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 Gaudé : Les sacrifiés

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coline
Invité



MessageSujet: Gaudé : Les sacrifiés   Sam 9 Avr - 17:22

"Les sacrifiées" de Laurent Gaudé.

On le sait ici, j’ai une passion, c’est le théâtre…Je ne suis pas la seule d’ailleurs, puisque, apparemment, si j’ai bien noté, nous sommes au moins trois à la partager, chacun à notre manière…

Pour ma part, je suis très orientée vers le théâtre contemporain, le plus méconnu sans doute du grand public Rares sont les jeunes auteurs de théâtre mis en scène. Pourtant, des écrivains de théâtre vivants, vivotant, survivant, ça court les rues et les bistrots, mais les planches, pas forcément. Et cependant le théâtre contemporain produit de purs bijoux…
J’aime ce théâtre qui ne vise pas que le divertissement mais qui est transmetteur de messages, reflets de notre société, point de départ à la réflexion…Ce qui ne veut pas forcément dire ennuyeux.

J’ai envie aujord’hui de vous inviter à lire, vous qui avez aimé « La Mort du Roi Tsongor » ou « Le soleil des Scorta » une pièce de Laurent Gaudé. Je viens de terminer de la lire, je suis subjuguée. Il s’agit de la pièce « Les sacrifiées »…

Mais qui sont donc ces « Sacrifiées » et que raconte cette pièce conçue comme un tryptique ?
Les « sacrifiées » s’appellent Raïssa, Leïla et Saïda, leurs prénoms disent leur origine . Elles appartiennent à trois générations différentes. A travers leur histoire, se raconte l’Histoire…L’Histoire de l’Algérie, depuis la guerre d’indépendance jusqu’à la montée de l’islamisme, en passant par l’émigration – comme autant de cicatrices.

Je ne voudrais pas trop dévoiler le sujet mais, j’aimerais tellement vous donner envie de lire cette pièce… Lire, une fois n’est pas coutume, une pièce de théâtre contemporain, écrite par un auteur, (Prix Goncourt cette année tout de même !), Laurent Gaudé, conteur d’histoires épiques, au langage à la fois si simple et si percutant, si fort.
Je dirais seulement que l’on retrouve ici le thème qui lui est cher : celui de la malédiction qui se perpétue.Ici, elle se décline sans cesse sous un nouveau visage : la guerre, l’émigration, la montée du fanatisme.

On découvre d’abord Raïssa en Algérie pendant la guerre d’indépendance. Maudite parce que sa mère est morte en la mettant au monde, « Fille tueuse de mère » (c'est comme ça qu’on l'appelle), elle est condamnée à mendier, à errer par les collines, ravitaillant parfois les fellagahs…

Leïla, elle, est la fille de Raïssa. Au moment de l’indépendance, Raïssa qui vient de la mettre au monde confie son bébé (je ne veux pas dire pourquoi) à un couple de harkis qui prend le bateau pour la France. Direction Nanterre… Devenue adulte, Leïla , très perturbée, entend enfin de la bouche de sa mère adoptive la vérité sur son passé. Elle décide alors de retourner en Algérie pour retrouver sa mère et tenter de refermer la blessure de l'abandon …

Quant à Saïda, c’est une jeune fille d’aujourd’hui, en Algérie … Une Algérie en pleine construction, libre mais pas complètement, où les femmes n'ont pas encore de place.
Saïda lutte pour l’émancipation de la femme : dans sa famille, son village…On la verrait bien militer au mouvement « Ni putes ni soumises »…

Et à la parole de ces trois femmes que le sort réunit dans cette histoire, s’ajoutent les chœurs des villageois algériens , des soldats français, des émigrés, des jeunes algériens d’aujourd’hui.

Sacrifiées, femmes broyées, Raïssa, Leïla et Saïda témoignent pourtant d'un immense espoir : ces femmes, si pleines d'une envie de vivre, vont se rebeller contre la malédiction. Que chacune soit déracinée, farouche ou jugée indécente, son désir n’est pourtant que de liberté.

Cette pièce est une source de réflexion ,et d'engagement en perspective, pour se battre pour un monde plus juste. Résister et prendre exemple sur le courage de ces femmes.
Les femmes algériennes, ne sont pas seulement des «sacrifiées» , elles sont aussi et plus que jamais de magnifiques résistantes à la domination patriarcale
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coline
Invité



MessageSujet: Re: Gaudé : Les sacrifiés   Sam 9 Avr - 20:38

Je pense qu'il est plus facile de lire un roman qu'une pièce de théâtre...Le faire est souvent décevant parce qu'il faut imaginer tout ce que l'auteur ne nous donne pas à voir...
C'est en même temps une chance immense quand le texte nous parle...Puisque tout n'est pas précisé, on peut se faire sa propre pièce, trouver son décor, se représenter nos personnages, les faire se déplacer, entendre leurs voix, etc...C'est une grande liberté que nous avons à le faire.
Ce qui est d'ailleurs intéressant c'est de constater comment une même pièce, mise en scène par des metteurs en scène différents, peut donner des spectacles totalement différents.
En atelier théâtre, c'est une chose qu'on expérimente, pas à partir d'une pièce mais d'un même texte distribué à tous...Il faut voir toute la variété d'interprétations que cela peut donner...Et ce, malgré le respect des didascalies de l'auteur.

Je vous parlais de la lecture d'une pièce parce que c'est un exercice que font peu souvent, même les meilleurs lecteurs... Je voudrais vous donner l'envie, pour une fois, d'en lire une...
Si vous vous laissez tenter, essayez en même temps la lecture à voix haute...
Il me plairait bien que quelques uns essaient et fassent part de leur expérience...Cette pièce se prête bien à cela...
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