Vocabulis


 
AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez
 

 La Pension de Viroflay

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant
AuteurMessage
ours impatient
Drôle de zèbre
ours impatient

Nombre de messages : 2800
Localisation : Marseille
Date d'inscription : 15/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyJeu 9 Fév - 19:09

ben enfin laisse-le l'pauv garçon La Pension de Viroflay - Page 4 Langue32

_________________
L'éducation peut tout : elle fait danser les ours.La Pension de Viroflay - Page 4 Troll_gif
Revenir en haut Aller en bas
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 10 Fév - 15:55

ours impatient a écrit:
ben enfin laisse-le l'pauv garçon La Pension de Viroflay - Page 4 Langue32

Tu rigoles ou quoi ! T'es malade chérie, on ne va tout de même pas laisser un si génial garçon tranquille non ?! Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !

Anti
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 10 Fév - 21:26

antillaise a écrit:
Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !

Anti
T'appelles ça comme ça, toi ? D
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 10 Fév - 21:36

le Veilleur a écrit:
T'appelles ça comme ça, toi ? D

Moi non, mais comme je veux me faire comprendre j'utilise le langage de l'autochtone : https://vocabulis.forumactif.com/ftopic1491-45.Service-civil-obligatoire.htm

Anti
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 10 Fév - 21:39

antillaise a écrit:
le Veilleur a écrit:
La pension de Viroflay
La pension de Viroflay, rien que le titre me fait frémir d'horreur ! Viroflay est la ville de mes premiers clients,

et j'ajoute, de mon premier projet qui foire ! J'y suis encore allée mardi soir, cette ville me fait carrément flipper !

Dommage, il n'y avait pas de carte postale.

Anti
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptySam 11 Fév - 13:17

antillaise a écrit:
le Veilleur a écrit:
T'appelles ça comme ça, toi ? D

Moi non, mais comme je veux me faire comprendre j'utilise le langage de l'autochtone : https://vocabulis.forumactif.com/ftopic1491-45.Service-civil-obligatoire.htm

Anti
Oui, je savais qu'elle "reniflait", mais ce qui me faisait marrer ici c'est l'objet que l'on pouvait supposer être de son reniflement, vu le quiproquo que laisse planer l'absence de virgule dans :

"Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !" cingle
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptySam 11 Fév - 13:49

le Veilleur a écrit:
ce qui me faisait marrer ici c'est l'objet que l'on pouvait supposer être de son reniflement, vu le quiproquo que laisse planer l'absence de virgule dans :

"Ca fait trop longtemps que t'as pas reniflé ma caille !" cingle

Morte de rire ! En effet, c'est tendancieux !

anti
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
ours impatient
Drôle de zèbre
ours impatient

Nombre de messages : 2800
Localisation : Marseille
Date d'inscription : 15/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptySam 11 Fév - 14:25

je tiens à préciser publiqu'ment que je n'ai encore jamais reniflé la caille d'anti, je m'en souviendrais Mr green

Mais on peut réparer cette méconnaissance, à l'occase cingle

_________________
L'éducation peut tout : elle fait danser les ours.La Pension de Viroflay - Page 4 Troll_gif
Revenir en haut Aller en bas
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyMer 15 Fév - 21:38

Croustine a écrit:
Citation :
(à suivre...Peut-être
Pourquoi "peut-être" ? A suivre !
C'est que ces souvenirs sont bien lointains et qu'ils comportent de sérieux blancs. Et puis le rôle de la paresse n'est pas négligeable dans ces retards de livraison.

...........................................................................................................


Ce dimanche soir, donc, chez Mamie, nous avions soupé d’un bouillon de légumes, d’un morceau de fromage et de la fameuse pomme cuite au four, avec sa peau dorée, croustillante et caramélisée.
La coutume voulait que nous dressions l’humble couvert sur la table du séjour, devant le poêle à charbon en fonte où chauffaient deux briques réfractaires que nous enveloppions de papier journal au moment d’aller nous coucher et que nous glissions entre les draps du lit. La chambre, elle, n’était pas chauffée; le lit était garni d’un gros édredon rouge sous lequel nous nous blottissions, mon frère et moi, les pieds sur les briques brûlantes.
Mamie s’ asseyait au chevet, enveloppée dans sa robe de chambre, et ouvrait sur ses genoux « le Tour de France par deux enfants », le livre intelligemment pédagogique de G. Bruno mais dont elle ne soupçonnait pas l’effet subversif qu’il pouvait avoir sur deux esprits épris de liberté et qui avaient à peu près le même âge que ses deux héros, André, quatorze ans, et Julien, sept ( similitude que ne manquait pas de souligner imprudemment Mamie ). Nous nous endormions en rêvant de voyages, d’aventures et de découvertes.

Ce lundi là nous nous étions réveillés l’esprit encore lourd de ces rêves et le cœur serré de tristesse dans la perspective de rentrer à la pension. Le jour n’était pas encore levé ; le poêle s’était éteint. Après une toilette de chat à l’eau froide et au savon de Marseille, nous avions déjeuné d’un bol de cacao et de tartines de pain bis à la confiture de rhubarbe. Nos cartables étaient prêts depuis la veille et nous attendions qu’on passe nous prendre pour nous accompagner à la gare Montparnasse. Quand nous étions à la maison, c’est papa qui se chargeait de ça. Nous allions alors en autobus. J’aimais bien rester sur la plate-forme arrière, en plein air. Quand le contrôleur tirait sur la chaîne de la cloche avec sa poignée en bois, l’autobus s’ébranlait dans un tremblement sonore de vitres; et je regardais défiler les pavés derrière nous. D‘autres fois, nous prenions le métro. Le poinçonneur de la Glacière, comme celui des Lilas cher à Gainsbourg, faisaient « des p’tits trous, toujours des p’tits trous, encore des p’tits trous »; les stations, avec leurs carreaux en faïence blancs ressemblaient à des salles de laboratoires; les wagons verts ou rouges sur leurs roues métalliques s’annonçaient dans le fracas des portes secouées à chaque jointure de rails, et l’intérieur des wagons équipé de bancs en bois n’étaient pas encore sauvagement tagués; dans les couloirs ou les tunnels, régnait la publicité pour l’apéritif Dubonnet. Je me laissais bercer par le rythme saccadée du train et la ritournelle de la publicité : tacatac-tacatac-tacatac, Dubo, Dubon, Dubonnet, Dubo, Dubon, Dubonnet ; et je me rendormais.

Mais cette fois-ci c’est l’oncle Jean qui était notre chaperon.
La sonnette de la porte d’entrée retentit au fond du couloir de deux coups brefs, décidés. Mamie alla ouvrir de son pas un peu traînant mais encore alerte. L’oncle Jean emplit l’encadrement de sa silhouette massive, se pencha sur la petite vieille, frotta sa moustache sur sa joue et exécuta ce mouvement de nez rapide qui lui était particulier, de gauche à droite, comme s’il voulait chasser une mouche de cet appendice (tic dont j‘ai hérité avec les trois ou quatre chansons à boire). Puis, en nous voyant, il esquissa un pas de marche militaire comique. « Ram, ram, ram-ram-ram! En avant mauvaise troupe! ». Il nous poussa devant lui en faisant mine de nous botter les fesses. Nous ne mîmes pas longtemps à dévaler les six étages : la rampe nous aidait beaucoup dans cet exercice où nous usions davantage le fond de nos culottes que la semelle de nos chaussures. L’oncle Jean nous suivait avec décontraction, en exécutant un semblant de numéro de claquette sur les marches en grés.
La traction Citroën noire était garée à cinquante mètres de là sur le boulevard de l‘Hôpital. A notre approche, Black, le briard, se dressa sur le siège avant droit, colla sa truffe humide sur la vitre en remuant la queue. Nous prîmes place à l’arrière, tandis que l’oncle Jean s’installait au volant. Black nous regardait par dessus son dossier (du moins nous supposions qu’il nous regardait car on ne distinguait pas ses yeux derrière l’écran de poils) ; son odeur emplissait l’intérieur de la voiture.

A la gare Montparnasse, l’oncle Jean nous installa dans le train de Versailles. Nous nous étions assis, mon frère et moi, l’un en face de l’autre, auprès de la fenêtre. L’oncle Jean nous fit ses adieux : un signe de la main et deux ou trois grimaces. Le train s’ébranla, sortit lentement de la gare; puis les cahots entre chaque section de rail se rapprochèrent, de plus en plus; des immeubles défilèrent, puis s’espacèrent. Bientôt, des pavillons de banlieue avec leurs jardinets les remplacèrent, et des bouts de campagne. Trente minutes plus tard, à nouveau des pavillons, à nouveau une agglomération de maisons, des rues, un quai de gare, une plaque sur le mur d’un hall : Viroflay.

Le train s’était immobilisé. Mon frère n’avait pas bougé de sa banquette; moi non plus. Nous ne nous regardions pas, mais c’était comme si nous nous étions concertés de longue date. Le train redémarra et nous n’avions pas ouvert la bouche. Comme nous sortions de Viroflay, je rompis enfin le silence :
« - C’était Viroflay !
- Oui… »
Je le regardais, feignant la surprise.
« -Tu l’as fait exprès ?
- Tu m’en veux ?
- Non. »
J’avais souri légèrement. Mon regard glissa vers la fenêtre. Désormais, le doux soleil de mai remplaçait l’aube et dorait les premiers murs de versailles. La pension s’éloignait. Mon cœur soulagé s’emplissait peu à peu de l’excitation mêlé de crainte qu’engendrait cette conquête de liberté si audacieuse.
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Croustine
Vocabulivore émerite
Croustine

Nombre de messages : 2275
Localisation : 45°46/4°50
Date d'inscription : 15/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyMer 15 Fév - 22:24

La Pension de Viroflay - Page 4 1905
Revenir en haut Aller en bas
http://www.claudeveyret.fr
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 17 Fév - 20:32

le Veilleur a écrit:
C'est que ces souvenirs sont bien lointains et qu'ils comportent de sérieux blancs

C'est pas gênant les blancs pour nous qui ne connaissons pas les originaux. De toute façon, on vous dévore (et toc ! pour le renard)

Anti, encore ! encore !
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 17 Fév - 21:18

antillaise a écrit:

C'est pas gênant les blancs pour nous qui ne connaissons pas les originaux.
Sans doute, mais, moi, j'ai parfois un peu de mal à coordonner les événements. down
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Sainte Canaillette
Phrasophile averti(e)
Sainte Canaillette

Nombre de messages : 1096
Localisation : chez les canailles !
Date d'inscription : 28/07/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 17 Fév - 21:41

"Des souvenirs oubliés , pourquoi pas ! Des souvenirs non enregistrés c'est probable ! Des souvenirs non dépoussiérés c'est certain"

les blancs reviennent toujours, ils sont juste enfouis... la mémoire est une chose extraordinaire, ne l'oubliez pas ! ange
Revenir en haut Aller en bas
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 17 Fév - 21:51

Sainte Canaillette a écrit:

les blancs reviennent toujours,
Ca, c'est bien vrai : y a qu'à voir après la décolonisation de l'Afrique!
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 17 Fév - 22:32

Sainte Canaillette a écrit:
les blancs reviennent toujours

Certes, et les blancs jouent et gagnent, c'est bien connu !

Anti
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
Sainte Canaillette
Phrasophile averti(e)
Sainte Canaillette

Nombre de messages : 1096
Localisation : chez les canailles !
Date d'inscription : 28/07/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 17 Fév - 22:38

antillaise a écrit:

Certes, et les blancs jouent et gagnent, c'est bien connu !
Anti

voilà pourquoi je perds toujours aux dames, je prends toujours les pions noirs !
Revenir en haut Aller en bas
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyJeu 23 Fév - 21:56

Dona a écrit:
Le Veilleur a écrit:
« le Tour de France par deux enfants »


Citation :
Mon grand-père insistait beaucoup pour que je le lise celui-là. wink
Il avait bien raison, wink, c'est charmant et plutôt intelligent. Evidemment, c'est une autre époque (vieille France), avec une morale un peu bourgeoise et bien nationaliste et plein de bons sentiments; mais, après tout, est-ce pire que de voir comme aujourd'hui des gamins brûler des voitures ou insulter à qui mieux-mieux leurs profs, quand ils ne les frappent ou poignardent pas?

Citation :

C'est aussi une boutade pour dire que tu écris élégamment, à l'ancienne. C'est très joli et plein de tendresse. Toutefois je trouve le style très classique, un peu trop pour moi. Ce n'est en rien un reproche, juste un constat. Du reste, il ne présente aucun intérêt spécifique j'imagine mais quitte à poster un texte personnel, je suppose qu'il attend des commentaires, au moins des impressions. Je suis accoutumée, par goût ou habitude professionnelle, à lire des textes autobiographiques moins travaillés, moins ciselés et beaucoup plus déconstruits.
J'ai assez souvent dit moi-même que si l'on postait des textes personnels, il fallait accepter qu'on en fasse des commentaires, même désagréables. Le tien de commentaire, d'ailleurs, ne l'est pas.

Citation :
Comptes-tu poursuivre? Quel intérêt présente le fait d'écrire ainsi?
En fait, ayant moi-même commenté franchement et de façon pas toujours très avenante certains textes, il m'a été reproché par mmmm de ne pas m'exposer à mon tour aux critiques des autres. Je lui avais donc promis de lui offrir un jour ce plaisir. Et puis, ça m'amuse tout simplement. Poursuivre ? Ben, quand ça m'amusera et si ça peu amuser en même temps trois ou quatre membres de Vocabulis. Tiens, je vais peut-être vous coller un petit roman la prochaine fois (style classique et que je ne finirai jamais wink )!

Citation :
Mens-tu?
Très peu, mais comme je n'ai pas gardé une mémoire fidèle, loin de là, de l'enchaînement des événements et, même, que nombre de ces événements sont partiellement ou totalement effacés, je "brode" avec d'autres souvenirs de cette époque .
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Dona
Incontinent verbal
Dona

Nombre de messages : 419
Date d'inscription : 09/02/2006

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyVen 24 Fév - 0:33

le Veilleur a écrit:



J'ai assez souvent dit moi-même que si l'on postait des textes personnels, il fallait accepter qu'on en fasse des commentaires, même désagréables. Le tien de commentaire, d'ailleurs, ne l'est pas.

Ce serait inutilement désagréable et malhonnête de dire que c'est mal écrit quand ça ne l'est pas du tout. C'est par contre très propret et très lisse. Propret dans la mesure où tu ne prends aucun risque à te raconter (tendresse partagée avec le jeune héros, connivence avec le lecteur qui se doit d'affectionner ce jeune être charmant, sourires amusés devant les conquêtes de liberté du personnage) et lisse parce que la narration est parfaitement linéaire en plus d'ête syntaxiquement structurée (beaucoup de connecteurs logiques et donc de connexions entre les idées). Et puis on y lit et trouve un certain bonheur car si le récit d’enfance figure autant et brille d'un tel lustre parmi les textes autobiographiques, c’est parce l’enfance est comme un paradis perdu et qu'on l'éprouve tous ou à peu près ainsi.
Mais par ailleurs, on aimerait à un moment donné que le héros se cogne un bon coup le nez contre la vie réelle et qu'on parvienne à mesurer l'ampleur de la construction de son identité. Un peuple heureux n'a pas d'Histoire disait machin, les jeunes hommes trop gentils non plus. .
Peut-être grandira-t-il un jour? :-)


Citation :
Comptes-tu poursuivre? Quel intérêt présente le fait d'écrire ainsi?
Le Veilleur a écrit:
En fait, ayant moi-même commenté franchement et de façon pas toujours très avenante certains textes, il m'a été reproché par mmmm de ne pas m'exposer à mon tour aux critiques des autres. Je lui avais donc promis de lui offrir un jour ce plaisir. Et puis, ça m'amuse tout simplement. Poursuivre ? Ben, quand ça m'amusera et si ça peu amuser en même temps trois ou quatre membres de Vocabulis. Tiens, je vais peut-être vous coller un petit roman la prochaine fois (style classique et que je ne finirai jamais wink )!


Oui je vois bien ça. wink Ma foi, si ce n'est qu'amusement...on va pas se décarcasser à faire des commentaires trop poussés dans ce cas.
Ca se publierait bien pourtant si ça faisait quelque centaine de pages en plus et que tu tombais amoureux.

Citation :
Mens-tu?
Le Veilleur a écrit:
Très peu, mais comme je n'ai pas gardé une mémoire fidèle, loin de là, de l'enchaînement des événements et, même, que nombre de ces événements sont partiellement ou totalement effacés, je "brode" avec d'autres souvenirs de cette époque.

Bon alors respect.
Revenir en haut Aller en bas
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyLun 27 Fév - 21:59

Quels souvenirs me restent-ils de cette fugue ? Peu de choses, des images fugitives. Mon frère en aurait gardé davantage, sans doute : il était plus vieux et c’est lui qui menait cette aventure; moi, je me laissais conduire avec la confiance qu’un enfant de huit ans peut avoir dans son grand frère. Oui, mon frère en aurait gardé davantage; il en aurait même ajouté car il était assez menteur. Mais je ne peux plus rien lui demander depuis longtemps : il est mort, dans un accident de camion, pendant son service militaire.

Je me souviens que nous errons dans les rues de versailles. Je me souviens des jardins du château, des tapis de fleurs étincelants sous le soleil de mai. Je me souviens que j’ai faim, que nous regardons des pâtisseries à l’étalage d’un boulanger. Nous n’avons pas d’argent. Mon frère imagine un subterfuge pour en obtenir. Il me place à la sortie d’un cinéma. Je dois arrêter les clients qui en sortent et leur dire que j’ai perdu mon billet de train pour Paris. « Fais semblant de pleurer », me conseille mon frère. Je suis timide et mauvais comédien : je n’ose pas aborder les gens qui sortent; je tourne en rond en fixant le sol avec ostentation pour montrer que je cherche quelque chose; mais on ne fait pas attention à moi ou l’on me jette un regard agacé parce que je me mets dans les jambes de quelque personne pressée. Je me décide enfin à aborder un homme qui me paraît plus aimable que les autres; je marmonne, en prenant un air dépité : « Vous n’avez pas vu mon billet, Monsieur? ». Il se penche vers moi, me fais répéter; je dois expliquer qu’il s’agit d’un billet de train et non de cinéma. Je me sens mal à l’aise dans cette comédie lamentable et, pour finir, je pleure pour de bon. L’homme est charitable, mais, contrairement aux prévision de mon frère, il ne me donne pas d’argent, il m’accompagne à la gare voisine et m’achète un billet de train. Je ne sais si mon frère l’a pu convertir en argent pour acheter quelque chose à manger: je ne me rappelle pas d’une nourriture quelconque mais pas non plus d‘avoir encore eu faim. Maintenant, j’ai froid. La nuit est tombée. Nous sommes à nouveau dans la gare de Versailles, assis sur un banc. Je grelotte un peu. Je me blottis contre mon frère. Il ôte sa veste, m’en couvre le dos et, avec un sourire protecteur, attire ma tête sur son épaule. Je dors sans doute, comme on sait dormir à cet âge, en toute circonstance.
Le lendemain nous rejoignons Viroflay à pied. Nous y avons un cousin éloigné. . Nous sommes chez lui à présent. Il me semble qu’il nous fait bon visage et qu’il nous parle gentiment. Je ne sais pas quel bobard mon frère lui raconte, mais il ne paraît pas se douter que nous avons fugués. Nous sommes dans une espèce de bibliothèque. Moi, ce qui m’intéresse c’est le tampon buvard qui est sur le bureau : je n’en avais jamais vu de semblable; c‘est un truc à bascule ; ça doit être amusant de s’en servir.
Notre cousin a-t-il donné de l’argent à mon frère? En tout cas, nous sommes de retour à Paris. Nous voilà rue de la Glacière. Nous nous dirigeons vers la maison et nous commençons à nous inquiéter de l’accueil que va nous faire maman. J’essaie de rassurer mon frère en lui disant que mes bottines garnies d’étoiles sont un porte-bonheur. Je doute fort de l’avoir convaincu mais il me remercie d’un maigre sourire pour cette tentative généreuse.
Maman nous ouvre la porte; son visage reflète l’étonnement. Je ne sais pas quelles sont les explications de mon frère mais maman reste pétrifiée. Dans cet état, l’usage du martinet à de bonne chance d’être retardé. D’ailleurs, ce martinet a perdu beaucoup de son efficacité puisque nous prenons soin depuis plusieurs mois d’en couper discrètement les lanières l’une après l’autre.
En fin d’après-midi, l’oncle Jean paraît. Cette fois-ci, pas de rigolade : il nous botte les fesses pour de bon en direction de la chambre à coucher. Je me sens humilié et trahi.
Cher tonton Jean, en nous bottant le cul
Je dois dire que tu nous as bien déçu.
La Pension de Viroflay - Page 4 Jeanlouisetthierrypension7sr
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Dona
Incontinent verbal
Dona

Nombre de messages : 419
Date d'inscription : 09/02/2006

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyLun 27 Fév - 23:34

Je ne comprends pas que la réaction de la mère. Elle est étonnée...
Revenir en haut Aller en bas
Dona
Incontinent verbal
Dona

Nombre de messages : 419
Date d'inscription : 09/02/2006

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyMer 1 Mar - 11:34

le Veilleur a écrit:
Evidemment, c'est une autre époque (vieille France), avec une morale un peu bourgeoise et bien nationaliste et plein de bons sentiments; mais, après tout, est-ce pire que de voir comme aujourd'hui des gamins brûler des voitures ou insulter à qui mieux-mieux leurs profs, quand ils ne les frappent ou poignardent pas?



Tiens, voilà un petit méchant loup tiré d'un roman humoristique, "Prof is beautiful", mis ici pour ne pas entraver ton fil d'écriture wink https://vocabulis.forumactif.com/viewtopic.forum?p=27808#27808
Revenir en haut Aller en bas
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyJeu 2 Mar - 14:57

le Veilleur a écrit:

La Pension de Viroflay - Page 4 Jeanlouisetthierrypension7sr

Vous êtes beaux tous les deux. Je suis sincèrement désolée pour votre frère. A l'adolescence, le choc a dû être rude.

Anti
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
Anti
Phrasophile averti(e)
Anti

Nombre de messages : 1439
Localisation : sur l'enterprise
Date d'inscription : 20/10/2004

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyJeu 2 Mar - 15:04

le Veilleur a écrit:
Quels souvenirs me restent-ils de cette fugue ?

(...) Je me souviens que nous errons dans les rues
(...) Je me souviens que j’ai faim,
(...) Nous n’avons pas d’argent.
(...) je n’ose pas aborder les gens
(...) La nuit est tombée. Nous sommes à nouveau dans la gare (...) Je dors sans doute, comme on sait dormir à cet âge, en toute circonstance.
(...) Le lendemain nous rejoignons ... en tout cas, nous sommes de retour

L'errance, la faim, la misère, la honte, la nuit à la gare et le retour mi fière mi honteuse: je garde les mêmes souvenirs de ma fugue faite à un âge un peu plus respectable quand même que celui de notre p'tit Veilleur, ( 16 ans).

Anti
Revenir en haut Aller en bas
http://www.e-doodles.com/
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyJeu 2 Mar - 21:26

Dona a écrit:
Je ne comprends pas que la réaction de la mère. Elle est étonnée...
Désolé; moi, c'est ta phrase que je ne comprends pas. cool
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
le Veilleur
Phrasophile averti(e)
le Veilleur

Nombre de messages : 1024
Localisation : ici
Date d'inscription : 01/05/2005

La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 EmptyJeu 2 Mar - 21:29

antillaise a écrit:
à un âge un peu plus respectable quand même que celui de notre p'tit Veilleur, ( 16 ans).
Pourquoi plus respectable, vilaine petite fugueuse? D
Revenir en haut Aller en bas
http://www.leongard.com
Contenu sponsorisé




La Pension de Viroflay - Page 4 Empty
MessageSujet: Re: La Pension de Viroflay   La Pension de Viroflay - Page 4 Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
La Pension de Viroflay
Revenir en haut 
Page 4 sur 5Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Vocabulis :: Ecriture :: Pistes autobiographiques-
Sauter vers: