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 Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet

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Fulmi
Prolixe infatigable
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MessageSujet: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 6 Jan - 0:36

1 - Adieu Alger.

Ça a commencé par un divorce. Mon père trompait ma mère. Il se tapait des infirmières. il s’en tapait plein. Il aimait ça. C’était en Algérie. En République algérienne démocratique et populaire, peu après l’indépendance. C’était facile, mon père était le patron. Quand il n’a plus eu assez de jolies infirmières - parce qu’il n’aimait pas les laides - il s’est tapé les secrétaires. Puis les médecins femmes, puis leurs sœurs, quand elles étaient baisables, et des vierges, surtout des vierges ; des étudiantes aussi. L’Algérie produisait des vierges à foison. La casbah et les hachélèmes regorgeaient de vierges par centaines de mille. Il fallait des vierges pour le mariage, pour la négociation du mariage, alors on les gardait, les filles, au frais, le pucelage en réserve, pour la république, pour peupler la république, algérienne, démocratique, et populaire !… mais comme la république, justement, était socialiste, démocratique et populaire, on les faisait travailler. Et mon père, il les sautait. Il n’y avait que ça, des vierges, là-bas… et des pucelages en béton. Et des coureuses d’Europe centrale !… Il a pas dû les faire jouir souvent, les vierges d’Algérie ! C’est plutôt stressant, d’être fille de la révolution… l’islam… ça n’incite pas à la bagatelle, cette religion ! C’est plutôt sévère…

Alger, c’est la ville blanche… plein de papiers gras, et les murs à la pisse… Des arcades, des terrasses, la casbah… De loin, c’est blanc. On peut pas dire. On habitait en haut, à Hydra, boulevard Central. Les enfants on s’amusait à compter les trous de goudron. C’était rapiécé. Il y en avait des milliers de trous. Une mosaïque. Une œuvre d’art; C’était beau, le rapiéçage du boulevard Central. J’ai jamais plus vu ça nulle part ailleurs. Jamais. Je n’ai même pas de photo. Les roues des autos tremblaient. C’était le terminus de l’autobus au bout du boulevard. C’étaient de grands autobus, des Berliet, bleu ciel, qui tournaient largement sur le terre-plein. Je le prenais pour aller au lycée. Ou alors mon père m’emmenait en deux-chevaux. on passait par le bois de Boulogne. la deux-chevaux vrombissait dans les montées. On sautait le gendarme couché dans le bois, et on se cognait à la barre centrale du toit de la deux-chevaux. Je connaissais les chauffeurs des bus. je les voyais tous les jours. Le dimanche, l’autobus, qui était chez nous l’A, devenait l’AT, il se mélangeait avec le T. Il traversait Alger, jusqu’à Bab-el-Oued. Il descendait les avenues, elles sont longues, à Alger, elles serpentent sur les collines. L’autobus, il passait au fond du ravin de la femme sauvage, puis il descendait direct, comme on disait là-bas, près du bois de Boulogne, et vers El Biar… là où Boumedienne avait assuré son coup d’État avec des chars. Rue Didouche, c’était noir de monde, le dimanche. Passé le square Port-Saïd et la place des martyrs, c’était l’inconnu, les quartiers ouest, ceux qu’étaient si loin qu’il fallait une journée pour les atteindre et revenir. Je pouvais partir à l’aventure. Ça durait deux heures, aller-retour, ou plus si je changeais de bus. Je montais à Notre-Dame, en trolley, un autobus silencieux, qui marchait à l’électricité. C’était plus que l’aventure. À Notre-Dame, on voyait tout Alger, et la baie, et l’Amirauté, le vivier et la jetée. Au bout des lignes d’autobus, fallait marcher un peu, entre les figuiers de barbarie et les hachélèmes occupaient le paysage. Des caravanes de femmes voilées portaient d’énormes paquets. Elles revenaient du souk, le marché Meyssonier, le seul endroit d’Alger où on trouvait de tout. Les hachélèlmes, c’étaient des immeubles blancs, hauts et ordonnés. Au pieds se trouvaient les bidonvilles. Le nôtre était au ravin de la Fenmme sauvage. Ma mère y achetait sa machine à laver, ou un chauffage au gaz. On vendait de tout au bidonville, des trucs volés dans les villas des colons. En fait, c’était des planches, les maisons, pas des bidons. C’était pauvre. De la vraie misère dure de dure. Je vous dis ça pour que vous sachiez. Tout est vrai là.
Au moment du divorce, c’était fini les bidonvilles. Ils avaient été résorbés. La République algérienne, démocratique et populaire, avait renvoyé les péquenots dans les douars, et les ouvriers dans les usines. Le socialisme démocratique, c’était ça : les douars et les usines. Les douars étaient vieux et les usines toutes neuves, cadeau des frères des pays socialistes. L’URSS avait pris en charge ce nouveau pays. Les hachélèmes ont avalé les habitants des bidonvilles. Ils les ont jamais rendus. Maman n’achetait plus de machine à laver au bidonville, nulle part, d’ailleurs. L’Algérie était devenue vraiment socialiste, il commençait alors à ne plus rien y avoir à acheter, et papa s’était fait des dizaines d’infirmières.

Mon copain d’école, il s’appelait Jean-Paul Sartre. On me croit pas quand je le dis mais c’est vrai. Ma mère, elle avait calculé : Jean-Paul Sartre, né en 54, comme moi, donc ses parents savaient. Ils l’avaient appelé comme ça en toute connaissance de cause. Ils n’avaient pas eu honte pour lui. Peut-être n’avaient-ils pas pensé. Le garçon, il ne savait pas. Moi pas vraiment, sauf qu’il y avait tout Sartre dans le salon. En NRF, en plus : La Nausée, les Chemins de la Liberté, L’existentialisme et tout le tintouin, authentique à l’époque ! Jean-Paul Sartre était mon pote. Après le divorce, je ne l’ai plus revu, jamais. Il est resté là-bas, dans le socialisme et la révolution. Moi pas. On a quitté l’Algérie en 67, ma mère, mon frère et moi. Ça s’est pas fait dans un bateau de boat-people. D’ailleurs, y’en avait pas encore, des boat-people, sauf les Pieds-Noirs, en soixante-deux, et les Juifs, en quarante-huit. On a pris la Caravelle d’Air Algérie. C’était plus sympa qu’Air France. Sur Air France, on sentait bien qu’il y avait du mépris. Les bougnoules, ils savaient pas lire, il fallait leur remplir leurs fiches. Sur Air Algérie, les hôtesses s’y mettaient ; pas sur Air France. C’était froid et hautain, Air France, les hôtesses arboraient un kilo de fond de teint, et la graille était moins bonne qu’à Air Algérie. J’ai pas eu de regrets. L’Algérie, je n’avais pas trop aimé. Mais j’aimais bien Jean-Paul Sartre.

À cinq ans de l’indépendance, il n’y avait déjà plus rien dans les magasins. Des centaines de milliers d’Algériens avaient déjà émigré. Il y avait encore des maisons vides. Ma mère, mon frère et moi, on a fait comme eux. La révolution, c’était fini pour nous. Adieu les chars d’assaut dans les rues, les manifs de femmes voilées, adieu le président Boumedienne, adieu Fidel Castro le grand ami de l’Algérie, adieu le soleil et la plage, ciao le F.L.N. On rentrait en France !
L’Algérie… Cinq ans que je baignais dans ce souffle historique inutile… pédant… ça défilait à la maison, tous les fanatiques du tiers-mondisme !… Cinq ans ! J’y croyais, du haut de mes treize ans ! Tout le monde y croyait ! Alors, moi, à l’époque, j’y croyais… et puis le tiers-monde, il est devenu le tiers-monde. Du balai !

Mon père… il avait un bon métier… j’aurais pu vivre comme un enfant de bourgeois, fin gras et pourri de télé… même pas ! À Alger, on ne vivait pas comme ça… c’était la Révolution… C’est pas qu’il aurait manqué de courage, non. Il travaillait, bien, dans son hôpital d’Alger. Il avait une bonne situation… il dirigeait un service, il était le patron, à l’hôpital Moustapha, du nom d’un révolutionnaire. Ce n’était pas mal, pas mal du tout… les infirmières venaient de tous les pays, Pologne, Bulgarie, rien que des chaudes filles… des socialistes… bien athées… bien au courant qu’elles échappaient quelques années à l’avenir radieux… au bord de la Méditerranée… ça vaut la peine ! L’Avenir radieux !… De belles filles des pays frères…
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Bidouille
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 6 Jan - 12:16

cheers read Même si c'est pour Dona, j'me suis permise de le lire D chinese
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 6 Jan - 13:09

Qu'est-ce que c'est bien écrit tout de même! Et puis il y a une très jolie pratique de la dérision qui donne ce ton si particulier.

Mais dis donc mon vieux! à l'occasion, tu ne craches pas toi non plus sur les procédés répétitifs et la phrase nominale...

Après le premier jet, aurons-nous the second piece?
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 6 Jan - 19:17

Toi aussi tu donnes dans le premier jet, maintenant ? D En tout cas, c'est très bien, très intéressant, émouvant, même. Pour ce qui est de l'écriture, évidemment il y a quelques petites retouches à apporter. Mais je te fais confiance.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 6 Jan - 19:58

J'aime beaucoup ce texte. Il faudrait pas trop le retoucher, à mon avis.

PS : VIVENT LES PHRASES NOMINALES ! cheers
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Fulmi
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 6 Jan - 23:34

le Veilleur a écrit:
Toi aussi tu donnes dans le premier jet, maintenant ? D En tout cas, c'est très bien, très intéressant, émouvant, même. Pour ce qui est de l'écriture, évidemment il y a quelques petites retouches à apporter. Mais je te fais confiance.

Dona a écrit:
Après le premier jet, aurons-nous the second piece?

Merci ! Normalement, je ne donne pas mes premiers jets, mais comme je prévois au moins dix ans pour écrire tout ça (ça devait commencer en mai 68, et se finir le 11 mai 81 - mais déjà j'ai écrit sur l'avant-68…, on va dire que c'est un prologue), donc le deuxième jet, ce n'est pas avant longtemps, et comme Dona aime le brut de décoffrage, et que je la martyrise déjà bien assez comme ça, je lui offre cette ébauche mal dégrossie, mais aussi authentique que possible. Notez que "premier jet", chez moi, ce n'est pas "brouillon", c'est quand même déjà un peu repris (sans toutefois aucune tentative de correction sérieuse de l'orthographe, ni de la ponctuation).

Cap'tain a écrit:
J'aime beaucoup ce texte. Il faudrait pas trop le retoucher, à mon avis.

Je ne sais pas ce que ça deviendra, mais, à mon avis, pour l'instant, ça devrait servir de support à quelque chose de plus détaillé. Encore que, le vrai sujet, ce soit plus tard dans le temps, donc ça restera peut-être un prologue bref. Aucune idée. Je suis passé à la suite.

Dona a écrit:
donc mon vieux! à l'occasion, tu ne craches pas toi non plus sur les procédés répétitifs et la phrase nominale...

Oui. J'avais décidé d'écrire "à la Céline", sans illusions, on n'est jamais Céline, le maître est trop top ; c'est comme Wagner : mille pieds au dessus du commun des mortels. Cette tentative te doit beaucoup, Dona : sans tes insistances sur l'autofiction, je n'aurais peut-être jamais essayé.

Cela dit, je n'ai pas écrit ce chapitre hier soir, c'est un peu plus ancien (août).
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptySam 7 Jan - 12:35

Fulmi a écrit:
donc le deuxième jet, ce n'est pas avant longtemps, et comme Dona aime le brut de décoffrage (...) je lui offre cette ébauche mal dégrossie, mais aussi authentique que possible. Notez que "premier jet", chez moi, ce n'est pas "brouillon", c'est quand même déjà un peu repris

Je me réjouis déjà à l'idée des questions qu'on pourrait te poser et des réflexions qui pourraient être soulevées quant à ces effets paradoxaux: autofiction, authentique, brut de décoffrage, déjà repris...C'est toute la dimension antithétique de ce genre hybride...Et maintenant que tu as mis le nez dedans, du point d'une expérience personnelle, ce sera vraiment intéressant, je crois, de t', s'interroger sur la matière d'inspiration et des procédés narratifs et de filtrage qui interviennent dans cette rédaction très particulière.

Dona babines.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptySam 7 Jan - 23:58

Dona a écrit:
Et maintenant que tu as mis le nez dedans, du point d'une expérience personnelle, ce sera vraiment intéressant, je crois, de t', s'interroger sur la matière d'inspiration et des procédés narratifs et de filtrage qui interviennent dans cette rédaction très particulière.

Dona babines.

Ben vazy, je t'en prie. une seule question à la fois (j'ai plus le temps, désormais !).
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyDim 8 Jan - 11:28

Fulmi a écrit:


Ben vazy, je t'en prie. une seule question à la fois (j'ai plus le temps, désormais !).

Oui, trois en une. Ben dsl, on s'le fait à la manière prof pasque matériau de réflexion oblige et qu'on ne peut pas dégrossir un bousin personnel sans tenir compte d'une mouvance ou d'un courant dont il a subi les influences d'écriture.




Doubrosky a créé le terme autofiction en 1977 sachant qu'il désigne les autobiographies rebelles ou transgressives par rapport aux codes et modes de l'autobiographie notamment au sujet du fameux pacte autobioraphique, le contrat qui ne laisse aucun doute quant à l'identité du personnage et du narrateur (c'est la même).
A ce propos, le péritexte de Roland Barthes par Roland Barthes (autobiographie de1975 qu'on peut toutefois nommer autofiction) affiche d'emblée une formule et irrévocablement anti-autobiographique :
" Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman, voilà un pacte qui sert à rompre le pacte".

Mieux encore, Serge Doubrovsky dans le Livre brisé (années 90?92?) affine ce propos :

"JE ME MANQUE TOUT AU LONG... De MOI, je ne peux rien apercevoir. A MA PLACE NEANT... un moi en toc, un trompe-l'oeil... Si j'essaie de me remémorer, je m'invente... JE SUIS UN ETRE FICTIF... Moi, suis orphelin de MOI-MEME."

Il s'agit donc d'un paradoxe entre un "protocole nominal identitaire" et un "protocole modal fictionnel" (appellation tirée d'une thèse quelque part sur la toile) et qui laisse penser qu'il peut donc parfois s'agir de fausses autobiographies (puisqu'une partie est inventée), partant, de fausses fictions (puisqu'une partie est vraie) et parfois même de fausses autofictions quand on joue plutôt sur le code (identité non identifiable) et le mode (on utiliser le JE autobiographique sachant qu'il est totalement fictif tout comme la narration qui l'accompagne).
Ce qui laisse béante la réflexion suivante: soit l'autobiographie est honteuse, on l'assume mal et on la cache par le principe d' autofiction; soit elle est tronquée par la volonté d'en faire un matériau romanesque d'intérêt, pour plaire, faisant fi de l' intégrale authenticité des faits.
D'où la question (qui n'est pas de moi mais d'une source que je n'ai plus): l'autofiction serait-elle donc un moyen efficace permettant de résoudre certaines difficultés propres à l'écriture de soi ?

Donc, questions à Fulmi: qui caches-tu? Que caches-tu? Et pourquoi?*


* on est d'accord hein? Tu as posté un fil qui se nomme Fulmi's autofiction dans la rubrique Autobiographies? On parle donc bien d'une fictionnalisation du sujet, c'est-à-dire toi.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyDim 8 Jan - 13:25

Dona a écrit:
Fulmi a écrit:


Ben vazy, je t'en prie. une seule question à la fois (j'ai plus le temps, désormais !).

Oui, trois en une. Ben dsl, on s'le fait à la manière prof pasque matériau de réflexion oblige et qu'on ne peut pas dégrossir un bousin personnel sans tenir compte d'une mouvance ou d'un courant dont il a subi les influences d'écriture.




Doubrosky a créé le terme autofiction en 1977 sachant qu'il désigne les autobiographies rebelles ou transgressives par rapport aux codes et modes de l'autobiographie notamment au sujet du fameux pacte autobioraphique, le contrat qui ne laisse aucun doute quant à l'identité du personnage et du narrateur (c'est la même).
A ce propos, le péritexte de Roland Barthes par Roland Barthes (autobiographie de1975 qu'on peut toutefois nommer autofiction) affiche d'emblée une formule et irrévocablement anti-autobiographique :
" Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman, voilà un pacte qui sert à rompre le pacte".

Mieux encore, Serge Doubrovsky dans le Livre brisé (années 90?92?) affine ce propos :

"JE ME MANQUE TOUT AU LONG... De MOI, je ne peux rien apercevoir. A MA PLACE NEANT... un moi en toc, un trompe-l'oeil... Si j'essaie de me remémorer, je m'invente... JE SUIS UN ETRE FICTIF... Moi, suis orphelin de MOI-MEME."

Il s'agit donc d'un paradoxe entre un "protocole nominal identitaire" et un "protocole modal fictionnel" (appellation tirée d'une thèse quelque part sur la toile) et qui laisse penser qu'il peut donc parfois s'agir de fausses autobiographies (puisqu'une partie est inventée), partant, de fausses fictions (puisqu'une partie est vraie) et parfois même de fausses autofictions quand on joue plutôt sur le code (identité non identifiable) et le mode (on utiliser le JE autobiographique sachant qu'il est totalement fictif tout comme la narration qui l'accompagne).
Ce qui laisse béante la réflexion suivante: soit l'autobiographie est honteuse, on l'assume mal et on la cache par le principe d' autofiction; soit elle est tronquée par la volonté d'en faire un matériau romanesque d'intérêt, pour plaire, faisant fi de l' intégrale authenticité des faits.
D'où la question (qui n'est pas de moi mais d'une source que je n'ai plus): l'autofiction serait-elle donc un moyen efficace permettant de résoudre certaines difficultés propres à l'écriture de soi ?

Donc, questions à Fulmi: qui caches-tu? Que caches-tu? Et pourquoi?*


* on est d'accord hein? Tu as posté un fil qui se nomme Fulmi's autofiction dans la rubrique Autobiographies? On parle donc bien d'une fictionnalisation du sujet, c'est-à-dire toi.
Je ne vais bien entendu pas répondre à la place de Fulmi, mais ton propos m'inspire une courte et simple réflexion : l'autobiographie n'est-elle pas, en fin de compte, toujours, au moins en partie, fictionnelle?
L'autobiographe (comme le biographe, du reste) déforme fatalement la réalité. D'abord, parceque sa mémoire altère certains événements et en occulte d'autres; ensuite, parcequ'il s'astreint à un choix forcément partial parmi ses souvenirs; enfin, parcequ'il raconte ses souvenirs non pas seulement en évoquant les émotions et les sentiments que les faits qu'il relate suscitèrent au moment où ils eurent lieu mais ceux qu'il ressent au moment où il les raconte, -sans qu'il puisse très bien faire la part des deux. Ainsi, quelle que soit la probité d'un autobiogaphe dans la relation des faits, il produira toujours une oeuvre ambiguë, entre réalité et fiction. Au bout du compte, que demande-t-on à une autobiographie? Non pas de dire toute la vérité et rien que la vérité, mais ce qu'on demande à n'importe quelle oeuvre littéraire, quel qu'en soit le genre, -d'être vrai.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyDim 8 Jan - 13:43

Citation :

Je ne vais bien entendu pas répondre à la place de Fulmi, mais ton propos m'inspire une courte et simple réflexion : l'autobiographie n'est-elle pas, en fin de compte, toujours, au moins en partie, fictionnelle?
L'autobiographe (comme le biographe, du reste) déforme fatalement la réalité. D'abord, parceque sa mémoire altère certains événements et en occulte d'autres; ensuite, parcequ'il s'astreint à un choix forcément partial parmi ses souvenirs; enfin, parcequ'il raconte ses souvenirs non pas seulement en évoquant les émotions et les sentiments que les faits qu'il relate suscitèrent au moment où ils eurent lieu mais ceux qu'il ressent au moment où il les raconte, -sans qu'il puisse très bien faire la part des deux. Ainsi, quelle que soit la probité d'un autobiogaphe dans la relation des faits, il produira toujours une oeuvre ambiguë, entre réalité et fiction. Au bout du compte, que demande-t-on à une autobiographie? Non pas de dire toute la vérité et rien que la vérité, mais ce qu'on demande à n'importe quelle oeuvre littéraire, quel qu'en soit le genre, -d'être vrai.
Haaa, le bon temps de la Première et des disserts sur l'autobio... Mr green
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyDim 8 Jan - 13:58

Baptiste a écrit:

Haaa, le bon temps de la Première et des disserts sur l'autobio... Mr green
Moi, je n'avais pas les moyens de voyager en première, j'allais en seconde (et encore...). Je me rattrape donc aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyDim 8 Jan - 21:28

Baptiste a écrit:
Haaa, le bon temps de la Première et des disserts sur l'autobio... Mr green

En ce qui me concerne, c'était en cinquième.

5 septembre 1986. Souvenirs, souvenirs... avec les fautes,
et grands éclats de rire...

Sujet : Rédiger votre biographie à la 3e personne.

Cette rédaction est le récit d'une part de la vie de Stéphanie. Cette jeune fille est née le 25 janvier 1974, dans un des hôpitaux de Rennes. Son père était garagiste et sa mère sténo dactylo, ils le sont toujours aujourd'hui. Stéphanie à deux soeurs, l'aînée Sylvia est née en 1968, la cadette Laurence est née en 1971. Aujourd'hui Stéphanie à 12 ans, elle faitses études au collège du chêne Vert à Baind e Bretagne depuis deux ans maintenant. Elle aime beucoup la lecture, les livres de suspense ou il y a des crimes; elle aime aussi Beaucoup les animaux, chez elle; elle a plusieurs chiens, dont, un de chasse. Elle aime beaucouples chansons modernes et les groupes commes : A-ha, Depêche Mode, Indochine, The Cure et Beaucoup d'autre groupes de New Wave.

A présent, c'est Fulmi qui va dire qu'on pollue son fil.

Anti + 20 ans
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyDim 8 Jan - 23:03

Dona a écrit:
D'où la question (qui n'est pas de moi mais d'une source que je n'ai plus): l'autofiction serait-elle donc un moyen efficace permettant de résoudre certaines difficultés propres à l'écriture de soi ?


Je n'en sais rien. Je n'ai jamais essayé l'écriture de moi (ça veut dire quoi, d'ailleurs, cette formule absconse ?) et, donc j'en ignore toute les supposées difficultés (je ne vois pas lesquelles, d'ailleurs, je n'ai jamais trouvé aucune difficulté à écrire sur n'importe quoi). Je ne peux pas répondre sur ce qu'est l'autoficiton, je n'en sais rien, sinon que c'est un genre littéraire qui dispense d'écrire bien et élève le charabia au rang de style et le nombril du narrateur au statut de sujet.

Je ne peux répondre que sur ce que je sais, que je pratique ou que je fais, même exceptionnellement. Or ce que fait celui qui écrit, c'est de proposer à la lecture un texte qui a certaines caractéristiques. Dans le cas présent les caractéristiques de cette « autofiction » sont que je raconte un moment ma vie, sans souci d'être exact, mais sans volonté de mentir, et toute subjectivité, sans souci d'être cohérent ni d'expliquer.

Citation :
Donc, questions à Fulmi: qui caches-tu? Que caches-tu? Et pourquoi?*

* on est d'accord hein? Tu as posté un fil qui se nomme Fulmi's autofiction dans la rubrique Autobiographies? On parle donc bien d'une fictionnalisation du sujet, c'est-à-dire toi.

Je cache tout ceux dont je ne parle pas et tout ce que je ne dis pas, ce qui fait vraiment beaucoup. Pourquoi ? Parce que cela ne me vient pas à l'esprit de dire cela et de parler de ceux-ci lorsque j'écris. En plus, je n'ai pas le temps, je ne suis pas Proust. De même, une partie de ce que j'écris n'est pas advenue, mais je fais comme si, parce qu'il me vient facilement d'écrire dessus, que cela semble s'intégrer à cette fiction, à sa logique profonde, qui n'apparaîtra que plus tard, et que, pourquoi pas, j'aurais pu vivre tout ça.

Donc le sujet, qui est narrateur, revit sa vie de manière inexacte dans cette autofiction.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 13:51

le Veilleur a écrit:
Je ne vais bien entendu pas répondre à la place de Fulmi, mais ton propos m'inspire une courte et simple réflexion : l'autobiographie n'est-elle pas, en fin de compte, toujours, au moins en partie, fictionnelle?
L'autobiographe (comme le biographe, du reste) déforme fatalement la réalité. D'abord, parceque sa mémoire altère certains événements et en occulte d'autres; ensuite, parcequ'il s'astreint à un choix forcément partial parmi ses souvenirs; enfin, parcequ'il raconte ses souvenirs non pas seulement en évoquant les émotions et les sentiments que les faits qu'il relate suscitèrent au moment où ils eurent lieu mais ceux qu'il ressent au moment où il les raconte, -sans qu'il puisse très bien faire la part des deux. Ainsi, quelle que soit la probité d'un autobiogaphe dans la relation des faits, il produira toujours une oeuvre ambiguë, entre réalité et fiction. Au bout du compte, que demande-t-on à une autobiographie? Non pas de dire toute la vérité et rien que la vérité, mais ce qu'on demande à n'importe quelle oeuvre littéraire, quel qu'en soit le genre, -d'être vrai.

Oui, caprices de la mémoire, mémoire sélective etc...Mais l'autofiction est un particularisme bien distinct dans l'autobiographie, notamment en regard de la définition ci-dessus:"Doubrosky a créé le terme autofiction en 1977 sachant qu'il désigne les autobiographies rebelles ou transgressives par rapport aux codes et modes de l'autobiographie notamment au sujet du fameux pacte autobioraphique" mais aussi par le fait qu'elle est, au sens strict du terme, un récit de faits strictement réels où la fiction porte, non pas sur le contenu des souvenirs évoqués mais sur le processus d'énonciation et de mise en récit...C'est donc une sorte de masque romanesque qui procure toute sorte de laissez-passer et prévient contre les méfaits de l'autobiographie - dont la nature est par essence la plus proche du vécu et qui parfois court le risque de perturber la vie de ses acteurs involontaires. Le pacte autofictionnel, comme l'affirme Genette (faudrait demander à Hermes de regarder ds le Genette IV, je ne l'ai pas sous le coude moi) permet de franchir la douane en toute sécurité. Et puis la part "d'invention" n'a pas toujours de pertinence. Il en a lorsqu'il témoigne de la difficulté ou complexité d'élaboration identitaire via le lecteur parce que dans ce genre d'écriture, rien n'est plus essentiel et donc problématique, que l'activité de réception.Tout dépend toutefois de la manière dont on aborde l'oeuvre: narrative, autobiographique, psychanalitique, sociologique etc...La recherche de vraisemblance ou bien la recherche de vérité ne sont pas spécifiquement, je trouve, un critère de légitimité quant à ce genre écriture car il est aisé de comprendre qu'on s'invente en partie en s'écrivant. L'autofiction n'a de réelle pertinence que lorsqu'elle brouille les pistes identitaires et à condition de la lire en y cherchant une identité. Par exemple, on s'en tape qu'Angot dise vrai ou non mais la pertinence de sa production écrite vient du fait qu'on y cherche une identité et qu'elle semble on ne peut plus réelle. D'où l'intérêt d'une double quête: elle (la Angot de l'autofiction) se cherche, on la cherche en même temps si bien que le masque autofictionnel renvoie sans cesse au chaos (auto)biographique du faux-vrai personnage ce qui, pour moi, densifie à ce point, ce qu'elle écrit.




Fulmi a écrit:
Dona a écrit:
D'où la question (qui n'est pas de moi mais d'une source que je n'ai plus): l'autofiction serait-elle donc un moyen efficace permettant de résoudre certaines difficultés propres à l'écriture de soi ?


Je n'en sais rien. Je n'ai jamais essayé l'écriture de moi (ça veut dire quoi, d'ailleurs, cette formule absconse ?)

Tu sais bien, c'est toi quand tu t'écris, toi quand tu te décris, c'est le toi de quand tu dis je m'écris ou bien j'écris sur moi, à mon sujet. C'est un être infiniment fractionné et flou et il existe, je crois, parfois, une extraordinaire distance entre toi et toi, c'est-à-dire entre vous.
fulmi a écrit:
et, donc j'en ignore toute les supposées difficultés (je ne vois pas lesquelles, d'ailleurs, je n'ai jamais trouvé aucune difficulté à écrire sur n'importe quoi)
Oui mais tout dépend du sujet et de l'enjeu qu'il représente pour toi, dans ton existence et aussi pour ton éditeur:)
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 14:17

Pour ma part, plus les personnages que je créé sont éloignés de ce que je suis, plus je suis content.

Sauf à être excessivement fier et satisfait de ce que l'on est, j'ai du mal à voir l'intérêt à écrire sur soi-même. Ou alors, on a des comptes à régler, mais, la littérature est-elle bien le lieu pour régler des comptes ?
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 17:13

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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 18:31

Dona a écrit:
L'autofiction n'a de réelle pertinence que lorsqu'elle brouille les pistes identitaires et à condition de la lire en y cherchant une identité. Par exemple, on s'en tape qu'Angot dise vrai ou non mais la pertinence de sa production écrite vient du fait qu'on y cherche une identité et qu'elle semble on ne peut plus réelle. D'où l'intérêt d'une double quête: elle (la Angot de l'autofiction) se cherche, on la cherche en même temps si bien que le masque autofictionnel renvoie sans cesse au chaos (auto)biographique du faux-vrai personnage ce qui, pour moi, densifie à ce point, ce qu'elle écrit.

C'est quoi :
- une piste identitaire?
- la pertinence de la production écrite, lorsque c'est une fiction?
- un faux-vrai personnage ?
- la densifiction de l'écriture (dans le cas d'Angot, par exemple) ? Pour Huysmans, je vois bien, mais pour Angot, je ne vois qu'un jus clairet.





Citation :
Tu sais bien, c'est toi quand tu t'écris, toi quand tu te décris, c'est le toi de quand tu dis je m'écris ou bien j'écris sur moi, à mon sujet. C'est un être infiniment fractionné et flou et il existe, je crois, parfois, une extraordinaire distance entre toi et toi, c'est-à-dire entre vous.

Je ne vois pas de quelle sorte de distance il peu s'agir. Je ne comprends rien à ce genre de tourments. Si je raconte ce qui m'est arrivé, je raconte ce qui m'est arrivé, si je raconte autre chose, c'est autre chose, si c'est du mélange des deux, c'est du mélange des deux. Je ne vois pas qui sont moi et moi (encore que dans Les Chinois en Amérique, il y ait un dialogue entre Lui et Lui seul, masi c'est de la fantaisie, pas de l'autotruc).



Citation :
Oui mais tout dépend du sujet et de l'enjeu qu'il représente pour toi, dans ton existence et aussi pour ton éditeur:)

Oui, dans le cas d'Angot, il y avait un enjeu : gagner beaucoup d'argent en se positionnant en chef de file d'un mouvement littéraire, c'est à dire prendre la place de Robbe-Grillet ou de Duras. Sinon je ne vois pas ce que peut être un enjeu : l'écriture ne vise à rentabiliser aucun enjeu, que je sache.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 18:33

alejandro a écrit:
Pour ma part, plus les personnages que je créé sont éloignés de ce que je suis, plus je suis content.

Sauf à être excessivement fier et satisfait de ce que l'on est, j'ai du mal à voir l'intérêt à écrire sur soi-même. Ou alors, on a des comptes à régler, mais, la littérature est-elle bien le lieu pour régler des comptes ?

Cela se fait, en tout cas, de régler ses comptes grâce à la littérature. Encore faut-il que ce qu'on écrive soit de la littérature. Dans la plupart des cas, ce n'est que du texte.
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 19:33

Dona a écrit:
Tu sais bien, c'est toi quand tu t'écris, toi quand tu te décris, c'est le toi de quand tu dis je m'écris ou bien j'écris sur moi, à mon sujet. C'est un être infiniment fractionné et flou et il existe, je crois, parfois, une extraordinaire distance entre toi et toi, c'est-à-dire entre vous.

Oh que c'est beau, on dirait du Angot.

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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 19:52

antillaise a écrit:
Dona a écrit:
Tu sais bien, c'est toi quand tu t'écris, toi quand tu te décris, c'est le toi de quand tu dis je m'écris ou bien j'écris sur moi, à mon sujet. C'est un être infiniment fractionné et flou et il existe, je crois, parfois, une extraordinaire distance entre toi et toi, c'est-à-dire entre vous.

Oh que c'est beau, on dirait du Angot.

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D'accord. T'as qu'à dire que je suis blonde aussi. Mr green
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 19:54

Dona a écrit:
D'accord. T'as qu'à dire que je suis blonde aussi. Mr green

Dona ?

T'es blonde.

Anti
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 20:01

antillaise a écrit:
Dona a écrit:
D'accord. T'as qu'à dire que je suis blonde aussi. Mr green

Dona ?

T'es blonde.

Anti

Oui, et puis, ne t'éloigne pas trop de toi, tu risquerais de te perdre. ange
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 20:49

Capitaine ad hoc a écrit:


Oui, et puis, ne t'éloigne pas trop de toi, tu risquerais de te perdre. ange




Sais-tu captain que plus on s'éloigne de soi, plus on s'agrandit? c'est comme les histoires de ronds dans l'eau...J'ai pas envie de lire, dans un livre, un personnage lisse et sans histoires qui puisse se définir lisiblement, paisiblement et sans aucun écueil de traduction intime. La littérature autobiographique, réduite à un texte informatif, n'en est pas. L'enjeu, quoiqu'en dise Fulmi est plus subtilement complexe que de se cantonner à un aspect purement financier ou autotpublicitaire car il met en jeu d'infinies possibilités sur le fait de jouer de soi sans parfois vraiment le vouloir, sachant qu'on se raconte aux autres en manifestant toutefois l'intention de se dire au mieux de la réalité de ce qu'on a été ou de ce que l'on est. Mais l'autobiographe, aussi autofictionnel peut-il le laisser sous-entendre ou même entendre, est d'abord autopseute (du grec: mentir sur soi-même): il y a forcément une dramaturgie sinon on fait le truc avec un nègre à la sortie de Staracadémy. Mais ce n'est pas de la littérature.. L'intérêt de l'écriture autobiographique demeure sa problématique: qui suis-je et comment me raconter à l'autre? Et ça, c'est un point sur un i Mr green
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MessageSujet: Re: Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet   Pour Dona : Fulmi's autofiction, first jet EmptyVen 20 Jan - 21:09

hein ? What the fuck ?!?

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