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 L'Ecole de la chair de Mishima

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Dona
Invité



MessageSujet: L'Ecole de la chair de Mishima   Sam 16 Oct - 11:35

J'ai lu "L'Ecole de la chair" de Mishima. Je suis encore en train de chercher la signification ou plutôt les significations psychologiques entres autres, propres aux personnages et que le roman continue de forer dans mon esprit. En bref, il s'agit d'une histoire d'amour entre deux japonais, dans les années cinquante. La femme s'est occidentalisée à l'extrême, l'homme pas encore. Concisément: comment un jeune merdeux dans les 20 ans peut-il sincèrement aimer une femme dans les quarante? Il s'agit d'une sorte de roman d'initiation, moins lettré qu'un roman du 19ème sur le même sujet, moins vulgaire qu'un roman populaire qui s'approprierait un thème somme toute facile et dont le raffinement porte bien sur l'inextricable réseau de sentiments et des actes qu'ils conduisent. Fascinant la manière dont la femme perçoit chez le jeune homme une pureté d'airain- c'est une sorte de fantasme: un enfant corrompu par la société que l'amour d'une femme mûre peut sauver- par surcroît il se trouve qu'il est jeune, très beau, très intelligent, un éphèbe sarcastique pour le résumer.
Fascinant aussi comme tout se défait, tout se révèle, à l'aune de différents compromis que la femme mûre accorde à son très jeune amant: comme il s'agit d'un barman gay et prostitué, elle l'arrache d'abord à ce milieu glauque ; elle l'installe chez elle, l'entretient en somme puis finit par l'inscrire à l'université l'ayant encouragé à reprendre ses études abandonnées antérieurement. Puis vient le temps de compromis sentimentaux: jugeant que le jeune homme ne peut être une possession personnelle, elle autorise le fait qu'il ait des liaisons en dehors d'elle- pensant que le garder jalousement ne ferait que hâter la rupture de ce couple atypique. Dans ce jeu malsain, tout se mue en rancune, en mutisme, en trahisons.
En réalité, le gamin est pourri comme tous ces jeunes autres que l'ambition, la possession, le goût de l'argent et de la fête ont corrompus. La femme, quant à elle, subit intérieurement la dégradation et même la déchéance sentimentale que peut apporter un amour bafoué, mal partagé, trop compromis. Elle-même ayant rompu avec le modèle traditionnel de la femme orientale se trouve quelque peu piégée par le jeu des libertés qu'elle s'était octroyé.
C'est universel mais ici raffiné; pas de passion torride ou pathétique, le style se place sous l'égide des "blancs", du non-dit qui laissent parfois s'infiltrer dans l'imaginaire du lecteur toutes les affinités ou références qu'il pourrait lui-même posséder. En réalité, dans un Japon occidentalisé, les valeurs et codes moraux sont déjà les mêmes que les nôtres et il est aisé de s'identifier aux personnages comme d'y reconnaître le fonctionnement de certaines sociétés. Un regard assez morose sur l'Empire du soleil levant gangréné par la modernité.

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