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 Un p'tit poème anti calottin

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AuteurMessage
Fulmi
Prolixe infatigable
Fulmi

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MessageSujet: Un p'tit poème anti calottin   Un p'tit poème anti calottin EmptyDim 19 Fév - 18:19

Victor Hugo, un poème posthume, que j'ai recopié dans Marianne :

Que je prenne un moment de repos ? Impossible !
Coran, Zend-Avesta, livres sybillins, Bible,
Talmud, Toldos-Jesnut, Vedas, lois de Manou,
Brahmes sanglants, santons fléchissant le genou,
Les contes, les romans, les terreurs, les croyances,
Les superstitions fouillant les consciences,
Puis-je ne pas sentir ces creusements profonds ?
J’en ai ma part : veau d’or, sphinx, chimères, griffons,
Les princes des démons et les princes des prêtres,
Synodes, sanhédrins, vils muftis, scribes traîtres,
Ceux qui tendraient encore à Socrate le verre,
Ceux qui redonneraient à Jésus le calvaire ;
Tout cela , c’est partout. C’est la puissance obscure,
Plaie énorme qui fait une abjecte piqûre.
O l’infâme travail ! Ici Mahomet, là
Cette tête, Wesley, sur ce corps, Loyola ;
Cisneros et Calvin dont on sent les brûlures.
O faux révélateurs ! O jongleurs, vos allures
Sont louches, et vos pas sont tortueux ; L’effroi,
Et non l’amour, tel est le fond de votre loi ;
O mages grecs, romains, païens, hindous, hébreux,
Le genre humain, couvert de rongeurs ténébreux,
Sent s’élargir sur lui vos hordes invisibles ;
Vous lui faites rêver tous les enfers possibles
Je devine, malgré vos soins pour vous cacher,
Que vous êtes sur nous et je vous sens marcher
Comme on sent remuer les mineurs dans la mine,
Et je ne puis dormir, tant je hais la vermine.
Vous êtes ce qui hait, ce qui mord, ce qui ment.
Vous êtes l’implacable et noir fourmillement,
L’insecte formidable. O monstrueux contraste :
Pas de nain plus chétif, pas de pouvoir plus vaste.
L’univers est à vous puisque vous l’emplissez.
Vous possédez les jours futurs, les jours passés,
Le temps, l’éternité, le sommeil, l’insomnie,
Vous êtes l’innombrable et, dans l’ombre infinie,
Fétides, sur nos peaux, mêlant vos petits tas,
Vous vous multipliez : et je ne comprends pas
Dans quel but Dieu livra les empires, le monde,
Les temples, les foyers, les vierges, les époux,
L’homme à l’épouvantable immensité des poux.
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