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 on ose enfin appeler un chat , un chat...

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vilain
Logorrhéique talonnesque
vilain

Nombre de messages : 924
Date d'inscription : 16/10/2004

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MessageSujet: on ose enfin appeler un chat , un chat...   on ose enfin appeler un chat , un chat... EmptyMar 18 Jan - 8:50

Les producteurs ramènent leur fraise
Rappel des faits. Dans l’Humanité hebdo des 27 et 28 décembre 2003, nous analysions la stratégie commerciale de la grande distribution dans le cadre d’un dossier consacré au pouvoir d’achat des ménages. Nous faisions notamment état des redoutables « marges arrière » que les grandes surfaces imposent à leurs fournisseurs de fruits et légumes et de produits alimentaires transformés pour pouvoir être référencés et accéder aux rayons des distributeurs. Ces marges arrière sont des ristournes consenties par les fournisseurs sur les prix facturés aux distributeurs et diminuent de 35 % en moyenne le prix perçu par le fournisseur. Quelques mois après son arrivée au ministère de l’Économie et des Finances, Nicolas Sarkozy avait déclaré vouloir assainir les relations entre producteurs et distributeurs, notamment après la vente à succès de fruits et légumes organisée par le MODEF sous la tour Eiffel le 12 août 2004. Depuis, Sarkozy a quitté Bercy et les marges arrière demeurent. De son côté, Raymond Girardi, organisateur de l’opération vente à prix coûtant de l’été 2004, a décidé de poursuivre le gouvernement et la grande distribution en justice dans le cadre d’une procédure inédite.

Lot-et-Garonne, envoyé spécial.

Le 29 décembre 2004, Raymond

Girardi, président de la fédération départementale du Mouvement

de défense des exploitants familiaux

(MODEF) du Lot-et-Garonne, avait rendez-vous avec le procureur de la République d’Agen. L’homme est un habitué des tribunaux. Il y a souvent comparu pour avoir organisé des occupations des plates-formes d’achat de la grande distribution avec des paysans en colère, spoliés du fruit de leur travail quand la stratégie d’importations abusives des grandes surfaces les obligeait à vendre fraises, tomates, melons et autres fruits à perte. Cette fois, pourtant, il tenait le rôle du plaignant, accompagné d’une trentaine de maraîchers et de maître Miranda, avocat au barreau d’Agen. La plainte a été enregistrée par le greffier du tribunal sous le numéro 04009371. Dans l’exposé des motifs, il est indiqué que « les agriculteurs du Lot-et-Garonne, notamment les producteurs de fruits et de légumes, connaissent depuis le début de l’année 2004 une situation économique et sociale qui n’est pas conforme au Code pénal et aux valeurs de notre pays et de sa Constitution. Des conditions de travail et de vie sans rémunération ou salaire s’appellent de l’esclavage, ce que condamne la France dans tous les autres pays où cela se pratique. Dans la déclaration universelle des droits de l’homme, dont la France est à l’origine et un des premiers signataires, les articles 4 et 23 condamnent fermement ce type de situation », lit-on dans l’exposé des motifs de la plainte, avec reprise en annexe des deux textes cités.

S’agissant du gouvernement, le plaignant estime que « l’État français chargé de faire respecter la loi et d’appliquer la Constitution française est complice, en cautionnant ou en couvrant ces pratiques », de la grande distribution. Enfin Raymond Girardi motive son initiative dans le respect du droit français de la manière suivante : « En ma qualité de président du MODEF du Lot-et-Garonne et dûment mandaté à cet effet, je dépose en l’occurrence plainte entre vos mains contre personne non dénommée, les faits précités me paraissant relever des dispositions de l’article 225-13 du Nouveau Code pénal qui stipule que "le fait d’obtenir d’une personne [loi numéro 2003-239 du 18 mars, article 33], dont la vulnérabilité ou l’état de dépendance sont apparents ou connus de l’auteur, la fourniture de services non rétribués ou en échange d’une rétribution

manifestement sans rapport avec l’importance du travail accompli est puni

de cinq ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende" ». Pour bien interpréter les notions de « vulnérabilité ou l’état de dépendance », il faut ici comprendre que le producteur de fraises, de tomates ou de melons vend des produits rapidement périssables, ce qui le rend dépendant du bon vouloir de l’acheteur, en l’occurrence la centrale d’achat des grandes surfaces, laquelle lui propose, à prendre ou à laisser, « une rétribution manifestement sans rapport avec l’importance du travail accompli » et donc punissable pour « esclavage ».

Il est trop tôt pour spéculer sur les suites que la justice française réservera à cette plainte. Raymond Girardi insiste sur le fait que « les centrales d’achat font pression sur les agriculteurs qu’elles savent vulnérables au moment de vendre des denrées périssables. »

« Notre démarche, assure-t-il, n’est pas folklorique, et si les choses n’avancent pas à la vitesse souhaitée, nous en appellerons à la Cour européenne de justice contre l’État français. »

On notera enfin que cette initiative judiciaire intervient alors que les parlementaires français sont appelés à réviser la Constitution pour réduire le pouvoir de décision de la nation, du peuple et de ses élus, au profit d’une instance supranationale. On rappellera encore que le consommateur ne profite pas de ce bras de fer et que la disparition des producteurs nationaux ferait courir des risques accrus aux consommateurs dans la mesure où les normes sanitaires de production et de conditionnement sont bien plus strictes en France que dans les pays susceptibles de nous fournir des fruits et légumes.

Gérard Le Puill

source: L'Humanité
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Clair Obscur
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MessageSujet: Re: on ose enfin appeler un chat , un chat...   on ose enfin appeler un chat , un chat... EmptyMar 18 Jan - 15:30

Je croise les doigts pour que l'Avocat soit un bon, un teigneux, un accro, un vrai de vrai...
Et curieuse de la suite... tu nous tiendras informés ?
A moins que ça fasse un tel tabac qu'on ne puisse pas louper la suite....
Sauf si on étouffe...
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