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 Krishnamurti

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alejandro
Vocabulivore émerite


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MessageSujet: Krishnamurti   Sam 15 Juil - 1:58

Krishnamurti a écrit:
la Vérité est un pays sans chemin

Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent y conduire l'homme. Il lui faut la trouver dans le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l'observation et non par l'analyse intellectuelle ou la dissection introspective. L'homme s'est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances. Le fardeau qu'elles constituent domine la pensée de l'homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont là les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l'homme de l'homme. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit. Le contenu de sa conscience est cette conscience. Ce contenu est commun à toute l'humanité. L'individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l'homme acquiert au contact de son environnement. La nature unique de l'individu ne réside pas dans cet aspect superficiel, mais dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience.
La liberté n'est pas une réaction; la liberté n'est pas le choix. C'est la vanité de l'homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n'a pas de motif; la liberté ne se trouve pas au terme de l'évolution de l'homme mais réside dans le premier pas de son existence. C'est dans l'observation que l'on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.

La pensée est temps. La pensée est née de l'expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l'ennemi psychologique de l'homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l'homme se trouve toujours esclave du passé.

Quand l'homme percevra le mouvement de sa propre conscience il verra la division entre le penseur et la pensée, l'observateur et l'observé, l'expérimentateur et l'expérience. Il découvrira que cette division est une illusion. Alors seulement apparaît la pure observation qui est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé. Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical.

La négation totale est l'essence de l'affirmation. Quand il y a négation de tout ce qui n'est pas amour - le désir, le plaisir - alors l'amour est, avec sa compassion et son intelligence.

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alejandro
Vocabulivore émerite


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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Sam 15 Juil - 2:00

J'ai trouvé ce texte sur deux sites consacrés à Krishnamurti. c'est le genre de chose qui m'aurait certainement impressionné à vingt ans, mais plus maintenant.

A entendre marcel, tout ce que dit le veilleur viendrait de là. Alors, je me pose la question de savoir si c'est vraiment le cas.

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Marcel
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Lun 17 Juil - 0:34

Lorsqu'un individu parvient à percevoir le mouvement de sa conscience (qui ne lui appartient d'ailleurs pas en propre, sauf illusoirement), réellement, alors il constate la différence entre ce qu'il croyait être sa pensée, et Celui qui pense vraiment. Il s'apperçoit que sa pensée n'est pas quelque chose qui lui appartient. Il s'aperçoit qu'il n'est que la pensée, et non Celui qui pense, qu'il est avant tout l'action, et non l'Agent véritable. Dès lors, ce n'est plus un individu, justement, car il atteint ainsi un état supérieur à l'individualité. Car il y a identité entre celui qui connaît, la connaissance et ce qui est connu : c'est le principe fondamental de toute métaphysique.
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Marcel
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Lun 17 Juil - 1:01

La séparation et l'opposition du sujet et de l'objet sont toutes spéciales à la philosophie moderne. Mais chez les grecs, la séparation entre la chose et sa notion allait déjà un peu trop loin, en ce sens que la logique envisageait exclusivement les rapports entre les notions, comme si les choses ne nous étaient connues qu'à travers celles-ci. Sans doute, la connaissance rationnelle est bien une connaissance indirecte, et c'est pourquoi elle est susceptible d'erreur. Mais si cette connaissance rationnelle n'atteignait pas les choses mêmes dans une certaine mesure, elle serait entièrement illusoire et ne serait donc une connaissance à aucun degré. Si donc nous pouvons dire que nous connaissons quelque objet par voie rationnelle, c'est que la notion à laquelle cet objet renvoie est encore quelque chose de l'objet même, qu'elle participe de sa nature. C'est pourquoi la logique hindoue n'envisage pas seulement la façon dont nous conçevons les choses, mais encore les choses en tant qu'elles sont conçues par nous, notre conception étant inséparable de son objet, sans quoi elle ne serait rien de réel. La définition scolastique de la vérité comme adequatio rei et intellectus, est, en Occident, la position qui se rapproche le plus de celle de la Tradition. Aristote avait déjà posé le principe de l'identification par la connaissance, et en cela il devait poursuivre l'enseignement de son maître Platon. C'est pourquoi ces deux philosophes sont les plus intéressants pour l'Occident (les chrétiens d'une certaine époque ne s'y sont pas trompé). C'est en vertu de ce principe que, dès lors que le sujet connaît un objet, si partielle que soit cette connaissance, quelque chose de l'objet est dans le sujet et est devenu partie de son être. L'acte de connaissance est identification du sujet et de l'objet de cette connaissance, et il est aussi et par là même assimilation de l'objet par le sujet. Ainsi, il n'y a pas deux "mondes" séparés, tel que le supposent les modernes occidentaux quand ils parlent de "subjectif" et d' "objectif", ni même de "monde sensible" et de "monde intelligible" au sens où l'entendent généralement les occidentaux modernes, mais comme le disent les Arabes : l'existence est unique (wa'hdat al woujoud), et tout ce qu'elle contient n'est que la manifestation d'un seul et même Principe, l'Être universel, sous des modes multiples.
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le Veilleur
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mar 18 Juil - 0:22

alejandro a écrit:
J'ai trouvé ce texte sur deux sites consacrés à Krishnamurti. c'est le genre de chose qui m'aurait certainement impressionné à vingt ans, mais plus maintenant.

A entendre marcel, tout ce que dit le veilleur viendrait de là. Alors, je me pose la question de savoir si c'est vraiment le cas.


Je découvre ce fil seulement maintenant.
Je n'ai jamais caché ma sympathie pour la pensée de Krishamurti dont je fréquente les ouvrages depuis une quinzaine d'années. J'ai eu pendant longtemps une citation de lui en guise de signature sur ce forum. Il serait vain de ma part de nier que ma pensée a été sinon totalement transformée du moins dégagée de certains brouillards au contact de la sienne.
Mais est-il tellement important de savoir si tout ce que je dis vient de là, ou n'est-il pas plus important de voir si ce que je dis au fil des échanges que j'essaie d'instaurer entre nous (sans guère de succès la plupart du temps, je dois l'avouer) tient la route, si nous pouvons en parler raisonnablement, posément, en personnes relativement sérieuses et relativement intelligentes disposées à creuser certaines questions sans trop de préjugés, qui savent réfléchir par elles-mêmes et ne répètent pas comme des perroquets des idées toutes faites, des textes qui ne sont pas d'eux ou des théories mal digérées ?
Hormis la signature dont j'ai déjà parlé plus haut, je n'ai jamais fait usage de citations de Krishnamurti, ni ne lui ai emprunté de phrases sans le nommer; tout au plus pourrait-ton retrouver chez moi quelques mots-clefs et quelques leitmotiv qu'on rencontre chez lui; je n'ai jamais développer une pensée dont je n'étais pas suffisamment pénétré et j'ai toujours évité de parler de certaines choses dont Krishnamurti parle mais qui me dépassent.

Citation:
c'est le genre de chose qui m'aurait certainement impressionné à vingt ans, mais plus maintenant.

Ca ne ferait pas un peu fat ce genre de réflexion?
En tout cas, Il est parfois bon de retrouver la fraîcheur d'esprit de ses vingt ans...
Mais être impressionné par ce qu'il dit n'est pas ce que demande Krishnamurti; il ne demande qu'à être écouté par ceux qui le souhaitent et il les engagent à réfléchir par eux-mêmes profondément sur certains problèmes inattendus que ses entretiens mettent en évidence.

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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mar 18 Juil - 0:30

Quant aux textes de Marcel mis sous celui de Krishnamurti, je ne suis pas sûr de saisir dans quelle intention il les y a mis. Peut-être aura-t-il l'obligeance de nous éclairer ? Et, accessoirement, comme je n'y reconnais pas son style, je me permets de lui demander de qui ils sont.

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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mar 18 Juil - 3:19

le Veilleur a écrit:
Quant aux textes de Marcel mis sous celui de Krishnamurti, je ne suis pas sûr de saisir dans quelle intention il les y a mis. Peut-être aura-t-il l'obligeance de nous éclairer ? Et, accessoirement, comme je n'y reconnais pas son style, je me permets de lui demander de qui ils sont.
De qui ils sont n'a aucune espèce d'importance. Peux-tu comprendre ça ? L'intention dans lequel je les ai écrits n'a pas non plus d'importance, ce qui compte, c'est ce qui est écrit et seulement ce qui est écrit. Si je fais parfois parler Guénon à ma place, c'est parce qu'il s'exprime beaucoup mieux que moi, non parce que je ne suis pas capable de comprendre ce qu'il dit. D'ailleurs, la plus ou ou moins bonne maîtrise du langage n'est absolument pas une preuve d'intelligence, les textes de Voltaire et de Jacob Boehme sont là pour en faire la démonstration. Une idée, si elle est vraie, appartient à tous ceux qui peuvent la comprendre, et non à tel ou tel individu particulier. Car la vérité existe indépendemamment de nous, et il n'y a pas à se faire gloire de l'avoir découverte. D'ailleurs, se demander de qui est telle ou telle oeuvre est une attitude que Krishnamurti critiquait, à juste titre.
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le Veilleur
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mar 18 Juil - 22:36

Marcel a écrit:
le Veilleur a écrit:
Quant aux textes de Marcel mis sous celui de Krishnamurti, je ne suis pas sûr de saisir dans quelle intention il les y a mis. Peut-être aura-t-il l'obligeance de nous éclairer ? Et, accessoirement, comme je n'y reconnais pas son style, je me permets de lui demander de qui ils sont.
De qui ils sont n'a aucune espèce d'importance. Peux-tu comprendre ça ? L'intention dans lequel je les ai écrits n'a pas non plus d'importance, ce qui compte, c'est ce qui est écrit et seulement ce qui est écrit. Si je fais parfois parler Guénon à ma place, c'est parce qu'il s'exprime beaucoup mieux que moi, non parce que je ne suis pas capable de comprendre ce qu'il dit. D'ailleurs, la plus ou ou moins bonne maîtrise du langage n'est absolument pas une preuve d'intelligence, les textes de Voltaire et de Jacob Boehme sont là pour en faire la démonstration. Une idée, si elle est vraie, appartient à tous ceux qui peuvent la comprendre, et non à tel ou tel individu particulier. Car la vérité existe indépendemamment de nous, et il n'y a pas à se faire gloire de l'avoir découverte. D'ailleurs, se demander de qui est telle ou telle oeuvre est une attitude que Krishnamurti critiquait, à juste titre.

Alejandro ayant ouvert un fil sur Krishnamurti, on est en droit d'attendre que les posts qui suivent aient un rapport avec Krishnamurti. Il est donc tout naturel que je puisse te demander de m'expliquer quel lien tu as voulu établir avec le texte de Krishnamurti publié par Alex et les tiens qui, du reste, ne sont manifestement pas de toi.
A ce propos, je conçois très bien qu'on puisse se passer de connaître l'auteur d'un texte et que ce qui importe avant tout est le contenu de ce texte; mais il y a dans ta façon de faire à cet égard quelque chose de plus ambigu qui relève du plagiat.
Certes, la vérité n'appartient à personne, mais la façon de l'exprimer, si; et cette façon de l'exprimer, quand elle est personnelle, montre au moins qu'on s'est efforcé de penser par soi-même.

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le Veilleur
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mar 18 Juil - 23:09

Marcel a écrit:
se demander de qui est telle ou telle oeuvre est une attitude que Krishnamurti critiquait, à juste titre.


Voici le début d'un entretien que Krishnamurti eut avec un journaliste bavard, assez vaniteux et un peu vantard. Ce journaliste indien admirateur de Krishnamurti s'appelait Prasad.

"PRASAD - A chaque époque surgit un être exceptionnel. Celui-là creuse un puits, étanche sa soif et partage l'eau avec les autres. Puis, il passe son chemin. Mais ses "disciples" ne font pas le moindre effort pour creuser à leur tour -et le puits finit par s'assécher. Alors, ils construisent un sanctuaire à cet emplacement et le transforment en lieu de culte. Pourquoi n'ont-ils pas la volonté de creuser par eux-mêmes ? Est-ce là le destin de l'humanité?

ACHYUT PATWARDHAN - Voilà une excellente question.

KRISHNAMURTI - (il regarde le visage de l'interviewer d'un air incrédule, comme s'il lui semblait impossible qu'un journaliste puisse avoir de telles préoccupations.*) C'est effectivement une excellente question. (De façon pénétrante). Mais en êtes vous l'auteur?"

Le refus de penser par soi-même, voilà ce que fustigeait surtout Krishnamurti. Il ajoute d'ailleurs un peu plus loin dans cet entretien :

"L'homme a été conditionné à mettre ses pas dans les traces des autres. Et dans ce conformisme, qui répond à son désir profond, il se trouve en sécurité. Nous ne voulons pas penser par nous-même, car on nous a appris ce qu'il faut penser - et non comment penser. La société, notre éducation, notre religion nous ont encouragés à imiter, à obéir - bref, à nous conformer."

Comment penser et non quoi penser est la clef de voute de l'enseignement de Krishnamurti. En quoi, il n'est pas un gourou.

* (ce commentaire est de Prasad lui-même)

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Marcel
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mer 19 Juil - 0:22

Une idée est bien plus importante que la façon de l'exprimer, mais il faut savoir le faire correctement, ce qui est assez difficile pour moi, parce que certaines des idées auxquelles je m'intéresse sont asssez complexes et que je ne trouve pas toujours les mots adéquats pour les formuler. Cela n'est pas à dire que je ne les comprends pas, puisque il arrive même que certaines de ces idées font ou on fait pour moi l'objet d'une expérimentation directe. Je préfère faire s'exprimer Guénon parce que je ne suis pas aussi doué que lui pour exprimer certaines choses ; mais les idées qu'il développe dans les livres signés de son nom ne m'étaient pas toutes inconnues lorsque j'en ai commencé la lecture. Tout cela dit, je crois que tu as raison quand tu dis qu'il faut être capable d'exprimer son propre raisonnement ou de paraphraser un auteur avec d'autres mots que les siens. Toutefois, il me semble que tu accordes une importance exagérée à ce type d'exercice, cela relève d'une mentalité scolaire, même si ce n'est certes pas sans intérêt.

Tu serais peut-être surpris si tu savais dans quelle mesure je me suis aidé des textes écrits par Guénon dans mes deux premiers posts au début de ce fil. Des tas d'individus n'ont pas acquis suffisamment d'aisance avec la langue écrite pour formuler leur pensée avec élégance, cela ne les empêche pas d'exprimer parfois des choses très pertinentes, même si c'est dans une mauvaise syntaxe. En fait, j'accorde sans doute trop d'importance à la bonne maîtrise du langage, mais presque tout le monde est dans ce cas, ce qui ne m'empêche pas d'avoir les idées claires sur certains sujets. Il est vrai que certains confondent cette maîtrise du langage avec la faculté de penser correctement, souvent parce qu'ils n'ont que des idées relativement simples à exprimer. Il m'arrive aussi d'écrire n'importe quoi parce que je suis trop pressé de répondre à certains posts (ça peut être une qualité dans certaines circonstances, mais pas ici, évidemment). Ainsi, je réponds du tac au tac sans mûrir ma réflexion, et je regrette ensuite ce que j'ai écrit, m'apercevant que c'est confus et même parfois inepte. C'est que je ne voudrais pas donner l'impression d'être pris de cours ou de botter en touche, même si c'est le cas parfois. Mais c'est une erreur de ma part, erreur qui s'enracine dans mon caractère. Comme le dit Schopenhauer, il arrive qu'on ne trouve pas quoi répondre à son adversaire dans un débat, mais cela ne veut pas dire qu'on ait tort, seulement que nous ne trouvons pas le bon argument au bon moment. Certes, ce bon argument peut nous venir à l'esprit plus tard, et un forum de discussion permet de prendre le temps de la réflexion pour répondre au mieux aux objections qu'on nous fait : je ne prends bien souvent pas le temps de cette réflexion et cela me conduit à des dire des bêtises que je remarque un peu tard. Mais corriger ce défaut n'est pas une priorité pour moi, car lorsque l'enjeu de l'écriture est plus sérieux que de convaincre une poignée d'internautes sur un forum, je sais faire preuve de circonspection. Cela dit, il serait en effet plus sage de changer d'attitude face aux arguments qu'on m'oppose ici, c'est pourquoi j'ai l'intention de ne pas me précipiter à l'avenir.

P.S : en écrivant ce post, je me suis rendu compte que je savais exactement ce que je voulais dire, que c'était très clair dans mon esprit ; mais aussi que je n'ai pas toujours trouvé l'expression adéquate pour me faire comprendre d'autrui. Cela confirme ce que je pense depuis longtemps : ne pas savoir exprimer certaines idées ne signifie pas qu'elles sont floues dans notre esprit, il arrive à tout le monde, je crois, de rechercher un mot pour exprimer une idée bien précise tout en ayant du mal à le retrouver. Il m'arrive aussi (je ne sais pas si c'est le cas pour les autres) de sentir confusément qu'un raisonnement comporte des défauts et qu'il est possible d'y objecter quelque chose, mais je ne sais pas exactement quoi et, comme je l'ai dit plus haut, je réponds trop vite. Ceci dit, il ne faudrait pas s'exagérer l'ampleur de ce que je viens de dire, en ce qui me concerne : il arrive aussi que je trouve des arguments très pertinents (soit dit sans vanité ni fausse modestie) et qui ne semblent pas convaincre mes contradicteurs, soit parce que ceux-ci sont de mauvaise foi, soit parce qu'ils ne peuvent pas saisir la portée des arguments en question, ou encore pour d'autres raisons qui ne me viennent pas à l'esprit, là, maintenant, ou que j'ignore faute de réflexion ou de connaissance des motivations de certaines personnes. Cela dit, on ne devrait pas, à mon avis, sous-estimer l'importance de la mauvaise foi. Il arrive que certaines personnes ne soient pas tout à fait conscientes de leur malhonnêteté intellectuelle, parce que, convaincues qu'elles sont dans le vrai, ayant adopté une opinion depuis longtemps et pensant y avoir suffisamment réfléchi, elles n'osent pas s'avouer à elles mêmes qu'elles peuvent faire des erreurs grossières. C'est que l'être humain est limité intellectuellement et bourré d'imperfections que n'arrangent pas le fait qu'il ait un ego qui se manifeste bien souvent avec force. Il arrive aussi que certaines personnes soient convaincues d'avoir raison sur tel ou tel sujet en raison d'un sentiment profondément ancré chez elles, sentiment qu'elles ont entretenu soigneusement par un parti pris le plus souvent inconscient ; cela peut provenir de l'éducation qu'elles ont reçue, d'une expérience agréable ou désagréable qui engendre une attitude hostile ou favorable à certaines idées, cette attitude faisant ensuite l'objet d'une "rationalisation" dont elles sont incapables de s'affranchir à cause d'une lucidité trop faible. En tout cas, il y a certaines choses dont je suis absolument certain, et ce parce que je les ai découvertes "empiriquement", en quelque sorte, et non de façon inductive. Ceux qui seraient tentés d'opposer cet "empirisme" à la méthode inductive pour valoriser cette dernière doivent bien faire attention que je parle des choses elles-mêmes, et non de leur explication, de leurs causes. D'ailleurs il faut bien remarquer que la méthode inductive ne nous donne pas davantage de certitudes sur les causes des phénomènes que ne le fait la méthode empirique proprement dite. Je suis tout aussi certain en ce qui concerne certaines réponses rationnelles à des questions qui relèvent de cet ordre, comme par exemple la réponse à la question de savoir si un segment de ligne droite peut être constitué ou non d'une "infinité" de points. Dans ce dernier cas, je suis sûr de ma réponse parce que la méthode utilisée est déductive, et non inductive, et que cette méthode, comme l'a très bien démontré Aristote, ne peut laisser aucun doute sur les conclusions qu'elle permet.


Post sciptum final :

Dans le présent post, je me suis efforcé de ne pas avoir recours aux textes des autres, et je crois être parvenu à communiquer ma pensée avec clarté et précision tout en m'étant tenu à cette résolution. Ce faisant, j'ai utilisé des idées qu'on trouve chez Schopenhauer, Guénon et Ananda Coomaraswamy, mais aussi des idées qui me sont "personnelles" (si tant est qu'une idée puisse être personnelle), et cela sans faire de contresens ou trahir ces auteurs, il me semble, ni utiliser une manière d'exprimer ces idées qui ne me soit propre. Je pense que le fait que je sois debout depuis dix sept heures, et donc que j'ai l'esprit encore assez frais à l'heure où j'écris ces lignes, n'est pas pour rien dans ce résultat, que je laisse au soins de chacun d'apprécier.
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alejandro
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mer 19 Juil - 0:28

Penser par nous-mêmes, cela me paraît un excellent programme. Il y a juste quelques petites questions qui se posent.

Pour commencer, l’objet de cette réflexion. Nous ne pouvons pas juste penser, il nous faut bien penser à quelque chose. Il y a quelques années, je pensais beaucoup aux relations entre les hommes et les femmes, et plus généralement, au rapport entre le masculin et le féminin, arrivant même à m’interroger sur la pertinence de cette opposition. Le Saut de Sandra n’est d’ailleurs pas étranger à ces questions. Il me semble que chacun essaye de développer des pensées personnelles (sauf peut-être, à ce qu’il dit, le capt’ne marcel, mais c’est un cas à part), seulement, une question comme celle-là, elle n’arrive pas toute seule, comme ça ; la question elle-même, et la façon de la poser, sont conditionnées par un certain nombre de choses, dont notre expérience, laquelle expérience ne se fait pas dans le vide, mais est liée à un lieu et à une époque, avec ses particularismes culturels. Une question sur le masculin et le féminin posée de cette façon suppose par exemple que l’on considère comme acquis l’égalité entre les hommes et les femmes, ce qui n’a pas toujours été le cas dans l’histoire et, aujourd’hui encore, ce n’est pas le cas partout.

De même, il nous faut bien penser avec quelque chose. Il nous faut notamment un langage, avec des mots, une grammaire, une syntaxe, sans laquelle aucune pensée n’est possible. Or, nous savons depuis Derrida (quoiqu’on devait quand même s’en douter depuis pas mal de temps déjà) que le langage n’est pas neutre. Je peux t’assurer que penser en espagnol ce n’est pas pareil que penser en français, et rien n’est plus bizarre que de tenter de traduire une pensée conçue en un langage vers un autre langage ; je n’ose pas imaginer l’écart entre une pensée en une langue latine et, par exemple, et une pensée en mandarin. On imagine mal dès lors « penser par soi-même » puisque le fait de penser en telle ou telle langue induit déjà un schéma de pensée. De même, vivre dans la nature ou en ville, exercer tel ou tel métier, ou être enfant unique ou avoir de nombreux frères et sœurs façonnent la compréhension que nous avons du monde, et donc, notre façon de penser. Rien que le fait d’être une espèce sociale (comme les loups mais contrairement aux tigres), omnivores ou encore bipèdes façonnent la place que nous nous attribuons dans le monde, et par-là, la justification de cette place. Ainsi, par exemple, le jeux d’oppositions dans notre façon de classer le monde a certainement un lien avec notre morphologie ; bien que ces oppositions puissent nous paraître tout ce qu’il y a de plus naturel. Au point que, par exemple, le capt’ne marcel va jusqu’à croire que les oppositions que nous projetons sur le monde constituent une vérité métaphysique.

On peut encore ajouter que sauf à vouloir réinventer la roue tous les matins, nous sommes bien obligés de prendre des enseignements, de nous laisser guider, de nous laisser influencer par des penseurs qui ont, par le passé, ou même actuellement, balisé la route.

Nous sommes pourvus d’un libre arbitre, et dans une large mesure, nous avons la liberté de penser. Mais il me semble que cette liberté n’a rien d’absolu ; « penser par nous-mêmes » tient pour beaucoup de l’utopie.

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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mer 19 Juil - 0:52

@ Marcel

Sans méchanceté aucune …

Tu as l’air sincèrement surpris que l’on ne te suive pas dans ce que tu dis. Cela tient à ce que tout ce que tu dis ne repose pas sur un raisonnement mais sur des affirmations telles que, de mémoire, « il y a une vérité au-dessus de la raison » « la tradition dit vrai » « les modernes, ne sachant pas réfléchir comme les anciens de la tradition, ne comprennent rien à rien » « le salut et la délivrance » etc. etc. etc. Et tout ça, agrémenté d’un « si vous n’acceptez pas ce que je dis c’est que vous n’êtes pas capables de voir la vérité, » ce qui n’est pas sans provoquer un agacement certain.

Ce sont des choses qu’un élève subjugué par le charisme de son maître peut à la rigueur accepter, alors qu’ici on est là pour discuter et non pour recevoir une initiation spirituelle et moins encore de leçons ; et, sans vouloir t’offenser, personne ici ne te considère comme son maître. Quant aux expériences que tu dis avoir faites, là encore sans vouloir mettre en cause ta sincérité, il y a que les consommateurs de LSD et d’amphétamines peuvent en dire autant.

Ce qui est surprenant c’est que tu t’offusques de ce qu’on accepte pas tes arguments alors que pour les accepter il faudrait avoir une confiance aveugle et inconditionnelle soit en toi, soit dans les gens que tu cites. Alors, keep cool, man, ne t’excite pas, continue ton chemin si ça te chante, les autres en ont d’autres, des chemins.

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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mer 19 Juil - 3:07

alejandro a écrit:
Tu as l’air sincèrement surpris que l’on ne te suive pas dans ce que tu dis. Cela tient à ce que tout ce que tu dis ne repose pas sur un raisonnement mais sur des affirmations telles que, de mémoire, « il y a une vérité au-dessus de la raison » « la tradition dit vrai » « les modernes, ne sachant pas réfléchir comme les anciens de la tradition, ne comprennent rien à rien » « le salut et la délivrance » etc. etc. etc.
Oui, c'est vrai, je reconnais que c'est très léger. Mais attendons la suite de mes réponses à ton post...
Citation:
Et tout ça, agrémenté d’un « si vous n’acceptez pas ce que je dis c’est que vous n’êtes pas capables de voir la vérité, » ce qui n’est pas sans provoquer un agacement certain.
En fait, non, je ne dis pas exactement ça (sauf dans le cas des discussions que nous avons eu sur certaines notions de géométrie, où là il y a effectivement une incapacité de certains à comprendre certaines choses. Cela tient au fait que les humains, contrairement au discours à la mode en ce moment, n'ont pas tous les mêmes aptitudes intellectuelles, de même qu'ils n'ont pas tous les mêmes capacités physiques. Mon père, pour ne citer que lui, refuse par exemple de me suivre quand j'affirme la validité de certaines religions, en revanche, il comprend fort bien qu'un segment de ligne droite ne peut pas plus être constituée d'une "infinité" de points qu'une assiette ne peut tomber au sol et se briser tout en passant par une "infinité" de positions successives dans l'espace, cela ne fait aucune difficulté pour lui, et il semblerait que ce ne soit pas le cas pour d'autres). Cela dit, je me suis sans doute mal exprimé ou je n'ai pas fait les efforts nécessaires pour me faire bien comprendre ; Guénon a consacré deux volumes de près de deux cent pages chacun à l'initiation spirituelle, surtout pour écarter les mauvaises interprétations qu'on pourrait faire de certaines idées à ce sujet. Je ne dis pas, donc, que ceux qui ne sont pas d'accord avec moi ne sont pas capables de voir ou de reconnaître la vérité (bien que ça puisse arriver pour certaines questions, comme je l'ai fait remarquer dans ma première parenthèse, mais pas en ce qui concerne l'initation et la vérité de la Tradition, d'origine supra-humaine et par conséquent inaccessible à la seule raison, à la mienne comme à celle des autres, mais la raison n'est pas l'entendement, ce qui est inaccessible au discours rationnel peut être accessible à l'entendement, moyennant une expérience spirituelle qui ne recourt que faiblement à la raison). Ce que je dis, c'est que pour que vous soyez convaincus de ce que je dis, il faut que vous tentiez certaines expériences avec succès. Il faut donc deux choses : 1/ avoir la volonté de vérifier ce que je dis ; 2/ avoir les aptitudes requises pour tenter l'expérience dont je parle avec succès, ce qui n'implique pas des qualités exclusivement intellectuelles. Mais il est bien évident que je ne peux pas démontrer par un discours que ce que je dis est vrai, je ne peux pas prouver par A + B, en faisant des syllogismes, ce que j'affirme. Même s'il m'est arrivé d'essayer, je me rends bien compte que cette entreprise est vaine dans la plupart des cas, non en raison d'une déficience intellectuelle de mon auditoire, mais parce que certaines des personnes auxquelles je m'adresse ont reçu une éducation rationnaliste qui leur fait nier ce qui ne peut s'expliquer rationnellement. Or il existe des choses bien réelles que la raison est incapable d'expliquer, c'est là un fait d'expérience courante pour un grand nombre de gens. Par exemple, si je disais à certaines personnes que la sorcellerie fonctionne (parfois très bien), elles me riraient au nez et me demanderaient comment c'est possible, et la réponse que je leur ferais alors ne pourra les satisfaire, parce que ce n'est pas par des procédés de déduction ou d'induction que s'explique ce type de phénomènes. La seule chance que ces personnes ont de me croire, c'est de constater par elles-mêmes que je dis vrai, d'observer les phénomènes en question à l'oeuvre, et non de de réfléchir à la question, ce qui ne mènerait nulle part.
Citation:
Ce sont des choses qu’un élève subjugué par le charisme de son maître peut à la rigueur accepter, alors qu’ici on est là pour discuter et non pour recevoir une initiation spirituelle et moins encore de leçons ; et, sans vouloir t’offenser, personne ici ne te considère comme son maître.
Il est fort heureux que personne ici ne me considère comme "son maître", puisque je n'en ai pas les compétences. Je suis conscient du fait que personne sur Vocabulis n'y vient pour s'informer sur l'initiation, mais dès lors qu'on discute de certaines choses, je suis bien obligé de dire ce que j'en pense et pourquoi je les pense.
Citation:
Quant aux expériences que tu dis avoir faites, là encore sans vouloir mettre en cause ta sincérité, il y a que les consommateurs de LSD et d’amphétamines peuvent en dire autant.
Certes, les consommateurs de drogues font des expériences "intérieures". Mais ces expériences n'ont rien de comparable à l'expérience de la connaissance métaphysique, même à un faible degré, parce que, d'une part, les moyens mis en oeuvre pour parvenir à un quelconque degré de cette connaissance sont parfaitement naturels, d'autre part, les états que provoquent la consommation de drogues sont surtout physiologiques et psychologiques, alors que les "états" de connaissance métaphysique n'affectent en rien la physiologie des personnes qui les atteignent et il ne s'agit pas non plus pour elles d'avoir des visions ou encore des émotions peu ordinaires, ni même de se comporter d'une manière curieuse ou d'avoir des pensées confuses ou étranges. Il s'agit, dans le cas de la connaissance métaphysique, de s'élever à un degré de conscience supérieur, qui ne laisse d'ailleurs aucune séquelle physique ou psychologique les distinguant des autres personnes n'ayant pas atteint des états de conscience. L'état d'un soufi ou d'un jivan-mukta (ce qui signifie la même chose, l'un des termes étant arabe et l'autre sanscrit) peut passer totalement inaperçu, ces personnes réalisées (je ne dis pas "ces individus", car ils ne le sont plus que corporellement) peuvent vivre en société sans que personne ne puisse soupçonner qu'ils ont atteint l'état qu'ils ont atteint. Ils ne peuvent se reconnaître entre eux que lorsqu'ils font allusion à certaines choses qui ne peuvent être connues que d'eux seuls (je dis bien "faire allusion" à certaines choses, et non discourir sur elles), ou alors, ils peuvent parler avec une grande assurance de la connaissance en tant qu'identification aux objets de connaissance, mais alors cela ne prouve pas qu'ils ont atteint l'ultime degré de la connaissance.
Citation:
Ce qui est surprenant c’est que tu t’offusques de ce qu’on accepte pas tes arguments alors que pour les accepter il faudrait avoir une confiance aveugle et inconditionnelle soit en toi, soit dans les gens que tu cites.
En fait, je m'offusque du fait qu'on accorde autant d'importance au raisonnement individuel : il suffit de lire n'importe quel forum de discussion pour s'apercevoir que les gens ne tombent que rarement d'accord entre eux ; il suffit de survoler l'histoire de la philosophie occidentale pour s'apercevoir qu'il y a presque autant de systèmes philosophiques différents qu'il y a de philosophes, ces philosophes se contredisant la plupart du temps les uns les autres. Dans ces conditions, comment la raison pourrait-elle être un critère de vérité dans certains domaines ? On a l'impression qu'il s'agit d'une sorte d'amusement qui consiste à confronter des idées pour le simple plaisir de les confronter, sans qu'on s'attende à ce que cela puisse aboutir à une conclusion définitive. Comme le faisait remarquer Guénon, le travail des philosophes est surtout négatif, ils argumentent très bien contre leurs adversaires et réussissent à renverser leurs arguments en faveur d'une thèse, mais lorsqu'ils veulent remplacer ces thèses qu'ils ont détruites par d'autres, ces thèses nouvelles sont à leur tout renversées par d'autres arguments provenant d'autres philosophes, et ainsi de suite... Kant s'en est bien aperçu et a fort justement critiqué la raison dès lors qu'elle s'aventure dans des domaines où elle perd pied (qui sont nombreux, mine de rien), il en est finalement venu à la conclusion qu'il était impossible d'atteindre la vérité à propos de certaines choses, et cela parce qu'il n'envisageait rien au-dessus de la raison. Ce que dit la Tradition, et qui se vérifie, c'est qu'il est possible d'atteindre ces vérités par une démarche autre que rationnelle.
Citation:
Alors, keep cool, man, ne t’excite pas, continue ton chemin si ça te chante, les autres en ont d’autres, des chemins.
Ouais, je dis pas le contraire... Mais il est clair qu'ils ne savent pas où ces chemins les mène (au mieux, nulle part).
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Marcel
Invité



MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mer 19 Juil - 3:16

"Penser par soi-même" ? Il y aurait beaucoup à dire à ce sujet. je n'en ai pas le temps ni l'envie. Disons simplement que quand on pense "par soi-même", on ne pense jamais que ce qu'on est capable de penser, fusse-t-on très intelligent, et c'est bien peu de chose. En plus, il faut ajouter à cela les personnes qui ne peuvent s'empêcher de laisser leurs sentiments prendre le dessus sur leur réflexion, ceux qui ne sont pas très intelligents et qui ne pensent que des conneries (j'en connais) en croyant qu'il peuvent donner leur avis sur tout et n'importe quoi à cause des idées "démocratiques" qu'on leur a inculquées, ceux qui ne sont pas honnêtes avec eux-mêmes, ceux qui n'ont pas les éléments pour conduire une réflexion suffisamment approffondie parce qu'ils n'ont reçu qu'une demi-instruction et qu'on les a confortés dans l'idée qu'ils peuvent tout comprendre moyennant une certaine "culture générale" qui est bien souvent trop pauvre, etc.
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alejandro
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MessageSujet: Re: Krishnamurti   Mer 19 Juil - 4:52

Marcel a écrit:
Mon père, pour ne citer que lui, [...] comprend fort bien qu'un segment de ligne droite ne peut pas [...] être constituée d'une "infinité" de points


La prochaine fois que tu verras ton père, tu lui expliqueras de ma part, s'il te plaît, que les lignes, les segments et les points sont des constructions abstraites qui dépendent des définitions que les mathématiciens leur ont données et non d'une réalité observable et mesurable. Tu ne manqueras pas de lui dire que si dans le monde réel on aura bien du mal à trouver des grandeurs infinies ou infiniment petites à proprement parler, on considérera certaines grandeurs comme infinies ou infiniment petites si elles sont très grandes ou très petites par rapport à l'objet considéré; par exemple, à échelle de la galaxie, l'échangeur à quatre voies d'une autoroute sera, sans perte de précision sensible, considéré comme un point infiniment petit ; pour ces cas-là, les physiciens sont bien contents d'avoir sous la main le calcul infénitisimal développé par les mathématiciens. Enfin, tu ajouteras que les définitions considérant les lignes et les droites comme formées par une infinité de points infiniment petits se sont avérées, quoiqu'en dise son fils, tout-à-fait satisfaisantes.

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Krishnamurti

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