfié, et sibyllin, le tandem de l’équipe de Philosophie
magazine voyant leur scoop s’évaporer dans les vapeurs du bureau
propose, dès le retour du Ministre, que nous passions à autre chose et
que j’offre mes cadeaux… Je refuse en disant que les conditions ne sont
pas réunies pour ce genre de geste et que, dans tous les sens du terme,
il ne s’agit plus de se faire de cadeaux.

... / ...
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Phrasophile averti(e)
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MessageSujet: Re: "LE CERVEAU D'UN HOMME DE DROITE" par Michel ONFRA   Jeu 19 Avr - 11:41

« Passons alors à des questions ? A un débat ? Essayons d’échanger ? »
tentent Alexandre Lacroix et Nicolas Truong. Essais, ébauche. En tiers
bien à la peine, ils reprennent leurs feuilles et lancent deux ou trois
sujets. La vitesse de la violence du ministre est moindre, certes, mais
le registre demeure : colère froide en lieu et place de la colère
incandescente, mais colère tout de même.
Sur de Gaulle et le gaullisme récent, sur la Nation et la République en
vedettes américaines – disons le comme ça…- de son discours
d’investiture , sur la confiscation des grands noms de gauche, sur
l’Atlantisme ancien du candidat et son incompatibilité avec la doctrine
gaullienne, le débat ne prend pas plus . Il m’interpelle : « quelle est
ma légitimité pour poser de pareilles questions ? Quels sont mes
brevets de gaullisme à moi qui parle de la sorte ? Quelle arrogance me
permet de croire que Guy Môcquet appartient plus à la gauche qu’à la
France ? ». Donc à lui…
Pas d’échanges, mais une machine performante à récuser les questions
pour éviter la franche confrontation. Cet homme prend toute opposition
de doctrine pour une récusation de sa personne. Je pressens que, de
fait, la clé du personnage pourrait bien être dans l’affirmation
d’autant plus massive de sa subjectivité qu’elle est fragile,
incertaine, à conquérir encore. La force affichée masque mal la
faiblesse viscérale et vécue. Aux sommets de la République, autrement
dit dans la cage des grands fauves politiques, on ne trouve semble-t-il
qu’impuissants sur eux-mêmes et qui, pour cette même raison, aspirent à
la puissance sur les autres. Je me sens soudain Sénèque assis dans le
salon de Néron…
Habilement, les deux compères tâchent de reprendre le cours des choses,
d’accéder un peu aux commandes de ce débat qui n’a pas eu lieu et qui,
pour l’instant, leur échappe totalement. De fait, l’ensemble de cette
première demi-heure se réduisait à la théâtralisation hystérique d’un
être perdu corps et âme dans une danse de mort autour d’une victime
émissaire qui assiste à la scène pendant que, de part et d’autre des
deux camps, deux fois deux hommes assistent, impuissants, à cette scène
primitive du chef de horde possédé par les esprits de la guerre. Grand
moment de transe chamanique dans le bureau d’un Ministre de l’intérieur
aspirant aux fonctions suprêmes de la République ! Odeurs de sang et de
remugles primitifs, traces de bile et de fiel, le sol ressemble à la
terre battue jonchées d’immondices après une cérémonie vaudoue…
Tout bascule quand nous entamons une discussion sur la responsabilité,
donc la liberté, donc la culpabilité, donc les fondements de la logique
disciplinaire : la sienne . Nicolas Sarkozy parle d’une visite faite à
la prison des femmes de Rennes. Nous avons laissé la politique derrière
nous. Dès lors, il ne sera plus le même homme. Devenant homme,
justement, autrement dit débarrassé des oripeaux de son métier, il fait
le geste d’un poing serré porté à son côté droit du ventre et parle du
mal comme d’une chose visible, dans le corps, dans la chair, dans les
viscères de l’être.
Je crois comprendre qu’il pense que le mal existe comme une entité
séparée, claire, métaphysique, objectivable, à la manière d’une tumeur,
sans aucune relation avec le social, la société, la politique, les
conditions historiques. Je le questionne pour vérifier mon intuition :
de fait, il pense que nous naissons bons ou mauvais et que, quoi qu’il
arrive, quoi qu’on fasse, tout est déjà réglé par la nature.
A ce moment, je perçois là la métaphysique de droite, la pensée de
droite, l’ontologie de droite : l’existence d’idées pures sans
relations avec le monde. Le Mal, le Bien, les Bons, les Méchants, et
l’on peut ainsi continuer : les Courageux, les Fainéants, les
Travailleurs, les Assistés, un genre de théâtre sur lequel chacun joue
son rôle, écrit bien en amont par un Destin qui organise tout. Un
Destin ou Dieu si l’on veut. Ainsi le Gendarme, le Policier, le Juge,
le Soldat, le Militaire et, en face, le Criminel, le Délinquant, le
Contrevenant, l’Ennemi. Logique de guerre qui interdit toute paix
possible un jour.
Dès lors, ne cherchons pas plus loin, chacun doit faire ce pour quoi il
a été destiné : le Ministre de l’Intérieur effectue son travail, le
Violeur le sien, et il en va d’une répartition providentielle (au sens
théologique du terme) de ces rôles. Où l’on voit comment la pensée de
droite s’articule à merveille avec l’outillage métaphysique chrétien :
la faute, la pureté, le péché, la grâce, la culpabilité, la moralité,
les bons, les méchants, le bien, le mal, la punition, la réparation, la
damnation, la rédemption, l’enfer, le paradis, la prison, la légion
d’honneur, etc.
J’avance l’idée inverse : on ne choisit pas, d’ailleurs on a peu le
choix, car les déterminismes sont puissants, divers, multiples. On ne
naît pas ce que l’on est, on le devient. Il rechigne et refuse. Et les
déterminismes biologiques, psychiques, politiques, économiques,
historiques, géographiques ? Rien n’y fait. Il affirme : «
J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est
d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette
pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France
chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal
occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une
douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer,
d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire.
Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense ». «
Génétiquement » : une position intellectuelle tellement répandue
outre-Atlantique !
La génétique, l’inné, contre le social et l’acquis ! Les vieilles
lignes de partage entre l’individu responsable de tout, la société de
rien qui caractérise la droite, ou la société coupable de tout,
l’individu de rien, qui constitue la scie musicale de la gauche …
Laissons de côté la théorie. Je passe à l’exemple pour mieux tâcher de
montrer que le tout génétique est une impasse autant que le tout
social. Face à cet aveu de lieu commun intellectuel, je retrouve
naturellement les techniques socratiques du lycée pour interpeller,
inquiéter et arrêter l’esprit, capter l’attention de mon interlocuteur
qui, de fait, semble réellement désireux d’avancer sur ce sujet.
J’argumente : Lui dont chacun sait l’hétérosexualité – elle fut
amplement montrée sur papier couché, sinon couchée sur papier montré…-,
a-t-il eu le choix un jour entre son mode de sexualité et un autre ? Se
souvient-il du moment où il a essayé l’homosexualité, la pédophilie, la
zoophilie, la nécrophilie afin de décider ce qui lui convenait le mieux
et d’opter, finalement, et en connaissance de cause, pour
l’hétérosexualité ? Non bien sûr. Car la forme prise par sa sexualité
est affaire non pas de choix ou de génétique, mais de genèse
existentielle. Si nous avions le choix, aucun pédophile ne choisirait
de l’être…
L’argument le stoppe. Il me semble qu’à partir de ce moment, le
candidat aux présidentielles, le ministre de l’intérieur, l’animal
politique haut de gamme laisse le pas à l’homme, fragile, inquiet,
ostensiblement hâbleur devant les intellectuels, écartant d’un geste
qui peut être méprisant le propos qui en appelle aux choses de
l’esprit, à la philosophie, mais finalement trop fragile pour
s’accorder le luxe d’une introspection ou se mettre à la tâche
socratique sans craindre de trouver dans cette boîte noire l’effroyable
cadavre de son enfance.
Dans la conversation, il confie qu’il n’a jamais rien entendu d’aussi
absurde que la phrase de Socrate « Connais-toi toi-même ». Cet aveu me
glace – pour lui. Et pour ce qu’il dit ainsi de lui en affirmant
pareille chose. Cet homme tient donc pour vain, nul, impossible la
connaissance de soi ? Autrement dit, cet aspirant à la conduite des
destinées de la nation française croit qu’un savoir sur soi est une
entreprise vaine ? Je tremble à l’idée que, de fait, les fragilités
psychiques au plus haut sommet de l’Etat, puissent gouverner celui qui
règne !
Lors de sa parution, j’avais lu Le pouvoir et la vie de Valéry Giscard
d’Estaing qui racontait ses crises d’angoisse, ses inhibitions le
paralysant dans son véhicule militaire de parade le 14 juillet sur les
Champs Elysées, ses prétextes pour quitter le conseil des ministres
afin de subir une injection de calmant, son désir de se faire
psychanalyser (par Lacan !) pendant son septennat, etc. Je me souvenais
de confidences faites par tel ami bien informé sur l’état psychique
fort peu reluisant de Jacques Chirac après la dissolution et sur le
type de traitement psy qu’il suivait à cette époque. Je me rappelais la
fin d’un François Mitterrand , entre voyantes et reliques de sainte
Thérèse, invocations des forces de l’ esprit , croyance en l’ au-delà
et abandon aux médecines de perlimpinpin.
Et je voyais là, dans le regard devenu calme du fauve épuisé par sa
violence, un vide d’homme perdu qui, hors politique, se défie des
questions car il redoute les réponses, et qui, dès qu’il sort de son
savoir faire politicien, craint les interrogations existentielles et
philosophiques car il appréhende ce qu’elles pourraient lui découvrir
de lui qui court tout le temps pour n’avoir pas à s’arrêter sur
lui-même.
Les soixante minutes techniquement consenties s’étaient allongées d’une
trentaine d’autres. Les deux rôles en costumes qui le flanquaient
jouaient le sablier. Je trouvais l’heure venue pour offrir mes cadeaux.
Au ministre de l’intérieur adepte des solutions disciplinaires :
Surveiller et punir de Michel Foucault ; au catholique qui confesse
que, de temps en temps, la messe en famille l’apaise : L’Antéchrist de
Nietzsche ; pour le meurtre du père, le chef de la horde primitive :
Totem et tabou de Freud ; pour le libéral qui écrit que
l’antilibéralisme c’est « l’autre nom du communisme » ( il dit n’avoir
pas dit ça, je sors mes notes et précise le livre, la page…) :
Qu’est-ce que la propriété ? de Proudhon. Comme un enfant un soir de
Noël, il déchire avidement. Il ajoute : « j’aime bien les cadeaux ».
Puis : « Mais je vais donc être obligé de vous en faire alors ? »…
Comme prévu.
Dans l’entrebâillement de la porte de son bureau, la tension est
tombée. Qui prend l’initiative de dire que la rencontre se termine
mieux qu’elle n’a commencé ? Je ne sais plus. Il commente : « Normal,
on est deux bêtes chacun dans notre genre, non ? Il faut que ça se
renifle des bêtes comme ça… ». Je suis sidéré du registre :
l’animalité, l’olfaction, l’odorat. Le degré zéro de l’humanité donc.
Je le plains plus encore. Je conçois que Socrate le plongerait dans des
abîmes dont il ne reviendrait pas… Du moins : dont l’homme politique ne
reviendrait pas. Ou, disons le autrement : dont l’homme politique
reviendrait, certes, mais en ayant laissé derrière lui sa défroque
politique pour devenir enfin un homme.
Alors que ses cerbères le prennent presque par la manche, il manifeste
le désir de continuer cette conversation, pour le plaisir du débat et
de l’échange, afin d’aller plus loin. Tout de go, il me propose de
l’accompagner, sans journalistes – il fait un mouvement de bras dans la
direction des comparses de Philosophie magazine comme pour signifier
leur congé dans un geste qui trahit ce qu’il pense probablement de
toute la corporation… Je refuse. Une autre fois ? Les deux amis ont
leurs deux paires d’yeux qui clignotent comme des loupiotes…Voyons donc
pour plus tard… Dernier mot de Nicolas Sarkozy en forme de lapsus, il
est mouvement vers la sortie : « Je suis quand même un drôle de type,
non ? Je dois convaincre soixante-cinq millions de français, et je vous
dis, là, que je voudrais continuer la conversation ! Hein ? Non ? Il
n’y a pas autre chose à faire ? Quand même… ». Soixante-cinq millions
c’est le nombre des français à convaincre d’amour, pas celui des
électeurs à convaincre de voter…
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alejandro
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MessageSujet: Re: "LE CERVEAU D'UN HOMME DE DROITE" par Michel ONFRA   Jeu 19 Avr - 16:54

C'est assez concordant avec tout ce que l'on entend sur lui.
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