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 Sade : Les 120 journées

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MessageSujet: Sade : Les 120 journées   Mer 26 Jan - 13:52

Après avoir lu Ernestine du même auteur, je me suis dit que ça ne convenait pas à l'idée que je me faisais de lui et qu'il fallait que j'attaque par quelque chose de "fort". Je n'ai donc rien trouvé de mieux que d'acheter il y a 2 jours "Les 120 journées de Sodome". Pas encore terminé mais je reviendrai vers vous d'ici quelques jours pour vous en donner mes impressions et recueillir celles des lecteurs de cet auteur.

A bientôt.
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Croustine
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Mer 26 Jan - 22:59

Effectivement c'est pas le plus soft ! :lol:

Mais attention, le compte-rendu devra l'être, lui. OK ?
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Hématite
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MessageSujet: Re: Sade   Jeu 27 Jan - 0:03

Salut Afi!


Méfie-toi, il paraît que Sodome est trashissime.

Je n'ai lu que "Justine ou les malheurs de la vertu". Ca n'était pas aussi hardcore que "American Psycho" mais c'était quand même bien salé. L'héroïne, Justine, est une orpheline jeune, belle, et malheureusement plutôt naïve. Vertueuse, la bonté et la confiance qu'elle tente de montrer envers son prochain la conduisent à tomber dans les filets de nombreux "gros pervers" malintentionnés et plutôt lubriques dans leur genre. Elle ne s'échappe de l'emprise d'un bourreau que pour tomber sur un autre encore pire (il y a d'ailleurs un côté répétitif là-dedans, mais je pense que c'est voulu: le lecteur se sent enfermé dans un cycle).
Ce qui peut atténuer peut-être le choc des scènes, c'est le vocabulaire XVIIIe. Les actes sexuels sont décrits avec abondance de détails mais toujours dans une langue enjolivée de métaphores et d'images.

En fait, ce que j'ai trouvé cruel, ce n'est pas tant les scènes décrites (même si, en tant que lectrice féminine, il m'est impossible de ne pas être "frappée" en lisant des scènes de viol) que la cruauté de certains propos. Attention, je ne parle pas de cruauté en jugeant Sade, la morale n'a que faire là-dedans. Simplement, lorsqu'on lit Sade, la volupté se place du côté du bourreau, et c'est assez perturbant. Je me souviens d'un passage où l'un des "pervers" à la merci desquelles se retrouve Justine dit qu'il préfère voir ses partenaires hurler de douleur que de plaisir, parce que le plaisir de l'autre ne lui fait ni chaud ni froid et que la douleur, elle, ne se simule pas; il y aurait une sorte de sentiment de puissance assez jubilatoire à la déclencher.
Certaines phrases sont extrêmement dures. Je crois que la phrase qui m'avait le plus horrifiée, plus que n'importe quelle scène, c'est lorsque l'un des personnages (Rodin, je crois) parle à un complice de son voeu de tuer sa propre fille, Rosalie (la malheureuse étant déjà la victime de ses viols). Le complice, aussi tordu que Rodin, est partant mais s'étonne quand même, ça n'ennuie pas Rodin de tuer sa Rosalie? Rodin répond avec mépris quelque chose du genre: "Tu dis cela parce qu'elle est ma fille? bah! elle n'est qu'un peu de semence éclose, c'est tout".
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alejandro
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 27 Jan - 0:18

De Sade je ne connais que Philosophie dans le boudoir. Il est peu question de viol et de torture (tout juste un petit peu vers la fin), mais je ne garde pas le souvenir d'un langage enjolivé de métaphores. Ce qui était un peu surprenant était un certain décalage de vocabulaire, par exemple "baiser quelqu'un" c'était tout simplement l'embrasser.

Sinon, on proclamait le libertinage au nom des valeurs de la République.

J'ai commencé American Psycho. J'en donnerait des nouvelles.
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Croustine
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 27 Jan - 0:23

Eh oui, c'était l'époque où un con était une jolie chose rabbit
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 27 Jan - 8:42

Ai terminé le bouquin hier. Trash c'est en effet le moins que l'on puisse dire. Ecoeurant.

Je reviendrai vers vous d'ici peu pour vous faire un compte rendu.

@ Croustine
Aucun problème, ce compte rendu sera soft D

Bonne journée à tous
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hermes
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 27 Jan - 10:45

Commençons.

J'adore Sade. Non pas pour ce qu'il dépeint. Mais plutôt pour sa vision philosophique et sociale. Disons, pour faire simple que Sade annonce Nietzsche.

Une fois que l'on a dit ceci, on a rien dit. D'abord, il faut relativiser cet ecoeurement. Oui c'est trash si tu imagines ce qui est décrit. Mais contrairement à la légende Sade était tout sauf un sadique.

Le terme "sadisme" est une pure invention retrospective d'esprits faibles qui n'ont pas saisi l'intention sadienne. Sade a passé toute sa vie en prison. Chose étrange, il joua un rôle assez clef lors de la révolution bien que noble. Il ne contribua cependant nullement à augmenter l'horreur alors qu'il l'aurait tres bien pu.

Enfermé, emprisonné, Sade composa la majeure partie de son oeuvre entre quatre murs. D'où son dégout pour un ordre social qu'il estimait jugulé et manipulé par les ordres et les instances en place (Bourgeoisie, clergé, noblesse et justice). Ce monde tel que défini par l'ancien régime, Sade ne pouvait plus le souffrir.

Et par conséquent, il s'opposait également à l'idéologie qui avait permis cet accouchement : la doctrine rousseauiste ainsi que les "Lumières". Sade, comme le montre excellement bien Adorno, fut le premier a proposé des "Lumières noires" et donc à montrer le côté obscur de la Raison.

Les mutilations ne sont finalement que l'aboutissement de l'utilisation d'une raison folle ne cherchant plus qu'à assouvir ses propres désirs de puissance pour s'auto-prouver qu'elle est bien la meilleure, la plus forte et qu'elle domine toutes les ressources naturelles.

(suite plus tard)

H.
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vilain
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 27 Jan - 11:11

Citation :
Le terme "sadisme" est une pure invention retrospective d'esprits faibles qui n'ont pas saisi l'intention sadienne.

J'aime toujours beaucoup cette façon qu'a "Monseigneur" de traiter de "faibles" ceux qui ne sont pas d'accord avec sa façon d'analyser les choses.... D
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hermes
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Ven 28 Jan - 18:53

Désolé d'avoir mis tant de temps à reprendre.

Visiblement tout le monde s'en fout.

Mais comme je m'y suis engagé.

Sade donc a passé sa vie en reclu en prison. A la fin de sa vie, il vivait dans un asie d'aliénés et fut l'un des premiers à expérimenter une sorte de thérapie artistique en mettant en scène des fous (sur la folie et le traitement de celle-ci ainsi que sa considération, cf. Foucault).

Amusant n'est-ce pas de voir que la folie était aussi le revers, le contrepoint des "Lumières". Bref.

Donc, Sade entreprit de rédiger les 120 journées alors qu'il était une fois de plus embastillé, forcé au secret, qu'il devenait aveugle. L'histoire même du manuscrit tient du miracle.

Surveillé, Sade avait alors pu écrire sur quelques fragments de papier ce qui allait devenir une série de boulets de canon tirés.

La postérité de l'oeuvre fut assez insolite : en resurgissant d'on ne sait trop où à la fin du XIX°, les 120 journées allaient consituer un matéirau de choix pour une critique sociale : Salo allait germer dans la tête de Pasolini.

Pause. Reprise plus tard.


H.
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vilain
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Ven 28 Jan - 19:07

hermes a écrit:


Visiblement tout le monde s'en fout.

....

Sade donc a passé sa vie en reclu en prison. A la fin de sa vie, il vivait dans un asie d'aliénés et fut l'un des premiers à expérimenter une sorte de thérapie artistique en mettant en scène des fous (sur la folie et le traitement de celle-ci ainsi que sa considération, cf. Foucault).



H.

Mais non, on s'en fout pas.... D

A ce sujet, voir "Marat-Sade" de Peter Weiss

http://www.theatre-contemporain.net/spectacles/marat-sade/
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ours impatient
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Ven 28 Jan - 19:08

hermes a écrit:

Sade donc a passé sa vie en reclu en prison. A la fin de sa vie, il vivait dans un asie d'aliénés et fut l'un des premiers à expérimenter une sorte de thérapie artistique en mettant en scène des fous (sur la folie et le traitement de celle-ci ainsi que sa considération, cf. Foucault).
H.
mince alors, est-ce que Sade serait un genre de précurseur de l'art brut ?
Bon je m'échauffe, mais j'ignorais cette fin de vie.

_________________
L'éducation peut tout : elle fait danser les ours.
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hermes
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Ven 28 Jan - 19:15

vilain a écrit:
J'aime toujours beaucoup cette façon qu'a "Monseigneur" de traiter de "faibles" ceux qui ne sont pas d'accord avec sa façon d'analyser les choses.... D

Je prendrai cette remarque pour finalement mieux expliciter la relation, ténue de prime abord entre la conception sadienne de l'homme et de la politique avec celle de Nietzsche.

Le point de comparaison et la clef de voûte entre ces deux édifices conceptuels réside en ce que l'un et l'autre pense mais avec des outils théoriques différents la "volonté de puissance".

Ce qui est amusant, c'est que cette notion a donné lieu à une foule d'interprétations qui ont conduit à une mécompréhension de ce qui au départ était signifié.

La notion de volonté de puissance a été chez Nietzsche reconstruite par sa soeur, mariée à un nazillon. D'où après relecture rapide, partielle et partiale d'une collusion entre la volonté de puissance comme volonté d'écraser les inférieurs / faibles, prélude à la doctrine nazie.

Fin de l'acte 1.

L'acte devrait suivre ce WE si j'en ai le loisir...

H.
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hermes
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Ven 28 Jan - 21:09

Pour avoir une excellente bio de Sade, je ne puis que vous conseiller Le vrai visage du marquis de Sade par Jean Desbordes, disponible cherement ici.



H.
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Mawie
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Mar 8 Fév - 1:35

Bisoir Mr green

Pitite déviation mais bon, çà me fait penser à la Pianiste de Jelinek. Il y a une phrase qui me turlupine vraiment : "le vice n'est rien d'autre que l'amour de l'échec".

Je m'y reconnaîs énormément. Pas sexuellement parlant.
C'est un poncif aujourd'hui mais Bataille avait dit que le terme "diabolique" signifiait la coincidence entre la mort et l'érotisme (la petite mort)

Et l'on peut faire des choses jouissives et douloureuses sur-en soi, par la sécrétion naturelle d'endomorphine. Le masochisme donc. Et ce fameux vice-échec de Jelinek.
Faire des choses pour se sanctionner et paradoxalement ratifier ces "choses" antécédantes, pour s'homologuer comme une sous-humaine déliquescente à détruire. Ou plutôt à "décréer" comme dirait Steiner.

Hum, si vous avez compris quelque chose, c'est que çà cloche !?

Pardon pour cette glosette falote, c'est juste cette phrase de Jelinek... Si vous avez des idées herz

tibisou
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Fulmi
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Mar 8 Fév - 1:40

Lasthénie a écrit:
Hum, si vous avez compris quelque chose, c'est que çà cloche !?

J'ai rien compris, mais c'est normal, je ne sais pas lire la sténo.
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Muda
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Mar 8 Fév - 1:51

En parallèle à vos lectures de Sade, je vous suggérerais bien de lire la pièce de théâtre de Yukio Mishima "Madame de Sade"...
Intéressant le point de vue de l'écrivain japonais sur le personnage de Madame de Sade...et les questions qu'il s'est posées...et les réponses qu'il a apportées.
Mishima donne une version , une solution logique à cette interrogation: comment la marquise de Sade, qui avait montré tant de fidélité à son mari lors de ses longs emprisonnements, a-t-elle pu l'abandonner au moment où il retrouvait sa liberté?
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Mawie
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 10 Fév - 13:33

Merci ! Et en tant que femme, la phrase de Jelinek "le vice n'est rien d'autre que l'amour de l'échec" t'inspire quelque chose ? D

tibisou
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Muda
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 10 Fév - 16:40

Lasthénie a écrit:
Merci ! Et en tant que femme, la phrase de Jelinek "le vice n'est rien d'autre que l'amour de l'échec" t'inspire quelque chose ? D

tibisou


Je connais rien au vice moi... D
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Mawie
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MessageSujet: Re: Sade : Les 120 journées   Jeu 10 Fév - 18:52

Muda a écrit:
Lasthénie a écrit:
Merci ! Et en tant que femme, la phrase de Jelinek "le vice n'est rien d'autre que l'amour de l'échec" t'inspire quelque chose ? D

tibisou


Je connais rien au vice moi... D





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